... You could have told me ... | At night

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Jeu 4 Fév - 17:40


The Nightingale feat Cirilla Crocs-de-sang ; Yasen

… You could have told me … ; at night


Les flèches étaient impeccablement alignées sur la table, et réparties en différents groupes. D’un côté, celles qui devaient être préparées. De l’autre, celles qui l’étaient, en fonction de leur nature. Au milieu s’étalaient différents éléments, que Morrigan accrochait avec la dextérité de l’habitude à chaque nouvelle flèche, avant de la ranger avec les autres. Les tas répartis sur sa droite augmentaient progressivement. Flèches d’eau pour éteindre les feux, de fumée pour créer la confusion et en profiter, de cordes pour faire de la grimpette si nécessaire. Et bien sûr, des flèches simples, à utiliser pour créer une distraction sonore, ou bien…
Si les systèmes d’eau et de fumée étaient créés à partir de ses propres connaissances en alchimie, le matériel de base était acheté chez son Receleur. Habitant en ville, il lui aurait été compliqué de se fournir les matériaux nécessaires à la fabrication des flèches, et le Receleur les vendait de toute manière à un prix raisonnable. Alors Morrigan n’entendait certainement pas chercher midi à quatorze heure, et profitait de son stock.

Une fois les flèches préparées, elle les rangea dans son carquois, et fit une dernière inspection de son matériel avant d’aller dormir un peu. Une fois n’était pas coutume, elle ne travaillerait pas que de nuit, mais devrait aussi bouger dans quelques heures, pendant l’après-midi, pour rejoindre le lieu de sa mission, qui se trouvait dans les Grandes Plaines, en dehors de Windtora.
La corde souple reliant le grappin à sa ceinture était en bon état, et le cuir de sa tenue était entretenu, graissé de manière à ne pas crisser lors de ses déplacements. Les trois sets de crochetage qu’elle avait caché dans ses longues mitaines de cuir ne présentaient pas de défaut visibles – mais elle préférait toujours avoir un peu de rechange, au cas où. Du bout du doigt, elle testa le tranchant de sa dague. La goutte perlant sur son pouce la satisfit, et elle la rangea dans son fourreau. L’inspection des vêtements sombres qu’elle portait sous sa tenue de cuir apporta la confirmation qu’ils étaient bien propres, chauds et sans  potentiels trous.

Satisfaite de son inspection, elle alla s’allonger sur son lit, et ses corbeaux lui croassèrent un étrange bonne nuit.

* * *

Morrigan finit d’ajuster sa large ceinture et sa sacoche, dans laquelle elle glissa les cartes faites à la main de Fort Ventgris, que le Receleur lui avait procurée. Les étranges peintures ornant son visage se retrouvèrent dans l’ombre de sa capuche, et elle fit signe à Huginn et Muninn. Il était temps de partir. Elle se positionna sur le bord d’une des deux fenêtres de sa chambre, et grimpa sur le toit dans un mouvement souple. Depuis le quartier de Marchebrise, où elle habitait, rejoindre l’Aérodrome n’était pas très compliqué. De là, elle pourrait se trouver un transport sortant de la ville, et se dirigeant dans une direction similaire à la sienne, au sud de la grande cité de l’Air.
Un convoi en direction du bourg de Hautétoile accepta de la prendre, moyennant un paiement qu’elle avait anticipé, ayant toujours une bourse un peu pleine sur elle afin de financer les … Arrangements plus ou moins officiels auxquels elle pouvait faire face. Elle se laissa donc bercer par les mouvements du chariot, sur la route pas toujours inégale. S’étant faite passer pour une aventurière locale en pleine mission – ce qui était à moitié vrai -, elle discutait un peu avec ses convoyeurs, apprenant notamment qu’ils étaient éleveurs de moutons, ceux de Hautétoile, qui fournissent une très belle laine, douce et souple. Ils rentraient chez eux après une bonne vente auprès des riches tailleurs de Windtora, et se montraient impatients de retrouver leurs bêtes.

Lorsqu’ils arrivèrent aux abords de Sifflote, le village voisin de Fort Ventgris, les deux marchands le signalèrent à Morrigan, qui les remercia avant de descendre du chariot en cours de route. Saluant d’un geste de la main tandis qu’ils s’éloignaient, elle eut un sourire amusé en regardant autour d’elle. La campagne. L’air était différent, plus frais, avec des odeurs d’herbes, de fleurs sauvages et de terre, qui se faisaient plus forte dans le début de soirée. Pas désagréable, ça expliquait pourquoi certains nobliots s’amusaient à y passer des vacances en famille. Mais à Sifflote, il n’y avait visiblement pas grand-chose à faire, si ce n’était travailler aux champs et passer la soirée à l’auberge du coin, portant l’étrange nom de Crevette Rieuse.

C’est là que la voleuse se dirigea, après avoir signalé à ses corbeaux de l’attendre dehors.

* * *

A l’intérieur, un feu central, autour duquel étaient disposées tables et chaises, chauffait l’immense salle commune. Sur les côtés, des portes fermées donnaient accès à quelques chambres. Derrière le comptoir, situé non-loin de l’entrée, se trouvait un vieil homme, qui essayait des gobelets. Morrigan se plaça devant lui, et se racla un peu la gorge pour signaler sa présence, avant de le saluer et annoncer de but en blanc la raison de sa visite.

- Hm. Bonsoir, je viens faire le ménage à Ventgris. Auriez-vous de plus amples informations sur les bandits qui s’y trouvent ?
- Oh bonsoir, vous êtes là depuis longtemps? J’vous avais pas entendu arriver dites donc ! Les bandits, vous dites… Violette ! VIOLETTE ! QUELQU’UN VIENT POUR LE FORT !

Morrigan ne s’attendit pas à un tel volume de voix de la part d’un aussi petit bonhomme, surtout aussi âgé, et recula d’un pas en rentrant un peu la tête dans les épaules. Une voix étouffée s’entendit dans une chambre, dont la porte était entrouverte, et une femme tout aussi âgée en sorti, ses cheveux blancs en bataille malgré le foulard qui les retenait en arrière. D’un pas rapide, elle se retrouva aux côtés de Morrigan, et l’inspecta de haut en bas, ses yeux très bleus plissés ne faisant que prononcer les rides qui se trouvaient autour.

- Les bandits, hein … Vous n’êtes pas un peu petite, pour ça ? Je pensais que de jeunes gens en armure et épée au côté viendraient…
- Je… Ne suis pas du genre à foncer dans le tas toute lame dehors. Et donc, vous avez quelques renseignements à leur sujet ?

Morrigan pointa du pouce ses flèches et son arc, avant de revenir sur le but de sa brève visite à l’auberge. Il fallait qu’elle se débrouille pour ne pas tarder, ce qui risquait bien d’être l’inverse avec ces deux petits vieux.

- Des flèches, hein, vous êtes de ce genre là, donc…
- Allons allons, elle m’a l’air plutôt capable ! Puis si ces idiots se font botter le train par une archère haute comme trois pommes, ça leur fera les pieds.

La voleuse ne put retenir un sourire en coin, à cette remarque. Oui, elle leur botterait le train… En leur volant toutes leurs possessions sous leur nez, surtout. Et elle s’en irait probablement, en ne leur laissant que la honte de s’être fait volé comme ça, sans rien remarquer. La petite dame brisa ses pensées en reprenant la conversation, l’air moins suspicieux.

- Eh bien… Ces bandits, ça fait déjà deux semaines qu’ils sont là. Tout le monde sait pourquoi, dans le village. Vous avez entendu parler de ces livres de magie, là… « Magie des Nuages », quelque chose comme ça ? Enfin bref, un genre de trésor pour érudits et magiciens. C’est probablement ce qu’ils veulent. La bonne blague, c’est qu’ils sont pas les premiers à venir pour ça, et que tout le monde avant eux est arrivé plein d’orgueil et repartit bredouille.  Mais bon. Quand ce sont des aventuriers, on s’en fiche. Ils nous rapportent de l’argent, en restant à l’auberge, achetant de quoi manger, quelques potions… Là, ce sont quand même des bandits, et on a forcément des problèmes avec eux…
- Vous dites que ce sont des livres pour les mages… N’y a-t-il que des bandits, qui travailleraient pour le compte de quelqu’un, ou c’est une vraie équipe, avec des mages dans le lot ?
- Oh, je crois qu’il y a quelques mages, j’ai aperçu quelques robes lorsqu’ils sont arrivés… Mais on voit surtout des bonhommes en armure, qu’elles soient en cuir comme la vôtre, ou en métal.
- … Je vois… Bon. Puisque vous vendez des potions, je vais vous en prendre deux. Pour vos renseignements.
- Ah c'est gentil, ça. Amusez-vous bien dans le fort!

Morrigan sortit quelques pièces de sa bourse, et plaça les deux potions dans sa sacoche. La perte d’argent en potions et pots-de-vin serait compensée par les vols qu’elle exécuterait au cours de la nuit, de toute manière. Saluant d’un signe de la tête, elle sortit en repositionnant sa capuche, et en remontant le foulard noir sur son visage. Même de nuit, la silhouette du fort se distinguait, un peu plus loin, et elle s’y dirigea d’un pas aérien et silencieux… Jusqu’au moment où un aigle se posa devant elle, et lui barra la route. Huginn et Muninn arrivèrent, et se mirent visiblement d’accord pour l’ennuyer, l’un détournant son attention, tandis que l’autre s’amusait à lui tirer les plumes de la queue. Tout en leur râlant après, et en les faisant s’éloigner d’un geste de la main, elle se baissa et observa l’aigle, qui transportait un message. Un message pour elle, vraisemblablement.

Subitement, Morrigan grimaça sous son foulard, les yeux plissés, et claqua de la langue avec agacement. Elle venait d’avoir une idée de ce qu’il se passait.

- Il est sérieux… ?
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Some people in this city are too rich for their own good. Lucky they have me to give them a hand.
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Mar 16 Fév - 5:54
Morrigan Yasen et Cirilla

[
Un contrat. Cela faisait un certain moment qu'on ne lui avait pas proposé de nettoyer un endroit abandonné au final pas si abandonné que cela. Le villageois qui lui avait quémander cela avait tenté d'allécher le loup-garou en lui indiquant la présence de parchemin, d'un trésor. Cirilla se fichait complètement de ces points là. Ce qui l'intéressait davantage c'était la satisfaction bestiale que tuer lui apporterait. Pouvoir planter crocs et griffes dans la chair sans qu'on ne lui colle aux basques ensuite pour l'enfermer à cause de ses délits. De toute manière, cela lui permettrait de se dérouiller, après tous les récents événements, Ciri avait préféré se retirer un peu en toute paix afin de reposer un peu son corps. Son esprit. Mais elle reprenait finalement du service et ne faisait aucunement dans la dentelle; comme à ses habitudes, en somme.

Ainsi, la femelle aux yeux d'or avait longuement préparé son armement. Des petites sacoches en cuir marron pendaient à ses flancs, attachées à sa large ceinture en peau. Sacoches contenant certaines poisons et paralysants, d'autres ce qui était bien utile aux premiers soins et encore d'autres des objets bien propres à la demoiselle. Dans son dos, Herom - l'épée destinée à tout ce qui touchait au Monde des Morts, des Esprits - était dans son fourreau. A l'instar d'Elkrag, l'épée dont l'intérieur brûlait éternellement une fois que la lame était hors de son fourreau. Ces deux épées feraient certainement l'affaire en dépit du fait que la demoiselle arborait de discrètes lames dans sa légère armure de cuir. Mieux valait prévenir que guérir, voyez-vous ? Sa courte épée enfouie dans son fourreau trônant au flanc droit de la demoiselle l'en témoignait. Après tout, la force colossale de la louve lui permettait bien de porter tout ce qu'elle désirait. Plus pratique qu'un cheval, empruntez Cirilla Crocs-de-Sang ! Enfin bon. Il fallait encore qu'Alatax, son aigle aille prévenir l'autre demoiselle de son arrivé. Oh, nous avions oublié ce point ?

La jeune femme avait apprit peu avant son départ le fait qu'une autre jeune femme se rendait à l'endroit infesté. Certainement elle, pour dénicher le fameux trésor. Ou les trésors. Ciri n'y allait aucunement pour cela, plutôt pour récolter l'argent promit par les habitants du coin et pour se faire un bain de sang. Ainsi, mieux valait avancer avec cet être inconnu. L'aigle filait donc avec célérité, ne faisait qu'un avec le vent alors qu'il transportait son message prévenant l'inconnue de la présence de Ciri aux alentours du Fort Ventgris.

Ladite Ciri était d'ailleurs accroupit, scrutant l’obscurité de ses prunelles dorées. Elle n'avait aucunement besoin de avertissements d'Alatax pour ressentir les présences ennemis dans les alentours, son instinct de chasseur l'avertissait. Enfin, ce sixième sens qui lui avait tant de fois sauvé la vie. La jeune femme était donc dos à l'une des murailles, patientant. On approchait. En effet, l'aigle revenait en planant doucement, furtif et ne faisant qu'un avec cette obscurité. Cirilla tendit son bras gauche afin que l'oiseau majestueux puisse se poser, apercevant alors la silhouette s'approcher accompagnée de deux oiseaux, deux corbeaux.

« Bonsoir très chère. Cirilla Crocs-de-Sang comme ma lettre vous l'indiquait, je vous attendais. Seriez-vous prêtes à débuter le ménage de ce Fort ? »

La politesse de Ciri avait un on ne sait quoi de désagréable, était-ce sa voix presque trop douce ? Cet air trop mielleux ? Une politesse exagérée qui faisait rarement partie de la louve. Dans tout les cas, la balafrée s'amusait visiblement déjà en dépit de son faciès d'une neutralité absurde, ses lippes pourtant habillées d'un infime sourire. La louve observa alors finalement la femme face à elle, rien d'une grande guerrière fonçant dans le tas, ni d'une mage en robe. Une furtif, plutôt, comme l'en avait témoigné le bruit imperceptible de ses pas. Cirilla poussa Alatax de son bras, le forçant à s'envoler et effectuant un léger geste des doigts, elle le retrouverait plus tard. En attendant, ses orbes d'or coulaient sur la voleuse.

« Il y quelques êtres à l'extérieur. On va grandement s'amuser, déjà. », grogna la demoiselle en passant une main sur la garde visible de sa courte épée, l'empoignant et la dégainant silencieusement, se détournant afin d'avancer tout en écoutant les possibles paroles ou frustrations de l'Autre.



Big Bad Wolf.





« I smell the blood of a petty little coward, here... »
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Lun 22 Fév - 16:19
[... C'est beaucoup plus long que prévu, pardon DDD: ]



The Nightingale feat Cirilla Crocs-de-sang ; Yasen

… You could have told me … | At night

Morrigan sentait les herbes sauvages, et la terre retournée par les vers, plier doucement sous son poids. Le ciel avait transité de l’orange au violacé profond annonciateur d’une nouvelle nuit. Aucun nuage, tandis qu’un mince croissant de lune accompagnait les étoiles. La légère brise qui soufflait en début de soirée continuait d’animer la plaine, emportant avec elle les parfums nocturnes des plantes adoucis par la température désormais fraîche. Rien à voir avec la ville, les quartiers à l’air plus ou moins vicié, selon la largeur des rues et des passages, la hauteur des bâtiments, et le nombre de personnes au mètre carré. Alors Morrigan aurait pu être tentée de remercier le Receleur à son retour, et lui donner un bouquet de fleurs sauvages pour agrémenter agréablement son bureau. Elle aurait pu être tentée. Mais ça, c’était avant qu’elle n’apprenne par une lettre, apportée par l’aigle qui volait doucement au-dessus d’elle, qu’elle ne serait pas seule sur la quête. Information que le Receleur ne lui avait probablement pas donné, de façon tout à fait volontaire.

La haute silhouette du fort en ruine se faisait de plus en plus proche, et les corbeaux de Morrigan, partit en reconnaissance, communiquaient silencieusement avec leur propriétaire, par le biais de pirouettes diverses et variées. Trois hommes sur les remparts, dont une partie était partiellement effondrée, et du monde dans la cour. Il était temps qu’elle se fasse petite, et la voleuse s’accroupit, afin de s’approcher du fort en toute discrétion. Elle bénit la lune tout juste croissante, qui limitait la visibilité, tout en s’approchant des murs de pierre. L’aigle volait bas, et Morrigan le suivit, tandis qu’il descendait lentement, probablement en direction de son maître. Lorsque l’ombre d’une des tours l’engloutit, la voleuse se redressa, et s’avança vers son compagnon du moment. Qui se révéla être une compagne. Malgré sa position accroupit, Morrigan devina une taille nettement plus haute que la sienne – et très franchement, il n’y avait rien d’impressionnant là-dedans. Tout le monde était plus grand que Morrigan. Le regard doré de Cirilla, comme l’indiquaient la lettre et la concernée, avait quelque chose de carnassier qui, au lieu d’inquiéter Morrigan, lui donna une idée. Sous son foulard, un bref sourire en coin se dessina, avant de disparaître pour laisser place à une moue et des yeux levés au ciel, expression rendue totalement invisible par l’ombre de la capuche et le tissu noir lui recouvrant la moitié du visage. A d’autres, les politesses mielleuses. Morrigan n’était pas de ce genre là, et ne se gêna pas pour le faire savoir avec sarcasme, sur un ton moqueur.

- Morrigan. Et on fera les politesses autour d’un thé et de biscuits plus tard, j’ai des choses à récupérer.

Au moment même où le Maître Voleur faisait part de son manque total d’impressionnabilité, Huginn et Muninn atterrirent, et s’agitèrent en silence. Toutes les indications étaient là, prêtes à l’emploi pour les deux comparses. Huginn avait étudié l’organisation extérieure du fort, tandis que Muninn avait fait le décompte des hommes et analysé leurs mouvements. Intelligents, ces deux corbeaux. Morrigan traduisit leurs renseignements.

- Donc… Trois hommes sur les remparts, confirmé. Trappe d’accès surveillée par l’un d’eux, il patrouille. Cinq hommes dans la cour, dont un à la forge, qui sera située sur notre droite, apparemment, et y a du monde dans le fort, qui a un étage … Bien, je vois ce qu’on peut faire. Le combat direct n’est pas ma spécialité, mais t’as l’air plutôt enthousiaste… Je te laisse la cour, et je passe par les remparts et l’étage? Histoire de leur emprunter indéfiniment deux trois trucs, en butin supplémentaire.

Sans demander son reste, Morrigan indiqua à ses corbeaux qu’elle les retrouverait plus tard, puis se dirigea vers le pan de mur effondré. Les prises risquaient bien d’être instables, mais c’était toujours mieux que de passer par la grande porte, et plus discret qu’un grappin lancé à l’aveuglette sous le nez d’un bandit ronchon. Puis Cirilla pourrait être la distraction idéale, le temps que Morrigan n’assomme violemment toute personne en travers de son chemin. La voleuse commença donc l’escalade risquée, s’assurant de chaque prise, et glissant comme une ombre le long des pierres usées par les intempéries, recouvertes par la mousse et le lychen. Concentrée sur son propre travail, elle s’appliqua à ignorer le bazar susceptible d’éclater en bas, dans la cour, et commença par la gauche, sur laquelle se trouvait l’un des gardes. L’autre était au-dessus du porti-coulis, et le troisième était proche de la trappe d’accès à l’intérieur du fort. Il lui faudrait faire vite, en mettant bien à profit la distraction potentielle du bas. Voire en les distrayant elle-même, avec ses flèches. Mais elle préférait les garder pour l’intérieur. Pour les mages, notamment.
Elle coula donc en silence vers le garde le plus proche, situé à sa gauche. Une fois dans son ombre, blackjack en main, elle lui asséna un coup brutal sur l’arrière du crâne, qui le fit tomber avant même qu’il ne pousse quelques cris de protestation. Elle amortit sa chute en le rattrapant, le déposant avec un peu de douceur avant de passer au suivant. L’opération se répéta une seconde fois, avec le même succès, et Morrigan s’approcha en douceur du troisième bandit, arme en main. Mais le temps pour elle d’effectuer son tour des remparts avait pris un peu plus de temps que prévu, et il remarqua l’absence de ses camarades. Se tournant, tout en les cherchant du regard, il croisa celui de Morrigan, bien que caché dans l’ombre de sa capuche. Juste devant lui. Ne lui laissant pas le temps de réagir, elle abattit son blackjack sur sa tempe, et l’enjamba lorsqu’il fut à terre, pour rejoindre la fameuse trappe.

* * *

Une fois à l’intérieur, Morrigan se faufila dans le premier recoin sombre disponible, et écouta. Il y avait bien des bruits, mais ils venaient du bas. A l’étage, tout était calme. Une fois certaine de cela, la jeune femme fila le long d’un mur, accroupit, en direction de ce qui était probablement les chambres des officiers et du commandant. Le plan semblait organisé très simplement, et fort Ventgris ne devait pas avoir été une position des plus stratégiques, étant donné la modeste taille du fort. Deux couloirs parallèles, reliés par un couloir perpendiculaire, donnaient accès aux tours, aux chambres, et à l’escalier. Au hasard, Morrigan commença par la chambre d’officier à sa gauche, et entrebâilla délicatement la porte d’entrée, afin de vérifier si la pièce était occupée. Un feu brûlait doucement dans la cheminée, et un bruit de ronflement se faisait entendre depuis un coin. Parfait, son travail en était facilité. A pas lents et silencieux, elle s’approcha d’une commode, et entreprit de la fouiller. Pierre à affûter, graisse,  vêtements divers et variés… Elle envisageait  de vérifier s’il n’y avait pas de faux-fond quelque part, lorsqu’une voix la fit sursauter.

- Non ! Pas les souris, pas les souris !

Morrigan se retourna lentement, et observa l’homme endormi d’un œil froid. Avant d’envisager un potentiel faux-fond, il lui fallait donc envisager le silence du Bel au Bois Dormant. En quelques pas, elle se trouva ses côtés, et asséna un coup sec sur son crâne. Revenant à ses moutons, elle tapota les fonds des tiroirs avec ses phalanges, cherchant une résonnance. Ah, le troisième tiroir en partant du haut en avant une. A d’autres, le coup du faux fond de tiroir, songea Morrigan en soulevant la plaque de bois avec la pointe de sa dague. Deux anneaux d’argent, un collier en or ouvragé, et une petite bourse. Voilà ce qu’il lui fallait. Elle les glissa dans sa sacoche, avant de finir le tour de la chambre et de passer à la suivante.

Dans la chambre de droite, un bandit se trouvait installé devant la cheminée, et était concentré sur sa lecture. Il subit le même traitement que les autres, lorsque Morrigan se positionna dans son angle mort. Le livre fit un bruit sec en tombant, et Morrigan en observa la couverture.

- « La Chanson du Passeur »… Quelqu’un essaie de se cultiver, par ici, eh.

Effectuant une ronde similaire à la précédente, elle fouilla les meubles et les pots présents dans la pièce. Le tiroir de la table de chevet était fermé à clé, et Morrigan ne se gêna pas pour fouiller les poches de l’assommer, afin d’obtenir l’objet manquant. Une fois ce dernier en main, elle vida le tiroir de son contenu – essentiellement de l’argent -, avant de le refermer et de remettre la clé dans la poche où elle l’avait trouvé. L’une des règles d’or du bon voleur, pour ne pas être repéré, était de remettre tout ce qui avait été bougé à sa place, et Morrigan s’y tenait, retenant l’emplacement et la position des objets, et veillant à ce que tout soit toujours impeccablement placé.

Finalement, elle s’approcha de la dernière pièce de l’étage, la chambre du commandant. Ouvrant doucement la porte, elle jeta un coup d’œil à l’intérieur, pour y voir le bandit présent consulter des cartes et des ouvrages. Peut-être le chef, étant donné la qualité de son armure. A vue de nez, Morrigan estimait la pièce d’armure principale à bien cent pièces d’or. Son regard tomba sur l’épée qu’il portait au côté, et elle se dit que si elle loupait son coup de blackjack, elle pouvait bien être foutue. La voleuse opta pour une méthode plus costaud, et tant pis pour son envie de les garder pour plus tard. Du bout des doigts, elle sentit les différentes hampes dépassant de son carquois, et en sélectionna une en particulier, de la série des hampes dentelées. Elle arma la flèche et banda la corde de son arc, se redressant et poussant la porte du bout du pied. Le chef des bandits releva la tête, et se prit dans la seconde une flèche de gaz. Un nuage de fumée jaunâtre l’entoura, et Morrigan – après avoir fermé la porte d’un mouvement de talon - profita de sa position, plié en deux et toussant à pleins poumons, pour passer derrière et porter un coup sur le crâne, avec autant de force que possible. Elle ramassa la flèche, dont la pointe trafiquée s’était détruite, et la plaça à l’envers dans son carquois, pour signifier son utilisation récente. Elle entreprit ensuite de tout fouiller, à nouveau. Le journal du chef des bandits était sur le bureau, et elle s’en empara, le glissant dans sa sacoche pour de futures utilisations. Mais elle ne trouva aucun coffre. C’était la chambre du commandant, il devait forcément y en avoir un… Dans la partie chambre. Suivant cette réalisation, Morrigan traversa le bureau, et fonça dans la dite chambre. Là, sur une table faisant face au lit, se trouvait un coffre bon à crocheter. Ne se gênant pas le moins du monde, la voleuse s’arma de ses outils de crochetage, et entreprit de forcer la serrure avec délicatesse. Soulevant chaque point de pression en douceur, avec des gestes clairement habitués, elle sourit sous son foulard noir lorsque le clic de la serrure se fit entendre, et vida le coffre de tout son contenu. Bijoux, argent, deux cartes, et un minuscule sac contenant quelques pierres précieuses. Un butin très satisfaisant, en somme.

Une fois ceci fait, Morrigan remit tout à sa place, et quitta la pièce pour rejoindre l’escalier donnant accès au rez-de-chaussée. La salle du bas semblait étrangement silencieuse, par rapport au brouhaha qu’elle avait pu entendre plus tôt, et elle descendit les marches avec précaution, en restant dans l’ombre, ne sachant pas à quoi s’attendre.
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