Lost At Sea [Onyx]

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Sam 11 Fév - 14:39
Chasse. Doux rêve sanglant et pourtant si réaliste. Rêvais-tu encore, Vehuiah ? Comme toujours, réponse universelle, tu n'en savais rien. Tu avais juste plongé. Disparu. Qu'importe. A ton retour, si il y en a un, tu ne te souviendras plus de rien. Comme toujours, depuis des années. Assume cette croix que tu as choisi de porter.

Froid. Fraîcheur. Un long frisson te parcourait l'échine tandis que ta vue s'ajustait lentement. Lumière lunaire. Qui se reflétait sur l'eau. Tu avais les pieds dans l'eau. Mer. Mer ? Tu en avais souvent entendu parler, sans savoir réellement comment c'était.

Tu prenais un temps à ordonner tes pensées, perdu. Que faisais-tu ici ? Ne rêvais-tu pas ? Pourquoi tu avais ce goût amer dans la gorge ? Cette chaleur sur le corps ? Pourpre. Tu secouais vivement la tête, ton cœur manquant un battement. Sang ? Du sang ? Qu'avais-tu fait ? Tu t'étais vivement reculé du bord de la mer, tes mains teintées s'enfonçant dans le sable glacial. Tremblements. Où étais-tu ? Que fichais-tu ici, couvert de sang ? Avec ce même sang qui t'assommait l'esprit ? Souffle. Tu inspirais, te passant la main sur le visage. Tu étais déjà couvert de rouge, pas grave si tu en remettais une couche, si ? Tu restais un moment, ton regard rubis rivé sur les vaguelettes que te décrivait l'eau face à toi.

De nouvelles questions, où tu n'aurais point la réponse dans l'immédiat. Un long soupir. Tu te relevais, époussetant ta tenue blanche, laissant tes mèches immaculées taper la pose à la timide brise qui se levait. Faim… Ce sentiment qui te prenait encore les tripes sans que tu ne comprennes le pourquoi, ni le comment. Tu décidais de l'ignorer, marquant le sable de tes pas, explorant tes alentours. Tu avais atterri dans un coin isolé, au bord de mer, calme… Si calme. Seule une sorte d'habitation semblait se dessiner au loin. Méfiance. Que tu le veuilles ou non, ton corps prenait déjà le pas sur toi, restant sur ses gardes. Humains ? Si oui, que comptais-tu faire ? Les fuir ? Les contourner ? Les tuer ? Cette dernière idée te paraissait folle. Et pourtant si logique.

Ton esprit s'embrume. Pense par toi-même. Tu agitais de nouveau la tête, t'approchant de la dite habitation, toujours curieux. Tu analysais celle-ci, cherchant le moindre signe de vie. Lassé, tu décidais tout de même de te rasseoir dans le sable, voulant profiter du paysage que t'offrait cet endroit. Que risquais-tu ? Tu semblais être seul. Et une personne sensée qui te verrais, toi, couvert de sang, te contournerait, n'est-ce-pas ? Tu l'espérais. Vibration dans le sable. Tu avais trop espéré. Tu n'étais pas seul, ici.
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Mar 14 Fév - 18:44

Lost at sea

@Vehuiah



On m'avait offert cette clé, il y a huit ans de ça. C'était une belle maison, avec un terrain immense qui donnait sur la mer. Seule, pourquoi aussi grand? Encore aujourd'hui, je n'avais pas la réponse. Parlant de réponse, il y en avait tant auxquelles mon cerveau cherchait les questions. Mais revenons à cette maison, faite de pierres bien choisies les unes après les autres. Elle était faite sur un étage, mais combien de pièces déjà? Une dizaine au moins, quelques une vides encore. Qu'est ce que j'en frais, à part jouer du violon, écouter la télé et dormir.

Depuis ces huit ans, j'en avait appris des choses ; qu'évidemment, je n'étais pas humaine. Quand je regardait les petits humains de huit ans courir et que moi j'étais aussi grande qu'une adulte, il y avait quelque chose qui ne marchait pas. Puis je savais pleins de trucs en quelques jours. Et ces humains...ils me faisaient peurs. Pourquoi moi j'étais créée en pièces scientifiques? Encore là, c'était une autre question à laquelle je ne pouvais pas répondre.

J'avais dépassé l'heure, étant seule à la clinique vétérinaire. Je gambadais dehors en allant vers chez moi, espérant voir Exxon, ma jument, qui venait me voir au galop. Elle hennissait, ce qui était mauvais signe. Il me restait une vingtaine de minutes pour transférer une partie de mon âme dans la sienne, pour l'entendre parler. Quelqu'un de louche qui s'approchait hein, j'allais lui faire sa fête s'il le fallait.

Je rentrais vite à la maison et pris mon fusil de chasse. Je courais jusqu'à la mer, où il y avais quelqu'un de, rouge? Mes sourcils étaient froncés et mes dents pincés. J'étais à quelques mètres de lui, le fusil accoté.

Tu as 4 secondes pour me dire ce que tu fous ici.



Oui bon, le sable est à tout le monde...mais pas proche de chez moi. Cric-Cric. Quatre-Trois. Bang. J'avais tiré. Oui, c'était voulu. Je ne l'aimais pas, ce type. Il était louche. C'était juste son épaule, sous la clavicule droite, rien de bien grave.

Aller, parle, c'est chez moi ici.



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Mer 15 Fév - 11:36
Quatre secondes, hein ? Tu n'avais pas eu le temps de réagir. Tu étais trop perdu dans l'observation de la mer. Les vagues, le mouvement calme. Cela t'avait emporté. Douleur cuisante qui te ramenait bien vite à la réalité, te faisait vivement te retourner, la main sur la plaie. Tout naturellement, une partie de ta tête avait pris le large, te faisant grogner, les canines saillantes, avant de secouer la tête, flinguant du regard l'inconnue. Elle se prenait pour qui celle-là ? Te tirer dessus ? Tu étais chez-elle ? Le sable lui appartenait ? Une maudite humaine ou bien ? Tu te redressais, remuant légèrement ton épaule pour laisser la cartouche tomber au sol.  Tu serais guéri dans la minute qui suivrait. Tu ne savais pas ce que tu étais.

Tu t'étais fait à cette habilité que tu possédais et qui te mettais encore mal à l'aise. Incapable de mourir, visiblement. Tu soufflais longuement, avant d'élargir un sourire fin, posant tes pupilles rubis sur la demoiselle.

« Tu m'amuses toi. Je devrais parler alors que tu me tires dans le dos ? Ah ! Quelle bonne blague. »

Tu te rapprochais d'elle, te mettant à sa hauteur.

« Humai- Oh. Non. »

Horloge. Dans son œil. Tu restais un moment à fixer celle-ci, penchant le visage, amusé. Tu venais de découvrir une nouvelle chose. Une personne étrange.

« Qu'es-tu, toi ? Tu ne sens pas comme les humains. Une horloge sur pattes ? Une pendule vivante ? Une pendule vivante qui flingue les pauvres inconnus qui lorgnent la mer ? »

Tu devenais railleur, t'éloignant légèrement d'elle, tâtant ta plaie du doigt.

« Mah ! Guérie, déjà ? Je ne devrais pas te rendre la pareille, toi ? ~ »

Un sourire carnassier s'était dessiné sur tes lèvres. Tu aurais pu. Tu le pouvais. Pourtant, tu n'en avais pas l'envie. Tu avais encore ta tête, n'est-ce-pas ? Le message devait tout de même être assez clair pour elle. Qu'elle tire encore et tu ferais de sa tête la prochaine tasse dans laquelle tu boirais.

« Est-ce donc chez toi, ici ? Pour t'octroyer le droit de me tirer dessus ? Il me semblait que la mer ne pouvait appartenir à quelqu'un. Ah ! Vraiment ! Quel drôle de monde ! »

Tu riais, léchant doucement le sang qui te couvrait avant de dessiner des cercles du pied dans le sable. Gamin, parfois. Totalement, même.
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Jeu 16 Fév - 15:31

Lost at sea

@Vehuiah



Je n'aimais pas qu'on rôde autour de chez moi, voilà. Puis cet étranger, plein de sang, ne m'inspirait pas confiance, de là le fusil. J'étais folle de lui avoir tirée dessus comme ça? Oui, certainement. Je n'aimais pas les humain, comme je les aimerai jamais non plus. Ils m'ont créée de toutes pièces, pourquoi devrais-je les remercier quand ils m'ont laissée pour morte à la rive? La seule chose qui me tenait à cœur, c'était ma meilleure amie, Exxon. Pour eux, j'étais sans pitié. Bon, oui c'est vrai, j'y étais allée un peu fort avec lui.

Mais comment cette balle n'était pas restée dans son corps? Et sa plaie, elle se fermait à vue d'oeil. Ce type était carrément...inhumain? Je n'en croyais pas mes yeux, ou plutôt mon œil. J'étais encore mon fusil pointé sur sa tronche, mais je commençais à hésiter. Comment savait-il que je n'étais pas humaine? C'était la première fois en huit ans que je croisais quelqu'un comme...moi? J'avais les sourcils froncés, inquiète.

Il me laissait perplexe, avec ses questions stupides. Et je n'aimais pas qu'on se moque de mon horloge, elle fait partie de moi, c'est tout. Je devais peser mes mots. Je baissais mon arme, en restant à une certaine distance.

Te fiches pas de ma gueule comme ça, c'est très vexant. Je suis pas une pendule...si tu veux tout savoir, cette horloge contrôle le temps de vie qu'il me reste. À toi de décider si c'est un mensonge ou la vérité. Lorsqu’elle arrêtera de tourner, je mourrai.



Je pinçais mes lèvres ; en avais-je dit trop? Au pire, il pensera que je dis n'importe quoi et s'en ira. Qu'est-ce que j'en ai à faire de toute façon. C'est plutôt lui qui est en mauvaise posture, couvert de rouge. Ce n'était pas totalement chez moi, mais rare étaient les gens qui s'y aventuraient. Ma maison faisait peur? Je crois bien que c'était ce qu'on racontait sur moi. Une sorcière, vivant seule avec ses animaux. Il n'y avait aucun enclos, mon cheval se promenait seul ainsi que ses autres amis. Avec mon pouvoir de les faire parler, les gens passaient halluciner lorsqu'ils les entendaient jaser. Ça ne m'avait pas pris de temps à comprendre que ce n'était pas normal, et que je devais faire ça en cachette. Je riais sarcastiquement.

Ce n'est pas vraiment chez moi, mais tu es le premier qui s'y aventure aussi proche. Le sable est à tout le monde, mais la maison que tu vois là-bas c'est la mienne. C'est de préférence toi qui es bizarre, à ne rien comprendre. Si tu veux me rendre la pareille, vas-y. Mais tu laisseras dans le deuil...une bonne amie à moi.



Ouais, j'avais pas grand monde qui m'aimait bien, mis à part mes animaux. Je le regardais faire ses cercles, puis je m’asseyais sur le sable, le regardant dans ses yeux rouges.

Tu devrais faire un tour dans la mer, tu pues jusqu'ici. J'ai des serviettes à l'intérieur. Je t’avertis, je n'ai rien à voler si c'est ce que tu cherches. Toi non plus tu n'as pas l'air...humain, si je peux dire ça comme ça.



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Jeu 16 Fév - 20:26
Elle n'allait pas le décoller de ta figure, son fusil, non ? Tu restais là, à la toiser, la détaillant sans aucune gêne, de la tête au pied. Son œil, ou son horloge, plutôt, était drôlement intriguant. Tu n'avais qu'un seule envie. Le lui retirer. Pour comprendre. Voir comme cela fonctionnait. Oui, tu restais un grand curieux des anatomies qui différaient de celle si connue de l'Homme. Tu prenais une moie narquoise à ses mots, le doigt pointé sur son œil, peut-être un peu trop proche ? Ah ! Qui sait ? Pas tes affaires.

« Vraiiiment ? Alors tu crois que je peux l'arrêter pour vérifier ? ♥ »

Ton sourire en était presque dérangeant. Tu n'avais plus réellement les idées claires. Et seule ton interrogation occupait ton esprit. Comment une horloge pouvait-elle décider du temps de vie ? Était-elle faite de chair, cette fille ? Ou avait-il des rouages, quelque part, telle une poupée de fer ? Vraiment, elle t'amusait, celle-là.

« Et ne tires pas cette tête surprise ! Je vais finir par croire que tu avais osé me penser humain. Cela serait vraiment, mais vraiment trèèès vexant ma chère ! Ton odeur est juste différente de celle des hommes. Elle est étrange. »

Tu avais détourné le visage un instant, tes yeux se perdant de nouveau dans les rivages de la mer. Peut-être aimais-tu cela ? Tu n'arrivais pas à poser le doigt sur ton état émotionnel du moment. Tu n'avais pas envie de t'y attarder aussi. Tu écoutais la suite des explications de la pendule sur pattes commençant subitement à glousser avant de te plier de rire, de façon littérale, une légère larme à l'oeil. Tu n'en avais jamais entendu, des phrases aussi… Médiocres ?

« Aaah… Pardon ! C'est juste que je n'ai jamais entendu de sottises pareilles ! Le deuil ?! Quel sentiment humain ! Pathétique ! Je me fiche de ce que je peux bien causer aux autres et à leurs émotions ! C'est bien le dernier de mes soucis. Encore plus s'il s'agit d'humains ! »

Tu soufflais longuement, agitant la main avant de te redresser.

« Je découvre ce monde, pour tout te dire. Je ne connais pas encore toutes ses règles et lois. Il n'en reste pas moins distrayant... »

Un tour dans la mer ? Tu y comptais, en effet. Tu la laissais en plan, retirant juste tes chaussures d'un mouvement de pied avant d'y aller tête la première, te laissant flotter sur le dos. Elle n'était pas mauvaise. Et la Lune d'ici, était encore plus belle.

« Tu devrais venir, Miss Pendule ! L'eau n'est pas mauvaise. Et la vue est vraiment agréable ! Je suis venu ici sur un coup de tête. Je ne connaissais pas l'endroit et la mer m'avait toujours intéressé ! Je ne suis pas humain, oui ! Et heureusement ! Sinon bonjour la honte. Ils sont tellement… Méprisables. Que je préférerais mourir que d'être rattaché à eux ! »

Tu levais le bras au ciel, regardant les gouttes rouges te perler dessus.

« Je ne sais pas ce que je suis, à vrai dire. Je le cherche, justement. Et en quoi l'odeur de quelques morts te dérange ? Tu as vécue recluse dans ta maison ou quoi ? »

C'est vrai. Le monde, dehors, il n'aimait pas trop les personnes comme elle. Ou comme toi. N'avait jamais-t-elle eu de soucis avec ces mêmes hommes si haïssables ?
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Dim 19 Fév - 21:29
@Vehuiah

Cette foutue horloge, elle en éveillait plus d’un. C’en était gênant parfois, de dire à un enfant de 5 ans qui ne comprend rien à la vie que cette horloge dans mon œil est une «décoration». Quand en fait, si jamais elle arrête pour de bon, je vais m’effondrer sur le sol et arrêter de respirer. Puisque ça faisait partie de ma création, je n’y pensais plus souvent. C’était quand quelqu’un me le rappelait que ça me surprenait et que je répondais une connerie, car seulement moi le savais, et maintenant celui-là, qui y croyait vraisemblablement.

Arrêter mon horloge hein? Il n’y arrivera pas, pas ce soir. Il faut un instrument de musique. À moins d’avoir un harmonica caché sur lui, je ne vois vraiment pas comment il y arriverait. S’il pensait vraiment me l’arracher de l’œil…enfin, je devrais sûrement mourir. Je n’avais pas peur de la mort, mais je n’avais jamais été assez désespérée au point de me l’arracher moi-même. J’avais assez de cran pour survivre. Comprendre ce monde? Non, c’était une perte de temps. Après ces huit ans de vie, j’étais parfaitement capable de jouer l’humaine modèle, même si j’avais un caractère de merde. Oui, je faisais chier les gens quand ils ne s’y en attendaient pas, mais je n’étais pas la seule après tout. Les humains aussi avaient de sale caractère parfois, il y en a qui sont assez difficile à comprendre.

-Tu perds ton temps pour ça ce soir. Pour l’arrêter, un instrument de musique doit être joué. N’importe lequel, et à ce moment, l’horloge s’arrêtera pour économiser mon temps de vie. C’est seulement quand elle s’arrêtera elle-même que je ne serai plus de ce monde très «spécial».

Évidemment que je le pensais humain à première vue. Il fait noir et il est quand même maigrichon, comme la plupart des humains de ce monde. C’était la première fois que j’en vois un de ma race, alors oui, j’étais surprise. Il devait être sorti tout droit d’un laboratoire, mais depuis combien de temps? On avait dû le transporter comme moi, ici. Sinon il errait dans la ville à n’y rien comprendre. Je n’avait pas beaucoup de gentillesse, mais s’il passait une nuit chez moi, ce n’était pas la mort. Et comment pouvait-il me sentir «différemment» des autres? J’avais une odeur de métal ou quoi…j’avais un peu de chair d’humaine oui, et du métal pour l’horloge. Le reste, ça devait être une odeur de poisson, pour la sirène dont je suis.  

Parlant de sirène, c’était bien beau pour lui de m’inviter dans la mer. Sauf que moi, j’avais un pouvoir dont je devais faire attention pour ne pas me faire voir. Malgré qu’il faisait nuit, je regardais autour de moi en enlevant ma robe et mes élastiques dans mes cheveux, tombants sur ma poitrine. J’avais un sourire en coin. En venant ici de soir, je ne pensais pas aller dans l’eau, juste le faire fuir en lui faisant peur avec l’arme. Les humains sont si stupides; chaque fois qu’ils voient un fusil, ils partent au quart de tour.

Puis, quand je devais apprendre à vivre dans ce monde débile, les humains me craignaient, donc je restais souvent chez moi. J’avais appris que me promener avec mon cheval, ça ne se faisait pas. La seule chose qu’ils faisaient, c’était d’apporter leur animal à ma clinique, parce que c’est la seule dans la région. Je nageais dans l’eau, rejoignant l’autre bizarre en lui sautant par-dessus pour le taquiner.

-Alors, c’est l’odeur de sirène dont tu sens autrement? Tu devras t’habituer à ce monde si tu y restes, sinon tu vas finir comme moi, seule. C’est eux qui m’ont créée, j’ai encore une dent contre eux après huit ans, tu vois. C’est l’odeur du sang humain qui me répugne, je peux les apprécier seulement quand ils viennent à ma clinique vétérinaire. Et encore là, apprécier c’est faible comme mot.

Je nageais autour de lui, je déballais ma vie comme si de rien était. Un non-humain, hybride en fait, comme on nous appelle. J’avais entendu pas mal d’histoires, et je m’étais informée sur internet et dans les livres. Je n’avais pas compris totalement ce qu’on était, mais peut-être en savait-il plus que moi.

-On me traite de sorcière ou de démon souvent, mais tu es le premier à me voir sous ma vraie forme. Je ne suis pas vraiment recluse, mais j’ai fait le choix de ne pas trop les croiser. J’ai fait des recherches un peu, on nous nomme des «hybrides». Enfin, j’imagine que t’es fraîchement sorti d’un laboratoire. Moi ça fait huit ans, on m’a donné le nom d’Onyx.
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Lun 20 Fév - 14:40
Tu avais écouté ses mots, le regard perdu dans la Lune. Elle était d'un magnifique ce soir. C'était l'une des rares choses que tu appréciais dans ce monde. La Lune. Le ciel. Les paysage. Sans les Hommes, ce monde serait des plus beaux. Était-ce pour cela que tu leur en faisais voir de toutes les couleurs ? Tu ne savais pas vraiment. Pris entre deux mondes, deux pensées, deux états. Une partie de toi savait très bien le pourquoi. Une autre était totalement paumée dans ce monde et cherchait, comme ce soir, à comprendre. Comprendre le pourquoi elle sait qu'elle a tué mais qu'elle s'en fiche pour finalement s'en faire. Comprendre le pourquoi elle est ici et ce qu'elle est. Retrouver une mémoire oubliée. Qui étais-tu ? Qu'étais-tu ?

Tu soufflais, voyant que la grincheuse se déshabillait pour venir te rejoindre dans la mer. Carrément ? Tu conservais ton sourire amusé. De la musique. Encore. Il faudrait que tu essayes. Tu voulais vraiment voir si cela était vrai. Elle t'avait sauté dessus, te ramenant dans le monde des vivants. Tout naturellement, sans que tu le veuilles, tu avais esquiver. Un réflexe inné, acquis, incontrôlé. Tu clignais des yeux, lui tirant la langue, tentant de faire fit de ce que tu venais de faire. Une sirène… Tu croyais que celles-ci n'existaient que dans les légendes. Étonnant. Tu ne comprenais guère ses mots. Créée ? Huit ans ? Pourquoi te disait-elle cela comme si toi aussi, tu venais du même coin qu'elle ? Non, non. Toi tu avais une vie, une maison. Un endroit ? Non ?

C'était ce que tu croyais ? Ton expression virait peu à peu à celle de l'incompréhension. Qu'est-ce qu'elle te chantait celle-là ?

« La solitude ne me dérange guère. Je l'apprécie même ! Comment saurais-je ce que je sens ? Ton odeur était juste différente de celle de tous les humains que j'ai pu croiser. Une sirène… Comment est-ce possible ? N'êtes-vous pas des créatures de légende ? Créée… Je ne te suis pas, ma chère ! »

Tu riais, regagnant la Lune de tes prunelles rubescentes.

« Pourquoi leur en veux-tu ? Tu ne sembles pas malheureuse. Ni avoir subi de mauvais traitements. Clinique, carrément ? Tu es donc une sorte d'animal qui soigne les autres animaux ? Ce n'est pas mauvais comme blague, cela ! ♥ »

Un autre rire, plus cristallin et railleur. Tu n'avais pas la moindre notion de respect. Pour eux, comme pour toi-même. Tu avançais, faisais ta vie, le reste, tu t'en fichais bien.

« Vois m'en ravi pour ta forme. Hybride, hein ? Je ne sais pas ce que je suis. Je ne suis pas sorti d'un laboratoire ou d'un quelconque endroit étrange. Je sais uniquement que je ne suis pas humain. Rien de plus. Une partie de ma vie me manque. C’est cela que je cherche ici. »

Bine que tu souriais toujours, ta tonalité s'était faite plus amère. Tu n'avais pas envie de t'étaler sur le sujet. Tu savais que tu te mentais à toi-même, n'est-ce-pas ? Ton inconscient le savait lui. Cette autre part de toi aussi, le savais. Cela te froissait. Te mettait mal à l'aise. Tu ne voulais rien entendre et en même temps… Découvrir. Quel enfant tu fais, Vehuiah.

« Tu peux faire quoi avec ta forme ? Tu peux faire perdre les marins en mer, comme dans les légendes ? Et Vehuiah est mon prénom. Je crois, du moins. »

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Mar 21 Fév - 4:57
@Vehuiah

Drôle de personnage ce Vehuiah. Je n’arrivais toujours pas à le saisir, voire savoir ce qu’il faisait ici. On aurait dit que lui-même était perdu. C’est bien beau se chercher, mais depuis combien de temps le faisait-il? Apparemment, il avait de très bons réflexes. Juste en sautant par-dessus lui, il avait réussi à esquiver. Un humain normal n’aurait jamais eu le temps de se rendre compte que j’arrivais à une telle vitesse. Je riais quand même lorsqu’il me tira la langue. Après tout, faut bien rire chaque jour, sinon ça ferait longtemps que je me serais tiré une balle dans la tête.

Les histoires sur les sirènes restent encore des légendes. Je ne suis pas née de parents sirènes, au contraire. J’ai été créée avec des morceaux. Enfin, je suppose. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ce fameux laboratoire, hormis les types en longues chemises blanches. J’avais oublié le nom de ce bout de vêtement blanc, dont j’ai toujours détesté. Peut-être qu’ils m’avaient piqué de nombreuses fois, refaite de toutes pièces, testée. Ce que je savais, c’était que j’étais un cobaye, qu’ils n’ont pas testé sur des animaux cette fois, car j’en étais une sorte. Une sirène. Qu’on dit méchantes, avec des griffes, des aguicheuses, et j’en passe. Moi, j’étais un mélange. J’avais certes un caractère que pas beaucoup d’humains ont, mais je n’ai pas un physique barbare ni la caractéristique de toujours charmer les hommes. Je vis ma vie, point final.  

C'était plutôt moi qui ne le suivait plus. Je nageais sur place, le regardant d'un air probablement étrange, confuse.

-Je ne me suis jamais demandée si je suis heureuse. J'imagine que oui. Quand on sourit, on est joyeux, non? Je ne souris pas souvent, seulement quand j'écoute de la musique ou quand je suis avec un animal quelconque. J'en veux aux humains car la première fois que je me suis réveillée, j'étais ici, sur la rive. C'était écrit sur une feuille, que le labo avait prit feu. Parfois j'aurais préféré mourir, mais j'ai assez de volonté pour survivre, tu comprends? J'ai décidé de sauver les autres à la place, puisque j'ai trouvé Exxon quand elle était bébé encore. On s'est trouvées, puis j'ai trouvé une passion.

Comment savait-il qu'il n'était pas humain? Cette question me brûlait la langue. Il ne comprenait pas ce que je disais, mais il lui manquait quand même une partie de sa mémoire. Ça ne faisait pas de sens. Ni ce que je disais, mais ça je l'avais compris il y a longtemps. Mon existence en elle était un miracle, comme les humains le disent.

-J'ai de la difficulté à te comprendre. Une fois tu dis qu'il te manque de la mémoire, et après ton prénom n'est peut-être pas le vrai. Ton sourire est faux, je le sais. J'ai vécu assez de temps ici pour savoir toutes les subtilités des gens. Tu devras te rentrer dans la tête que tu es peut-être un hybride...

Je soupirais. Et j'étais qui moi pour dire tout ça? Onyx, pierre noire. La couleur de la mort aussi. S'il voulait partir, je ne le retiendrais pas. Au moins j'avais quelqu'un pour passer le temps, et dire la vérité, qu'est-ce que ça faisait du bien pour une fois! Je nageais autour de lui, ça faisait un bout que je n'avais pas touché à la mer.

-Je n'ai pas que ça à faire charmer les marins. Je suis différente des vraies sirènes. Oui, je peux respirer sous l'eau, séduire les humains à ma guise pour obtenir ce que je veux.  Je ne perds pas mon temps, je préfère utiliser mon autre pouvoir dans de bonnes conditions. Je peux faire parler les animaux. Et tu esquives aussi rapidement, tu as clairement d'autres pouvoirs, je me trompe?
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Mar 21 Fév - 14:01
On est joyeux quand on sourit, hein ? Tu avais tourné la tête sur le côté, pensif. Tu ne savais pas ce que cela signifiait. Toi, caméléon de ce monde. Toi qui t'adaptait contre ton gré et contre ta pensée à celui-ci. Tu agissais comme ton instinct te sifflait d'agir. Tu devenais celui que tu devais pour avoir la paix. Tout s'emmêlait dans ton esprit. Des mots et des souvenirs dont tu n'avais aucune idée de ce qu'ils faisaient là. Pourquoi ? Pourquoi continuait-elle de parler de cela ? Tu voulais couper court à la discussion. Tu avais la sensation de perdre pied et de réellement te noyer. Des choses… Qui ne devaient pas être ravivées et que chacun de ses mots… Rendaient qu'un peu plus vivantes.

« Je comprends, oui... »

Lâchais-tu évasivement, le regard dans le vague. Tu ne comprenais que trop bien. Une partie de toi le savait très bien. Même toi, tu commençais à douter. Douter de comprendre. Douter de savoir. Un poids sur ton cœur. Pouvait-on parler d'autres choses ?

« Exxon ? Qu'est-ce ? »

Elle avait mentionné plus tôt une personne à qui elle manquerait… Et maintenant un bébé. Un bébé humain ? Un animal ? Tu tentais de garder ton esprit concentré sur un fait concret, voulant oublier ce malaise qui ne se faisait que plus présent. Visiblement, tes prières étaient vaines. Voici qu'elle en rajoutait une couche, te faisant grincer des crocs, passablement agacé. Qu'en savais-tu ? Ta mémoire était un véritable champ de bataille. Des choses que tu penses avoir vécues. D'autres que tu nies avoir vécues. D'autres floues, oubliées. Des sensations qui restent, douloureuses, en flottement. Et ce prénom. Tu n'en savais rien, oui. Rien de rien. Tu ne voulais plus en entendre parler pour aujourd'hui.

« Je. Ne. Viens. Pas. D'un laboratoire. Comment dois-je te le dire… ? »

Sifflais-tu, le corps à présent tremblant. Tu avais besoin de penser à autre chose. Tout de suite.

« Peut-être as-tu raison pour mon sourire. Je vais le redire une dernière fois. Je ne sais pas ce que je suis, ni ce que j'ai vécu. Seul ce prénom et les vagues découvertes de ces dernières années m'ont permis de comprendre. Rien de plus. »

Tu soupirais longuement, essayant de mettre ton malaise à la porte. Ton assurance t'avait quittée, te laissant seul face à ton agacement et ta crainte. Dernière question qui te faisait réprimer un frisson et une expression ouvertement surprise. Une émotion non calculée, totalement vraie. Des pouvoirs… ? Qu'en savais-tu, une dois encore ? Ton souffle te manquait et tu sortais presque aussi de l'eau, secouant la tête, les mains sur le crâne. Violentes réminiscences de ton passé, hein ?

« Je… Ne sais pas. »

Tu nies, comme toujours. Tu inspirais longuement, remarquant le changement soudain de couleur de ta main qui avait viré au doré. Comment ? Comment c'était possible cela… ? Tu délirais, non ? Tu ne pouvais pas faire cela ? Tu ne savais pas ? Si, non ? Calmes-toi, calmes-toi, Vehuiah. Tu en découvres chaque jour, ne l'as pas tu dis ? Tu serrais cette main, te dirigeant vers le fusil que la sirène avait laissé sur le sable. Tu t'asseyais, calant le fusil entre tes pieds.

« Tu sembles t'y connaître en anatomie animale, non ? Pour ma part, je connais celle humaine. Je ne sais pas comment. Sais-tu seulement que même avec une balle dans le crâne, le cerveau continue de fonctionner pendant environ douze minutes ? Une mort lente et affreuse, hein ? »

Un léger rire. Tu te perdais. Tu calais dès lors tes dents sur le canon du fusil, avant de tirer un coup sec sans crier garde. Tu t'écroulais sèchement au sol, laissant ton sang se répandre sur le sable blanc. Douleur. Horrible douleur. Tu l'avais sentie la cartouche. Tu l'avais entendu se briser, ta mâchoire. Tu les avais senti, ces os qui cèdent sous la pression. C’est douloureux, tellement douloureux. Tu ne pouvais même pas rire. Juste attendre que tu te soignes. Ce qui ne tardait pas. Tu laissais dès lors un rire sortir de ta gorge alors que tu te redressais, te craquant tout naturellement la nuque et tâtant ta mâchoire pour la remettre en place. Un sourire carnassier prenait place sur ton visage, toisant de loin la sirène.

« Je ne peux pas mourir. C'est le seul don que je me connaisse, ma chère. ~ »

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Ven 24 Fév - 16:38
@Vehuiah

Me comprenait-il vraiment ou il disait ça juste pour me faire fermer la gueule? Il n'aime pas les humains, moi non plus. C'est un point en commun. Toutefois, vivants dans un mon tellement vaste, c'était assez étrange que je rencontre quelqu'un comme moi. Peut-être que lui aussi, il avait déjà pensé à cette mort, aussi douloureuse puisse-t-elle être. Un fusil, une corde, un couteau, n'importe quel outil pour faire éclater le sang. On ne se mentira pas, on y a tous déjà songé à un moment dans notre vie. Qu-est-ce qu'on fou sur une planète où règne la guerre et toutes les tensions qu'on puisse imaginer? Tout le monde à une réponse établie dans leur caboche. Pour moi, c'est plutôt le néant.

En réalité, ma jument n'avait pas eu de nom pendant au moins une année. Je n'étais pas très bonne pour trouver des noms d'animaux, même si j'en entendais beaucoup par jour. C'est en faisant des recherches sur internet pour comprendre toutes les atrocités qu'on jette dans les mers que j'avais trouvé Exxon Valdez, un pétrolier américain. Il s'était échoué proche de l'Alaska, formant une mer noire. Ouais, dégueulasse vous me direz. Plein de pétrole dans une si belle eau claire, phénomène naturel que cette Terre pouvait nous offrir. Enfin, c'est à partir de là qu'est venu son nom. Je regardais le ciel étoilé sur le dos, tapant de la queue pour garder mon équilibre.

-Exxon est mon amie, une jument à vrai dire. On a presque le même âge, et je n'ai pas besoin de la faire parler avec mon pouvoir, on se comprend juste en se regardant. C'est elle qui m'a avertie que tu étais là, dans le sable. Il n'y a pas d'enclos chez moi, elle se promène à sa guise. C'est peut-être pour ça aussi que les humains ne m'aiment pas, je me promène souvent avec elle en ville. En fait, Exxon, c'était le nom d'un bateau qui transportait du pétrole et qui a échoué en mer. Puisqu'elle est noire et que je l'ai trouvée pas loin d'où tu étais, que l'ai nommée ainsi.

Ne pas savoir. C'était ce qu'il disait le plus souvent ce soir celui-là. J'haussais les épaules, j'en avais quoi à faire? Il ne voulait pas m'écouter, j'allais pas me répéter. Des années et il en savait aussi peu, j'avais presque de la pitié pour lui. Mais de l'empathie pour quelqu'un, ça n'existait pas chez moi. Je pouvais bien l'aider à trouver sa voie, mais il devait le vouloir avant tout lui-même, sinon je ne le ferai pas pour lui. J'essayais de nager assez vite pour le rejoindre, afin qu'il ne tue, vous voyez? J'aurais dû laisser juste une balle dans le fusil, parce que là, je serai dans la merde s'il tire.

-Arrête crétin!

Bang. Putain. Il l'avait fait. Pour éclater le sang, ça s'en était une bonne. J'avais les yeux ronds, j'étais prise au dépourvu. J'avais rejoint le sable dégueulasse plein de sang et je l'ai frappé du pied, il était con où quoi? Enfin, c'était un connard oui. J'étais folle de rage.

-Oui, t'étais pas obligé de me le montrer une deuxième fois j'avais déjà compris tantôt!

Un grognement sortait de ma gorge. J'étais hors de moi et ce con commençait à m'énerver. Pourquoi? C'est juste une personne après tout. J'avais pris le temps de remettre ma robe, je ne vois pas pourquoi je resterais nue devant lui. Oui, elle serait pleine de sang mais bon, ça m'importerait peu. Il  n'était pas animal, mon pouvoir de le faire parler ne fonctionnerait pas sur lui. En une fraction de seconde je savais comment : le charme. Pour une fois c'était utile, parce que je ne l'utilise pas souvent.

Je l'aidais à se relever puis je me collai à lui, laissant passer mes mon index sur sa joue, l'ensorcelant. J'avais un certaine peur, et je n'étais pas habile avec ceux qui m'attaque. Avec un voix calme et douce, les yeux attendris :

-Alors tes autres pouvoirs, tu veux bien me dire ce sont lesquels?
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Lun 27 Fév - 14:34
Une jument… ? Lentement tes idées reprenaient place. Tu te souvenais que le surimi géant s'était inquiété pour toi. Tu te souvenais aussi que ce même surimi t'en avais collé une, ce qui avait le don de te faire rouler des yeux. Tu ignorais le surimi gueulant pour retrouver le ciel étoilé, le regard hagard bien que ton sourire restait toujours collé à ton visage. Cette balle t'avait réveillé. Étais-tu sûr ? Ou le surimi venait gentiment de te passer le doigt sur la joue avec un air charmeur qui te laissait totalement de glace ? Pourtant tu… Tu te sentais bizarre. Comme contraint de parler. Comme si ton corps agissait sans que ton esprit ait son mot à dire. Oh, cela te déplaisait. Et tu commençais à paniquer intérieurement, hurlant à ton corps de cesser son char et à ta raison de se taire. Que se passait-il ? T'avait-elle ensorcelé, la sorcière écailleuse ? Il fallait croire.

Tes dons. Tu ne voulais pas répondre. Tu ne pouvais répondre. Tu ne comprenais pas. Tu ne savais pas. Comment pouvais-tu… ? Tes lèvres parlaient pour toi, sans que tu puisses y redire la moindre chose.

« Je… Je ne sais pas vraiment ? A vrai dire, je cherche toujours ce que je suis. J'ai… Certains doutes. Notamment sur ces laboratoires. Sur ce prénom… Et ces choses, là. Des dons… ? Je ne sais pas réellement. Je sais que je suis immortel, c'est… Avéré. Le reste… Ne sont que de vagues suppositions. Des choses que je ne veux pas… Comprendre. Me rappeler. Crainte. Douleur. C'est tout. »

Ton visage était de glace mais ta voix elle… Ne trompait pas. Frêle, tremblante. Cela te coûtait. Cela te faisait mal. Tu te sentais comme crucifié à chaque mot. Chaque phrase était un calvaire pour toi. Toi qui voulait ignorer. Toi qui ne voulait rien comprendre. Toi qui ne voulait rien entendre et nier. Contraint de t'entendre parler. D'entendre parler cette part de toi, qui doute. Qui comprends. Mais fuit. Incapable de fuir le charme de cette sirène. Pathétique. Tu étais pathétique, Vehuiah.

« Je crois que je possède une certaine agilité et des réflexes bien sentis, par rapports aux hommes. Et que je peux… Changer de forme aussi ? Enfin… D'apparence ? »

Ton regard vide se posait sur ta main dorée, la montrant à la sirène alors que ta voix n'en devenait que plus fragile. Tu haïssais t'entendre avec ce ton. Tu haïssais ce que tu entendais.

« Peut-être as-tu raison et que je viens d'un laboratoire ? Ma mémoire est floue. Incomplète. Uniquement ces hommes. Qui me font divers sévices, je crois ? Je… C'est vide. Vide de sens. »

Tu déglutissais, ton corps réagissant finalement pour réprimer un long frisson. Crainte. Craignais-tu la vérité à ce point ? Voulais-tu que ce calvaire cesse ? Oh que oui, tu le voulais. Et que tu n'y pouvais rien. Pauvre petite chose que tu es, Vehuiah. Il faut tout faire ici, n'est-ce-pas ? Tu cessais tes aveux, aussi bordéliques soient-ils, cela en était, pour te murer dans un long silence, les yeux rivés au sol. Un léger rire. Venant de la gorge. Et un sourire fin, qui s'étirait.

« Tsss… Ce n'est pas très correct, cela. De faire parler cette partie là de moi. Elle ne sait rien, tu le sais, cela ? Pourquoi la forcer ? Il va encore falloir que je la ramasse. Et cela, c'est un peu… Embêtant, vois-tu ? ~ »

Tu redressais le visage, tes pupilles ayant virées au doré. Toute angoisse avait disparue et tu en profitais dès lors pour saisir la sirène par le poignet pour l'écraser violemment dans le sable, te retrouvant au-dessus d'elle, un sourire mauvais aux lèvres.

« Nos dons, vraiment ? Tu vas me le traumatiser... »

Un rire. Railleur, moqueur. Tu laissais apparaître des griffes sur tes mains, entaillant du pouce la joue du surimi géant, sifflotant.

« En effet, ce corps peut être ce qu'il souhaite. Et actuellement… Il sera quelque chose qui te tuera. Oh, j'ai omis une chose. »

Tu claquais des doigts, laissant un laser se former au clair de lune avant que celui-ci ne s'écrase sans crier garde au travers de la cuisse de la sirène.

« Ceci est l'un de mes derniers dons. »
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Sam 4 Mar - 18:23
@Vehuiah

Ce pouvoir si inutilisable. Comment je pouvais m'en servir si un humain allait s'en rappeler? C'en était trop dangereux. Déjà aujourd'hui, j'avais encore peur d'eux. C'était moi la machine, l'être bizarre que tout le monde craint. On s'y habitue. Est-ce que je suis une légende? Non. Je suis vraie. Cependant, j'avais rencontré quelqu'un de spécial. J'avais envie de lui tirer les vers du nez, d'en savoir plus sur lui. Il était, gêné? Peut-être plus de la peur; difficile d'en juger parmi tant d’émotions. On aurait dit que c'était plus ardu avec les hommes, puisqu'ils refoulent toujours tout.

Je devais me mettre en mode pétasse, la fille aguicheuse quoi. Ce n'était pas mon genre, j'étais plutôt renfermée sur moi même. Personne ne m'aime, donc je n'aime personne, voilà. Douleurs. Ah oui? J'en avait jamais eues dans ces laboratoires. Tout était effacer de ma mémoire. Vehuiha semblait avoir vécu le contraire de moi. J'en étais pas fière non plus d'avoir ce corps que j'ai aujourd’hui, mais lui semblait avoir de la misère. Une non acceptation? Comme ces humains qui n'aiment pas leurs défauts, quelle stupidité. Il était soudainement doux comme un agneau, une petite voix douce, presque comme un gamin. C'était étrange mais comprenable.

La seule chose nouvelle que j'avais cru comprendre, c'était son changement de forme. Une main d'or, un peu comme mon œil. Vraiment? Je n'y ai pas cru avant de me retrouver plaqué au sol. J'avais  flanché, je m'étais perdue dans ses mots, essayant de comprendre et mon pouvoir avait cessé sans que je m'en rende compte. Putain, j'étais mal barrée là. J'allais crever? Je grognais quand il me griffait. Ça faisait mal, oui, mais ça passe. C'étaient quoi ces dons à la con? Un tueur en série? Un tueur sur deux jambes? J'allais perdre ma jambe s'il continue comme ça.

Mes yeux coulaient de douleur, j'avais beau être forte mais la souffrance était trop forte.

-Aïïïe! Arrête putain tu vas me tuer pour de vrai!

Je ne pouvais pas bouger, à moins que lui dégage. Et encore là, je ne pourrais courir pour m'enfuir. J'irais où? À l'hôpital? Ah oui, un laser m'a transpercé la cuisse, vous voulez m’amputer? J'avais beaucoup de stock médical de vétérinaire chez moi, ça pourrait faire l'affaire pour quelques heures le temps qu'Exxon m'amène à l'hôpital. Exxon. Elle était toujours en-haut de la côte. Vehuiah était trop dangereux pour que je puisse l'amener jusqu'ici.

-Ça va j'arrête de poser mes foutue questions! Je voulais juste en savoir plus c'est tout! Dégage d'ici je vais me débrouiller seule, sinon tues-moi maintenant, c'est dégueulasse faire souffrir les gens comme ça!
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