Le légendaire peintre du Clan de l'air

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Mer 7 Sep - 17:55
Qui êtes-vous ?

Nom : Sorelio
Prénom : Nacro
Âge : 400 ans
Race(s) : Draconian
Alignement : Neutre














La vie est un art que les peintres scellent dans le temps.
Clan de l'Air


Physique




-Tu es à l’image de ton père, Nacro. Tu seras un grand guerrier, le plus grand général de l’armée du Clan de l’Air, comme ton père.

La Draconian regardait son fils continuer de la peindre, tout en le dévorant des yeux. Il était magnifique du haut de ses 20 ans. Des cheveux d’un noir brillants, se mariant avec perfection avec son teint halé. Les sourcils prononcés, donnant un air sévère aux yeux bleutés qui fixaient la toile et son modèle, et sa concentration créaient de nombreux plis légers sur son visage.

-Mère… Un peu de calme s’il vous plait, je ne veux pas rater cette toile.
-Pardon, mon fils… Juste… Je suis si fière de toi.

Elle se remit droite, essayant de l’être autant que sa chair et son sang. Nacro avait toujours été un garçon à la démarche tranquille, presque invisible à certains moments. Il pouvait passer des heures juste à rester assis, regardant la nature jusqu’à ce qu’elle-même l’oubli. Dans ses moments-là, ses longs doigts fins caressaient lentement l’herbe ou le vent, laissant voir les taches de peinture qu’il gardait après ses heures de travail. Madame Sorelio eut un nouveau soupir, son fils, du haut de son mètre quatre-vingt, semblait rayonner d’une aura de majesté tout en ayant un aspect si fragile. Son jeune frère adoptif, Fornio, qui approchait de ses 18 ans, avait déjà plus de muscles et le dépassait de vingt bons centimètres. Les deux frères auraient pu se montrer jaloux l’un de l’autre, mais, en tant que mère elle voyait bien le respect et l’admiration mutuelle que ses enfants se portaient.

-Mère, gardez cette expression !!! Ne bouger pas d’une écaille !!!

Faisant surgir ses ailes grises et ébènes, Nacro s’envola pour atteindre le haut de la toile. Arrivant aux six mètres de hauteur il continua à peindre. Dans cette forme intermédiaire, ses mains, jusqu'aux avant-bras, et ses jambes prenaient leurs écailles noires, alors que le bout des ses doigts devenaient griffus. Ses yeux se faisaient plus perçants et ses dents plus acérées. Enfin sa queue de dragon battait l'air, le stabilisant. Sa forme draconique entière, il ne l’utilisait que pour voyager, mais elle faisait la satisfaction de ses parents. Des écailles sombres, sans défauts, des dents et des griffes d’un blanc brillant. Oui, physiquement leur enfant était beau… Et pourtant…

280 ans plus tard

-Docteur ? DOCTEUR !!!
-Général Sorelio, restez calme je vous en prie, vous êtes peut-être le plus gradé de notre armée mais dans ce lieu c’est MOI qui commande !!!

L’humain d’une trentaine d’année regardait le Draconian de 400 ans qui le fixait, des yeux remplis de colère. Il avait l’habitude de recevoir des proches des victimes de guerre, mais le général, réputé pour ses colères et ses coups d’éclats, commençait à réellement lui briser les noix.

-COMMENT VA MON FILS ?!!
-LA FERME NOM DE NOM !!! JE VOUS L’AI DIT COMMENT ALLAIT VOTRE FILS !! MAINTENANT SI VOUS AVEZ ENCORE DES QUESTIONS VOUS ALLEZ DANS SA CHAMBRE ET VOUS ALLER VOIR AVEC INFIRMIÈRE OU VOTRE DEUXIÈME FILS!!!

Il planta là Astos Sorelio, grand général du Clan de l’air. Ce dernier rumina sa colère et alla vers la chambre de son fils. Ce dernier observant son arrivée avec un regard vide, fixant la porte alors que père était passé devant le lit.

-Nacro… Je… Je….

Il ne trouvait pas les mots, fixant le bandage qui couvrait le cou de son aîné. Il avait envoyé son fils mater la révolte des Centaures, au sud de la capitale. Dans un vœu d’indépendance par rapport au clan, une centaine de centaures s’étaient révoltés et s’étaient exilé loin de Windtora. La royauté n’avait pas accepté cela, aussi elle avait donné les ordres pour les forcer à la reddition. Mais seulement la moitié avait accepté de plier le cou, les cinquantes autres s’étaient jetés dans la mêlée. Le capitaine, d’un puissant coup d’épée, avait arraché la moitié de la gorge de Nacro, qui ne devait sa survie qu’à son frère qui l’avait ramené en lieu sûr.

-… Nacro, Père est là, dit Fornio.

Nacro tourna son visage vers son frère, s’assurant que son père puisse voir tous les dégâts qu’il avait subi. Tirant une feuille blanche vers lui il se mit à dessiner, un dessin étrange et sans logique apparente avant de l’offrir à son frère, qui le fixa, le regard interdit.

-Qu’est-ce qu’il dit Fornio ??
-Père… Je… Je ne pense pas que vous vouliez que je traduise…
-Fait le… C’est ma faute, ma responsabilité…
-Très bien… Alors… « Je sais que vous êtes là Père… Mais je ne vous fixe pas pour que vous puissiez admirer votre œuvre. Vous avez toujours haïs ma passion pour le dessin, me voyant dans l’armée… Et bien, regardez le résultat de tant de massacre et de combats. Voyez ce que la haine a apporté à votre enfant. Je suis muet à présent. Muet par votre faute. Muet à cause de vos rêves. Je vous hais Père. Je vous hais autant que je hais la guerre, autant que vous avez haïs mon art. N’apparaissez plus jamais devant moi, que mes yeux bleus ne vous croisent plus jamais, mais qu’à chaque fois que vous fixerez un miroir, que vous verrez votre reflet… Vous vous souviendrez de moi, vous vous souviendrez de la vie que vous avez détruite… Ma vie. »

Le général fixait son fils, de l’horreur plein les yeux. Il avait tout gâché, il avait tout détruit. Nacro eut un dernier geste, fixant enfin son père dans les yeux, de la haine pure débordant de ses orbes azurées. Il enleva le bandage, laissant paraître la cicatrice béante occupant toute sa gorge, cicatrisée comme il le fallait, on pouvait quand même deviner le flux sanguin du blessé, faisant trembler son cou si fragile. Le seul son qu'il produisait était celui d'une respiration faible, un sifflement presque.Le Général senti son cœur se briser, alors qu’il quittait la pièce. Laissant ses fils à leur colère et leur tristesse.

6 mois plus tard

Le palais de Windtora était en fête, un grand concours de dessin était organisé par la royauté et il ne restait plus que deux tableaux en lice. Le thème était la paix et le gagnant obtenait le droit de devenir le grand peintre de la cour.

Le premier tableau représentait les falaises du clan du vent, magnifiques, calme, en harmonie. La perfection et la beauté parfaite. Une magnifique représentation de la paix.

Le deuxième était une immense toile, de 10 mètres de hauts pour 5 de large. Toutes les races y étaient représentées mais déformés par la haine et le chaos. Tous s’entretuaient, se découpaient. Le sang semblait déborder de la toile et tous ceux qui la fixaient cherchaient où ils pouvaient poser leurs yeux, dans cet océan rouge et noir, un endroit de calme au milieu d'une guerre, un moment de paix. Jusqu’à atteindre le centre de la toile. Un arbre un peu en arrière, d’un très joli vert. Sur une branche couleur ivoire, un fauve faisait la toilette de son enfant, sans se soucier du chaos ambiant.

Le juge s’approcha des deux toiles, les fixant avec un regard critique.

-Le gagnant est… Nacro Sorelio et sa toile « La Paix » !!!

Les hourras furent nombreux, alors que Nacro, les cheveux lustrés et tiré en une couette haute, se levait. Un diadème en or serrait son front large et quand il s’inclina face au peuple, son foulard rouge semblait luire. Une veste rouge et or couvrait le haut de son corps et un pantalon émeraude et argent serrait ses cuisses maigres. Dans son dos, une cape or et ébène cachait les trous qu’il avait faits dans sa veste pour sortir ses ailes au besoin. Il souriait, comme un enfant qui aurait renoué avec la magie : Il avait réussi, il était le peintre de la cour. Gêné par la joie qui envahissait la foule, il eut son malheureux tic en se touchant le cou, couvert toujours par ce foulard. Une quinte de toux lui serra le torse. Il était certain qu'il ne pourrait plus peindre pendant un ou deux jours après tant d'efforts. Il n'était pas né avec un corps puissant... Mais après son accident, c'était bien pire. Chaque heure de travail lui valait un jour de repos, et ses crises d'étouffements lui gâchaient la vie. Mais il s'en fichait, il avait réussi.


Mental




-Mmmh ? Mon frère ? Vous le cherchez… Je vois, ne bougez pas.

Fornio sorti de la salle du trône, où prônait une immense toile blanche. Nacro, son grand frère aurait dû être présent mais il avait plus de deux heures de retard. Le grand blond réapparut, un sourire d’excuse sur le visage.

-Veuillez m’excuser mais il semble que Nacro ait disparu… Merci de votre indulgence, madame… Pardon ? Que je vous parle de mon frère ? Cela serait un honneur madame.. Que nous marchions un peu ? Mais certainement.

Il vous tend le bras que vous acceptez avec un léger hochement de tête et un sourire. Fornio Sorelio, frère et garde du corps du grand peintre Nacro Sorelio, enfants du légendaire Général Sorelio qui a fait la fierté du Clan de l’Air. Mais qu’aucun des deux enfants n’ai choisi de suivre le chemin du père est une surprise… Vous avez entendu parler d’une dispute violente… Vous l’interrogez donc d’abord sur le peintre car il vous intrigue, ce draconian qui n’ouvre jamais la bouche.

-Mon frère est un pacifiste. Un amoureux de la vie et de l’art. Il lui arrive souvent de partir de ses lieux de rendez-vous sans explication. Il finit toujours par s’excuser mais parfois l’inspiration lui vient pour une autre toile.

Vous êtes à présent sur le balcon, observant la ville que vous dominez de toute sa hauteur. Vertigineux n’est-ce pas ? Impressionnant surtout. Mais vous continuez à poser des questions.

-L’art et la nature. Voilà ce qu’il aime. Il n’est pas un philosophe mais espère un monde où la paix régnera, la haine disparaîtra. Il pense aux autres sauf quand il peint. Dans ces moment là… Même moi je n’existe plus, il n’y a plus que lui et sa toile…. Des amours ? Mmmh.. ; Il a dû aimer des femmes durant ses 21 à 30 ans environs... Mais après… Il y a eu l’armée, son accident, et il s’est réfugié dans la peinture. Il stresse dès qu’il est seul face à quelqu’un qui ne peut pas le comprendre… Mais en même temps il souhaite souvent s’éloigner de moi, qui suis le seul à pouvoir l’aider à communiquer avec le monde.

Cela vous étonne… Il est muet, c’est connu mais du mal à communiquer ? Tout le monde sait écrire non ? Votre question amuse Fornio, qui ne peut s’empêcher de rire. Vous vous offusquez.

-Pardonnez-moi madame, ce n’est absolument pas contre vous. Vous savez… Mon frère a rejeté énormément de notions que nous avait enseigné notre père, et il n’a jamais voulu communiquer avec lui. Aussi, il code ses messages par des dessins qui semblent chaotique, incompréhensibles mais que je parviens à traduire.

Une négation complète de son père ? Mais qu’avait fait le général Sorelio pour se faire haïr ainsi ?

-Notre père… Disons… A détruit la vie de mon frère. Il l’a envoyé affronter la révolte des Centaures Libres car il avait refusé de porter les armes… Et cela lui a couté sa voix et ses nombreux problèmes respiratoires. J’ai sauvé mon frère, mais depuis ce dernier est renfermé, solitaire mais il reste curieux à propos de la nature. Il… Comment vous dire ? Il est rempli de contradictions…

Vous voyez le garde du corps se frotter les yeux, il semble perdu, comme si même lui ne comprenait pas tout le temps son frère.

-Pour simplifier et vous résumer… Nacro est comme la toile que vous voyez face à vous. Vierge, incompréhensible, borné. Oui… Borné sur beaucoup de point, surtout sur l’art. Ainsi selon lui, l’art en peinture c’est ses œuvres. L’art en sculpture ne correspond qu’à un sculpteur de Nacre du Clan de l’eau, un ami qui lui est très cher. Oui, les nuances n’existent pas pour lui… Un artiste qu’il juge au-dessus des autres va être la définition de l’art dans son domaine. Les autres styles sont des dessins malhabiles, des statues fragiles, des gravures ne valant pas plus que des fissures…

Vous êtes choquée et c’est normal ? Le visage qui vous apparait est un homme orgueilleux qui se croit au dessus des autres… Mais alors ? Pourquoi est-il si apprécié ? Fornio vous regarde avec étonnement.

-Mais… Il est le meilleur. Il pense ainsi car il peut se le permettre. Un jour il se heurtera à la réalité oui… Mais… Je pense qu’il risque de mourir sans que personne n’ai réussi à le faire descendre de son trône. Pourquoi je reste avec lui ? Car malgré son orgueil… Il restera toujours quelqu’un de gentil, généreux et respectueux. Il serait capable d’offrir une de ses toiles à un mendiant ou même de le payer pour qu’il pose pour lui. L’art est sa vie, l’art est presque tout. La solitude est son ami mais il a besoin des autres. Il se sent supérieurs aux autres artistes, mais inférieurs par rapport aux autres. Il m’admire autant que je l’admire… C’est… Un draconian rempli de contradictions… Il est tellement compliqué et si simple à comprendre… Il a peur de se retrouver seul, de ne pas être compris, de perdre sa place de peintre, de ne plus savoir peindre. Il a peur de son corps fragile qui l’empêche d’enseigner parfaitement « L’Art de la guerre Picturale ».

Vous ne comprenez pas ce qu’est cet « Art de la Guerre Picturale », vous demandez et Fornio vous regarde avec un léger sourire.

-C’est une technique qu’il a inventé après avoir pardonné à Père. Une façon de peindre en usant de mouvements guerriers appris du Général Sorelio.

Vous êtes étonnez, comment a-t-il pu pardonner à l’homme qui a détruit sa vie ? Fornio vous sourit encore plus, alors qu’il laisse une larme chargée de souvenirs tomber.

-Il lui a pardonné… Avec le plus bel hommage qu’il pouvait lui faire.

Il soupire mais vous n’avez toujours pas cerné entièrement le personnage du peintre n’est-ce pas ? Vous insistez alors.

-Je vous avoue que même moi j’ignore qui est exactement Nacro… Il est une de ses énigmes… Un être rempli de contradictions. Généreux et orgueilleux. Attentionné et solitaire. Intelligent mais effrayé. Sûr de lui et curieux. Il ne vit que pour l’art. Coupez-lui les pieds et il se contentera de sourire et continuera à peindre. C’est un être mystérieux, fascinant… Je pense que jamais personne ne le comprendra vraiment.

Il ne dit plus rien, aussi vous décidez de retourner dans la salle. Cela fait une heure que vous parlez avec ce garde du corps, que le temps passe vite. Si vite qu’il vous laisse un cadeau. Nacro vient de finir la toile, mais il n’est toujours pas là. Votre portrait est magnifique et le Fornio peint régnant à vos côtés vous fait un peu rougir. Ce n’est pas ce que vous aviez demandé… Mais cela vous convient. Vous êtes si belle que vous pourriez tomber amoureuse de votre reflet… Oui, ce peintre est un homme bien mystérieux.



Statut




Classe/Métier : Nacro est le peintre de la cour du clan de l'Air. Enfin, cela fait quelques mois ans qu'il a quitté cette position pour se concentrer sur son école de peinture, entre le Lac Noir et la Forêt Blanche. Il y reçoit les élèves souhaitant apprendre son art ainsi que les clients qui veulent lui passer commande. Il développe dans son atelier une nouvel forme de peinture : "La guerre Picturale". Positionné face à une toile géante, il s'agit de la peindre en utilisant des mouvements militaire, comme si on livrait une bataille intense. La série des 6 clans, six peintures représentant chacune un clan, a été faite selon cette forme d'art.

Situation Sociale : Nacro a été élevé comme un noble, en vue d'une longue carrière militaire qui aurait dû l'amener vers le grade de général en chef, qu'il aurait héritée de son père. Mais suite à son accident, il ne vit plus que par et pour la peinture. Suffisamment doué, la reine Mélusine continue d'être sa mécène, en échange de tableaux pour améliorer les galeries de Windtora. Connu et respecté parmi les 4 clans, il voyage de temps en temps pour peindre, toujours accompagné de son demi frère Fornio Sorelio, enfant adopté deux ans après sa naissance.

Pouvoirs : Il ne dispose que de sa métamorphose et de sa maîtrise de l'Air. Quand il se transforme entièrement il ressemble à un grand dragon ébène, avec la peau des ailes en gris clair. La transformation hybride qu'il utilise lui offre les ailes dans le dos ainsi que la queue et les pattes arrières du dragon en remplacement de ses jambes et de son bassin. Ses bras se couvrent d'écailles, des mains jusqu'aux coudes, et ses yeux se font bien plus perçants. C'est un dragon ne pouvant cracher des flammes mais est capable d'utiliser l'air comme d'une arme, bien qu'il s'y refuse, même pour sauver sa propre vie.

Compagnon : Nacro est toujours accompagné de Fornio, son demi-frère, un draconian aux yeux et cheveux blond comme l'or, adopté par le couple Sorelio deux ans après la naissance de leur fils. Quand il se transforme ce dernier apparaît comme un gigantesque dragon jaune, usant de la magie de l'air tout comme Nacro. C'est lui qui traduit les dessins que Nacro utilise pour communiquer. Il est le seul à savoir les lire rapidement et d'un seul coup d’œil. Toujours en armure militaire et armé d'une gigantesque lance, il était celui qui aurait dû prendre la place de Nacro après son accident. Mais par soutien et inquiétude envers son frère, il a préféré abandonner son père adoptif et suivre le draconian ébène.

Autre : Des choses à rajouter ?

Histoire




I) La période des portraits

-Alors docteur ?
-Général Sorelio… Vous avez un fils.

Le médecin tenait dans ses bras l’enfant à la peau légèrement sombre et aux écailles noires. Le vénérable soldat, connu par tous dans le Clan de l’Air, tremblait en regardant sa femme et son fils, être magnifique et source de son bonheur. Il pleurait. Lui, le général à la poigne d’acier et au cœur plus froid que la glace. Il pleurait au point de tomber à genou sous le sourire de celle qui partageait sa vie.

-Mon doux ami, reprenez-vous voyons…
-Ma douce… Ce cadeau que vous m’offrez… Est le plus beau présent que je n’ai jamais vu… Cet enfant, symbole de mon bonheur et de notre amour… Comment allons-nous l’appeler ?

Il s’était relevé, s’approchant de l’être aimé, lui confiant doucement leur enfant. La Draconian prit la chair de sa chair dans ses bras, fixant les yeux bleus de son enfant. Elle réfléchit puis regarda le dragon qui détenait son cœur et son âme.

-Mon amour…
-Oui, ma magnificence ?
-Vous rappelez-vous notre première rencontre ?
-Je ne l’oublierais jamais ma belle amie. Une après-midi pluvieuse, un orage, une tempête, que dis-je, un ouragan à en faire trembler tout le Clan. Je m’étais réfugié dans un des jardins du palais, quand soudain vous êtes apparu, amenant avec vous le soleil, comme si la tempête elle-même s’inclinait devant votre beauté.
-Vous exagérez.
-Je ne fait que dire ce que j’ai vu, de mes yeux vus. Le soleil a doucement caressé votre magnifique visage, votre cou, vos doigts qui tenait ce doux parapluie en dentelle, mouillé d’une traversée sous le typhon. Même l'astre divin du jour, se sentait fier de vous servir ses doux rayons d’or. Je rougis de vous dire que jamais je ne vit autant de perfection concentrée en un seul être. Vous étiez parfaite ma douce.

-Vous souvenez-vous de la fontaine ?
-Une fontaine de pur nacre sur laquelle vous vous êtes assise, d’où vous avez failli tomber, si je n’étais pas intervenu pour vous sauver en osant vous serrez dans mes bras.
-Oui… Du Nacre. Un nacre parfait qui nous a réuni. Une perfection. Je voudrais que notre enfant nous rappelle ce moment…

Le grand général se tourna vers l’enfant, transformant sa mâchoire en même temps que sa femme, soufflant ensemble sur le front de l’enfant.

-Ainsi soit-il…
-…Dès à présent…
-…Tu porteras le nom…
-…De Nacro Sorelio.

5 ans plus tard

Nacro dessinait. Encore et encore. Sa chambre débordait de ses dessins. Des portraits de sa mère, de son père, de son frère. Tout le temps, il ne passait son temps qu’à ça. Une obsession qui devenait un talent. Représenter le beau, représenter la vie. Juste cela. Une philosophie étrange qui inquiétait son père, mais que sa mère soutenait. Les dessins sont éternels, l’art est la technique de poser les événements et les gens hors du temps. Une intelligence rare, une réflexion énorme pour un si petit enfant. Ses dessins devinrent rapidement des tableaux et ses tableaux devinrent vite des chefs d’œuvres. Mais toujours, toujours des portraits. Représenter le vivant, était sa seule obsession. Ses portraits débordaient de vie, on aurait pu les croire vivants et cela continuant. A ses 15 ans il avait atteint un niveau impressionnant.

-Mon frère… Pourquoi peint-tu seulement des portraits ?
-… Car je veux explorer la vie des gens que je croise, trouver et bloquer les gens dans le temps.
-Mais même les paysages changent.
-Pas dans leur fond.

Le pauvre fou ignorait ce qu’il racontait. Le jour de ses vingt ans, il partit rejoindre son père à un camp avancé où le général avait été envoyé pour mater une avancé du Clan du Feu. Il connaissait les plaines de son pays par cœur… Mais elles n’étaient plus aussi belles. Brûlées, détruites, calcinées… Rien, il ne restait plus rien. Le choc ébranla Nacro au plus profond de son âme et il se lança dans un nouveau projet, un projet qui allait l’occuper durant dix ans de sa vie.


II) La période des paysages

Il était revenu d’expédition pour s’enfermer. S’enfermer pour repenser à ce qu’il venait de voir. La mort et la destruction de ce qu’il pensait éternel, immuable, hors du temps, inviolable, intouchable. Rien n’était éternel et c’est à peine à 20 ans, âge bien jeune pour un Draconian, qu’il se lança dans son projet qui se révéla le plus ambitieux.
Il ressorti au bout de trois jours, trois jours de quasi-jeune si son frère ne l’avait pas obligé à manger et boire. Trois jours de réflexion et de préparation. Sa chambre, auparavant si bien rangée et couverte des portraits de sa famille et de ses amis, ne possedait plus qu’un simple matelas et tous les murs et le sol n’étaient couverts que d’une toile blanche.

-Nacro…
-Ma chambre est au Nord du domaine… On a bien des chambres inutilisées aux autres points cardinaux non ?
-Mon enfant, oui bien sûr… Mais… Que veux-tu faire ?
-… Père… Puis-je représenter notre pays dans notre immense maison ?
- Pardon ?
-J’ai juste besoin de trois autres chambre et du sol de notre salle de réception.

La colère du Père fut terrible. Son enfant, peindre sur les murs au nom d’un projet de conservation ? Ridicule !!!  Jamais il ne laisserait son enfin peindre sur autre chose que les toiles qu’il lui offrait déjà. Si Nacro voulait peindre le sol, il allait devoir trouver un autre moyen. Suite à cette dispute intense, il partit de la villa, accompagné de son frère et d’une suite.

-Nacro, où va-t-on ?
-Nous allons chercher l’inspiration. Notre Muse, notre Eurydice.

Sous les regards étonnés des gens qui l’accompagnait, le jeune Draconian parti de chez lui… Pour une durée de 5 ans. Cinq années de stresse pour ses parents. Cinq années à explorer le monde en donnant juste ce qu’il fallait de nouvelles, des lettres de plus en plus courte, ne décrivant que très peu l’état de santé de Nacro. La dernière lettre arriva en même temps que la suite, donnant l’impression que Nacro ne voulait que son frère pour lui tenir compagnie.

-Que sont devenus nos enfants ?
-Le jeune maître m’a dit de vous dire qu’ils seraient de retour dans 6 jours.
-Mais… Pourquoi ne pas rentrer avec vous ?
- « L’inspiration est une créature craintive. Je ne veux pas que sa viande soit poluée par les tensions que la peur lui inspirera. Je mangerais l’âme du Clan du Vent, contemplerais son essence et la transposerait sur mes toiles, dans notre maison et ainsi notre pays restera à jamais, immortelle. » Voilà ce qu’il m’a demandé de vous dire, Monsieur.

Le valet s’inclina en tremblant légèrement, s’attendant à être maudit comme chaque porteur de mauvaises nouvelles. La fureur du général fut suprême, mais jamais il ne réussit à retrouver son fils avant les 6 jours. La royauté refusait de laisser le général utiliser l’armée pour retrouver ses enfants, seuls la peur et la frayeur venaient serrer leurs cœurs et leurs âmes.

-Combien de temps ?
-Encore 2 jours madame…
-Combien de temps ?
-Demain monsieur, demain ils seront de retour…
-Ma douce Sylphos, que vois-tu ?
-Seulement la plaine balayée par les vents et les falaises défiant le ciel.
-Hypolartre, dis-moi ce que tu vois !!
-Ils arrivent Monsieur !!! Les jeunes maîtres sont de retour !!!!

Les parents sortirent et foncèrent vers leurs enfants, les serrant dans leurs bras, leur criant dessus. Cinq ans sans les voir. Si jeunes et livrés au monde ? Impardonnable ! Nacro s’excusa tout comme Fornio, mais aucun des deux ne regrettaient ce voyage. Durant les cinq années suivantes, Nacro ne sortit pas du château. Peignant sans s’arrêter, forcé de manger et boire par sa famille qui commençait à s’épuiser à vivre avec un enfant comme lui. Dans l’esprit du père, la seule solution était que Nacro rentre à l’armée, qu’il apprenne la discipline, le respect de soi et des autres. Finalement Nacro sortit, ayant fini sa première œuvre ambitieuse, celle qui entama son plus grand projet, toujours inachevé : « L’Immortalité du Monde : Le Pays du Vent ». Un tableau posé à même les sol et murs de 5 pièces de leur domaine. Représentant chacun un point cardinal du pays de l’air ainsi que le centre. Une œuvre en cinq morceaux, chaque morceau ayant demandé une année de travail et une année de recherche. Le domaine des Sorelio était devenu une œuvre d’art, une preuve immortelle de la puissance, de la beauté, de la majesté du pays du peintre. C’est cette œuvre qui fit porter son nom à l’oreille du Roi Englen… Mais il était trop tard, et déjà  Nacro faisait son sac pour suivre le vœu du père qu’il admirait : rejoindre l’armée. C’est à ses trente ans que commencèrent la période la plus longue et la plus horrible de sa vie : 270 ans de Vide… La période de Vide, la période qui allait lui donner la foi en ses convictions.


III) La période du vide

L’armée… Un lieu de paradis, de discipline et d’ordre. Mais aussi de camaraderie, de tuerie et de combats. Un lieu qui représentait la protection du peuple, la gloire du clan, le salut des pauvres et des bannis mais aussi la haine, la saleté, la débauche, le chaos. Un lieu que Nacro avait rejoint pour suivre son père, pour se faire pardonner une faute, celle de ses décisions égoïstes. Il avait inquiété son père et ce dernier voulait à présent le garder près de lui.

-L’armée t’apprendra la discipline.
-Oui Père.
-Je t’aime Nacro, je fais ça pour ton bien…
-Moi aussi je t’aime papa et je t’admire… J’espère que je serais un bon soldat.
-Tout le monde devient un bon soldat mon fils, tout le monde.

Son entrainement dura une centaine d’année. Une centaine d’année loins de ses peintures, ou se contentant de simple dessin lors de ses permissions. Une rigueur et une torture nécessaire pour lui. Se punir d’avoir inquiété son père ? Son envie de reconnaissance ? Savoir que son père puisse devenir fier de lui ? Sans doute un peu de tout… La peur et l’humiliation. Les désillusions, la douleur et l’enfer.

Oui… L’enfer. Un monde de violence, de haine, de destruction artistique. Marche et crève ! Gloire au Clan de l’Air !! Marche et attaque ! Gloire au Clan de l’Air !! Résiste et mord ! Gloire au Clan de l’Air !!  Ne pense pas, obéis ! Gloire au Clan de l’Air !! Gloire au Clan de l’Air !! Entrainement !!! Joie !! Gloire au Clan de l’Air !! Repas !! Gloire au Clan de l’Air !! Entrainement !! Gloire au Clan de l’Air !! Repos !! Le Clan de l’Air veille sur ton sommeil ! Gloire au Clan de l’Air !! Lever !! Gloire au Clan de l’Air !! Recommencer ! Gloire au Clan de l’Air !! Gloire au Clan de l’Air !!

Un endoctrinement immonde. L’effacement de son talent si Nacro n’avait pas réussi à faire avec les moyens du bord. Peignant dans la boue des œuvres éphémères, sales et immonde tout comme son quotidien. Il teint deux centaines d’années avant de commencer à fuir… Quand les vraies batailles commencèrent.

Des scènes de révolutions, de boucheries. Nacro fit sa première campagne durant ce que le peuple de l’Air appela « La Fin de l’Âge d’Or » : une révolution mineure des races ailées, s’opposant au roi griffon. Véritablement elle ne dura qu’une simple bataille… Mais pour le peintre ce fut la pire de sa vie. Au petit matin, tous les Draconians avaient été convoqués et durent partir vers le campement des révoltés. Transformés en dragon ils attaquèrent et détruisirent les pauvres révoltés qui ne voulaient qu’une simple liberté, loin d’une royauté et d’une politique qu’ils désapprouvaient.

-LE DRAGON NOIR !!!
-LE FILS SORELIO !!!
-LE FUTUR COMMANDANT !!!
-L’HOMME AUX VINGTS VICTIMES !!!

Ils l’acclamaient tous, alors qu’il voulait vomir, se couper les mains... Se tuer même. Il avait sauvé toute l’unité… Il avait trouvé la brèche… Il avait tué ces pauvres harpies… Ces femmes qui fuyaient… Il… avait envie de mourir. Cette nuit, ce fut la première tentative du peintre. Il allait déserter. Il se glissa hors de sa tente, fonçant vers les bois, mais son père l’attendait.

-Nacro…
-Général Sorelio…
-… Je te connais mon fils… Et tu ne dois absolument pas faire ce que tu comptes faire.
-A quoi cela rime ? Pourquoi Père ? Nous sommes dans un âge d’or et pour conserver cette illusion nous tuons nos concitoyens ?  Cela n’a pas de sens !!! L’armée n’a pas de sens !!!
-Si, cela a un sens !! Nous prenons la vie pour protéger les nôtres, pour protéger la couronne !! Et je donnerais ma vie pour cela !!!
-Donner sa vie est un droit Père… Mais prendre la vie de quelqu’un d'innocent qui ne pense pas comme nous est interdit.

Il voulut partir mais le général l’attrapa et le plaqua au sol. Lui faisant mal au point qu’il manqua d’hurler. Son père lui murmura à l’oreille, d’une voix qui ne laissait aucuns doutes sur sa colère.

-Tu ne me déshonora pas mon fils. Tu resteras ici, tu cesseras enfin tes peintures… Tes dessins que tu fais sur des simples feuilles… Je les aie tous dans ma tente. Fuit et ils brûleront, fuit et je te retrouverais, te ramènerais… Je briserais ton esprit jusqu’à ce que tu deviennes un soldat obéissant… Rien et rien d’autre.

Et c’est ainsi que l’enfer redoubla, pour encore septante années, septante années à essayer de fuir, septante années à tuer et combattre pour une royauté en laquelle il ne croyait plus. C’est durant ce temps-là que surgit le Chaos. La nouvelle reine choisit l’alignement et le dragon noir partis en guerre. Encore et toujours plus de batailles, effaçant son âme et alimentant sa colère et ses convictions. Puis vient la révolte Centaure… Et l’occasion pour Nacro de quitter l’armée… Par une des pires portes.


IV) La période de la colère

Il avait 300 ans. 300 ans et il était devenu le peintre de la cour du Clan de l’Air. Gloire, prestige, aimé et admiré par tous, il était le légendaire peintre d’Endoras, la fierté du Clan et aussi l’un des plus grands pacifistes connus. C’est durant cette centaine d’année qu’il créa sa série « Les Résistances ». Sa série qui le rendit extrêmement célèbre, tant par la violence de la peinture que de la taille exceptionnelle des toiles : dix mètres de haut, pour cinq mètres de large. Cette série lui prit une cinquante d’année, contenant 4 peintures principales, et environ une centaine de dessin annexe, reprenant certaines parties des tableaux.
La première toile connue fut pour un prisonnier lié à notre héros. Le bandit, le meneur de la révolution des centaures, celui qui lui avait arraché la gorge. Alors qu’il devait être enfermé à vie, Nacro profita de sa nouvelle position pour lui donner grâce. Ce centaure s’était battu selon ses idées et devait être admiré pour cela. User de la violence était bien évidemment un tort qu’il avait fait… Mais après quelques années de prison il s’en repentait, le draconian en était certain. Ce centaure se nomme Ashem et il accepta le cadeau que le peintre lui offrit : « L’âme du Centaure »
Ce tableau gigantesque représentait Ashem égorgeant un énorme dragon noir terrifiant pour protéger ses enfants. Le dragon portait encore entre les crocs, les traces des cadavres dont il venait de se reparte. Malgré la violence, le centaure paraissait chevaleresque, héroïque, défendant un peuple opprimé par la peur. Ce tableau et l’acte du peintre posa une polémique. Pourquoi pardonner à celui qui l’avait rendu muet ? Pourquoi libérer un criminel contre la royauté ? Pourquoi créer un tableau qui pousserait tant à se révolter. Le peintre regarda la cour, écrivit, et son frère traduisit le message.
-Ce tableau n’exprime qu’une chose : La résistance pour ses idées est le plus bel acte de courage. Ce centaure m’a, certes, handicapé, mais c’est moi le premier qui lui ai porté préjudice. Ce n’est pas à lui de m’excuser, mais à moi de lui demander pardon. Il voulait vivre en paix, en accord avec une semi-liberté, et j’ai été trop aveugle pour l’écouter… Ma chère Reine, Ô divine fée, écoutez bien les mots que je vais prononcer. Durant votre règne beaucoup s’opposeront à vous, beaucoup ne vous approuveront pas. Ne repoussez pas ces gens-là car il s’agit de vos plus honnête conseillers… Et quand le peuple désire un peu de liberté… Accordez-lui, car c’est ainsi que vous obtiendrez sa fidélité.

Il s’inclina et partit peindre, encore et encore. « L’âme du Centaure » fut rapidement suivie du « Dernier vol des Harpies » représentant cette race s’envolant en laissant un dragon noir mourant. Ce même dragon que l’on pouvait voir sur « L’alliance entre la forêt et la montagne » où un nain et une elfe se serrait la main après l’avoir vaincu ou encore sur « Les Traces du pays sauvages » où faunes et Loups garous dansaient devant ce même cadavre. Une tentative d’expier ses fautes, un moyen de se punir lui-même sans doute, des horreurs qu’il avait commises.

Puis les toiles géantes disparurent. Peindre ces dernières l’obligeait à passer des semaines et des semaines alitées. Il n’avait plus de souffle, ne survivant, durant ces périodes, que grâce à sa magie ou celle de son frère. Puis, le jour de ses 400 ans… Il reçut une lettre. Son père était mourant.


V) La période du pardon

-Nacro… Père veut te voir… Il… Il est… Il est mourant.

Nacro lâcha son pinceau, se tournant vers son frère qui venait de lui apprendre la nouvelle. Il le regardait avec peur, frayeur et angoisse. Son père voulait le voir ? Après une centaine d’année de silence ? La terreur lui saisissait les entrailles, mais le peintre se leva, lentement, inspirant avec difficulté. Allant dans sa réserve il récupéra une toile et sortit, se rendant à la demeure familiale.

-Je suis heureuse de te revoir enfin mon fils.

Sa mère pleurait en le serrant dans ses bras. Sa mère si digne, qui n’avait jamais pleuré en face de ses enfants ou de ses domestiques, libérait un torrent de larmes sans fin sur l’épaule du dragon noir. Un mélange de terreur à perdre l’un des joyaux de sa vie et un soulagement de retrouver enfin son enfant. Elle les amena face au vieux dragon, couché sur un lit, il avait perdu toute sa prestance. Le Grand général Sorelio était en train de perdre sa dernière bataille, le temps lui mangeait le visage, faisant disparaître toute vie de cette tête autrefois symbole d’autorité. Il ressemblait à un squelette pathétique, usé par la vie et les remords. Péniblement, comme si ses paupières étaient enfermées dans des blocs de béton, il ouvrit les yeux et regarda ses visiteurs.

-… Na… cro….

Même sa voix semblait venir du monde des morts alors que son corps montrait de léger signe de vie. L’immense chambre le rendait encore plus pathétique, d’une longueur de vingt mètres pour douze de large, elle atteignait les trente mètres de haut. Le lit n’occupait rien dans cet immense espace qui semblait si vide et silencieux. Le peintre s’avança vers le lit, faisant signe à son frère et sa mère de les laisser seuls. Fornio parut sur le point de protester mais sa mère l’en empêcha, posant une main sur son bras. Une fois que les intrus furent sortis, Nacro posa sa main sur celle de son père, signalant sa présence.

-Tu… es… ve… nu

Une toux étrangla sa gorge alors qu’il serra avec force la main de son fils. Il tremblait en le fixant avec une force qui semblait venir de ses heures de gloire.

-Je voulais… te demander encore… une fois pardon Nacro… Je… Je n’ai pas été un père digne… Je… Je t’ai fait… Tant de mal… J’étais… aveugle… Nacro… Je te supplie de me pardonner… Une… Der… nière fois…

Nacro lâcha doucement la main de son père, arrachant un gémissement de plainte et de désespoir à ce dernier. Son fils l’ignorait ? Était-il venu juste pour contempler l’être pathétique qu’il était devenu ? Nacro mit en place la toile immense qu’il avait apportée. Une toile de dix mètres de haut pour cinq mètres de large mais encore couverte d’un drap rouge.

-Nacro… Qu’est-ce que c’est ?

Pour la première fois depuis de nombreuses années, Nacro écrivit. Il écrivit en langage commun. Un texte long, très long. Petit à petit il offrit les feuilles à Père, des feuilles qui lui redonnait le sourire et qui finirent par lui rendre même son aura de grandeur et de puissance. Son fils s’avança en souriant, souriant comme avant qu’il ne parte en guerre, souriant comme l’enfant qu’il aurait toujours voulu rester. J’ai retrouvé ces feuilles et je peux vous les lire ici.

-Père… Vous savez je m’en suis voulu de vous avoir parlé si durement, il y a cent ans. Cent longues années, cent années de silence. Père… Je vous ai et vous admire toujours. Même à l’aube de votre mort, vous restez toujours pour moi le plus grand idéal que j’ai connu. Vous êtes intelligent, beau, fort, sérieux, amoureux de votre famille et de votre patrie… Après ces années à combattre j’ai compris que vous-même vous ne compreniez pas la valeur de vos combats… Je me rappellerais toujours d’un instant volé… Un instant que j’ai refusé de dessiner… Vous rappelez-vous, Ô mon modèle, de cet ange déchu que je vous avais amené dans votre tente… Vous l’aviez détaché afin de parler sur un pied d’égalité et il vous avait attaqué en réponse « Gloire au Clan de l’Ombre » avait-il dit, alors que dans un réflexe, vous lui ôtiez la vie. Beaucoup l’on jugé stupide, car tout le monde sait que vous êtes le plus fort… Mais… Seul-moi vous ai vu quitter votre tente pour aller enterrer son cadavre en pleurant. Pleurant sur une vie gâchée, une mort que vous trouviez stupide pour une guerre encore plus idiote. La paix… Vous hurliez votre idéal de paix à la face de la lune tachée du sang des innocents… Père… Je sais que plus que moi vous haïssiez vos combats… Mais vous ne pouviez vivre sans eux. Père… Ce n’est pas à vous de vous excuser, mais à moi de vous demander pardon… Pardon de mettre montrer indigne de porter votre nom, pardon de mettre comporter comme le pire des monstres… Père… On dit de part le monde que ma première toile géante est celui qui a fait de moi le peintre de la cour… C’est faux. Le tout premier tableau se tiens devant vous… Il est un hommage pour vous et une demande de ma part… Père… Acceptez mon « Pardon ».

Bougeant lentement la main, mon frère fit tomber la tissu cachant la toile, ce portrait immense représente notre père, tenant mon frère et moi dans ses bras, quand nous étions encore jeunes. Nacro s’accroche au cou de son modèle alors que moi je défie le ciel. Mère nous regarde, un sourire amusé, assise sur le côté. Père est souriant, riant même en tenant Nacro s’une main immense, le couvrant presque. La joie, les liens familiaux… Ce tableau est la quintessence de l’art de la Guerre Picturale, en le voyant père pleura de nouveau, serrant son peintre de fils qui laissait aussi couler l’eau salée de ses yeux.

-Je te pardonne. Tu es tout pardonné. Je t’aime Nacro, tu es ma fierté, ma magnificence…


Ils parlèrent longtemps, Nacro révélant à père que l’Art de la Guerre Picturale était l’hommage qu’il faisait à son enseignement, lui parlant de vouloir transmettre cet art. Père lui offrit notre maison de campagne qui est à présent l’atelier du peintre. Père s’éteignit en paix, deux semaines plus tard. Deux semaines à parler avec son fils retrouvé… Deux semaines de joie.

Voilà cher lecteur, Moi Fornio Sorelio, j’ai terminé l’histoire de mon frère… J’ai commencé l’écriture après notre départ, après l’enterrement de Père… Mon frère est incroyable et j’espère, dans cent an, pouvoir finir mon histoire.



Bonjour ! Mon pseudo est Nacro et j'ai 21 ans. Dans la vie, je fais des choses et j'aime lire. Pour information, j'ai trouvé le forum grâce à mon ancien compte : Jessy du Gatrucmuche. Avant de finir, je voudrais rajouter que I'M BACK .
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Endorien.ne
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Endorien.ne
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Mer 7 Sep - 20:10
Déjà dit sur la CB, mais rebienvenue !

Bon courage pour ta fiche !


Je suis le DC de Luminia et je parle en #006600.
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Mer 7 Sep - 21:13
Merci beaucoup ^^

Bon par contre je préviens que je vais mettre beaucoup de temps à la faire cette prez donc je suis désolé d'avance du retard ^^"
Endorien.ne
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Endorien.ne
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Mer 7 Sep - 21:30
Rebienvenue à toi :) j'aime beaucoup ton avatar et j'ai hâte de voir ce que va donner ta fiche!



• Born Under A Bad Sign • || Paroles en #5472AE
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Mer 7 Sep - 21:59
Merci OwO
Endorien.ne
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Endorien.ne
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Ven 9 Sep - 1:06
Re bienvenue du coup ! De même que les autres, hâte de voir ce que ça va donner !


Big Bad Wolf.





« I smell the blood of a petty little coward, here... »
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Dim 11 Sep - 14:13
Merci beaucoup ^^
J'avance lentement, je pense faire le physique et le mental dans la semaine, si tout se passe bien.
Endorien.ne
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Endorien.ne
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Mer 26 Oct - 14:05
Message pourr prévenir que je l'avais ENFIN finie !!!!!!!

Je me laisse aux avis des membres du staff et encore désolé d'avoir été aussi long T.T
Endorien.ne
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Endorien.ne
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Mar 8 Nov - 22:47
Bonsoir.

Je rends enfin mon verdict.

Premièrement, sache que j'aime vraiment ton style d'écriture, c'est prenant et se lit facilement. Attention cependant aux fautes d'orthographe, je suis exigeante là-dessus. Je te demanderai donc de te relire et de te corriger. Je peux t'aider au besoin.

Ensuite, je trouve étrange que tu présentes ton frère comme un familier... Généralement, on voit plutôt un animal, dans cette catégorie. Alors, je ne sais pas, trouve un autre endroit où le mettre, ne le mets pas, ou change "familier" en "compagnon", par exemple.

Et pour l'histoire, rien à dire, bien écrit, comme le reste, bien développé. J'ai pleuré à la fin, honnêtement ! ^^

Autre chose, ton avatar n'est pas à la bonne taille. Là-dessus aussi, je peux t'aider, si besoin. Demande-le-moi, simplement ! ;)

Voilà, c'est tout ce que je vois pour l'instant ! Précise-le quand tu auras corrigé ! Bon courage ! ;)
Endorien.ne
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Endorien.ne


La servante de Luminia bavarde en #ff6600
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Mar 22 Nov - 0:04
Coucou Nacro !

As-tu terminé ta fiche ?

Merci !



Lentement, je vais reprendre le RP. ENFIN

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Mar 22 Nov - 0:20
Bonsoir ^^

Il ne me reste que la relecture et les corrections que je vais faire dans la semaine. Désolé du retard mais un paquet de rendus à ma fac à démarré et fini demain, enfin OwO
Vraiment désolé du retard ><
Endorien.ne
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Endorien.ne
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Mar 22 Nov - 0:21
Aucun souci mon beau Nacro !

Je voulais simplement faire un petit suivi.




Lentement, je vais reprendre le RP. ENFIN

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Mar 22 Nov - 15:41
Et voilà j'ai fait une relecture sérieuse.
Si j'en ai oublié qu'on me les signale sinon j'ai fini OwO

Bisous et coeur sur vous <3
Endorien.ne
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Endorien.ne
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Mar 22 Nov - 16:50
Je relirai ça dès que je le pourrai, promis !
Endorien.ne
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Endorien.ne


La servante de Luminia bavarde en #ff6600
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Sam 26 Nov - 15:53
Bonjour Nacro,

Je te valide sans trop de difficulté, une très belle fiche.

Je t'attribue un rang B. Je vais quand même expliquer mon choix. Vu qu’actuellement ton personnage ne veut pas se battre, ça aurait dû être du rang D "inapte au combat". Cependant, vu son passé et ce qu'il pourrait faire s'il décide de se battre un rang B s'impose.

Dans l'éventualité qu'il reprenne le combat pour sauver quelqu'un, il faudra simplement tenir en compte qu'il ne s'est pas battu depuis longtemps et qu'il pourrait avoir du mal à se maitriser. Je ne crois pas qu'il prenne sa forme draconnique toutes les fins de semaine pour un petit pic-nique.

J'aimerais aussi que tu fasses attention à son frère pour sa puissance. Vu la qualité de ta fiche, je ne m'inquiète pas trop de te voir abattre un autre joueur, mais vaux mieux le dire que ne pas le dire.

Dernière petite chose, ne met pas trop son frère au-devant de la scène. Vu que la fiche est entièrement parlé par son frère, il prend une très grande importance. Je ne dis pas qu'il n'a pas le droit d'être là, au contraire, mais simplement faire attention à ce qu'il ne devienne pas le personnage principal, sinon je t'obligerai à faire sa fiche.

Et si tout doit être en dessin... Ça risque d'être très très marrant. Vu que celle-ci est fait par son frère... Ce devrait être Nacro qui fasse la sienne.

J'ai hâte de RP avec toi !



Lentement, je vais reprendre le RP. ENFIN

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