[+18] Merde... T'es pas mort ?

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Dim 24 Jan - 3:51

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」
Aaah, les sorties au grand air, toujours un réel plaisir ! Enfin, ce n'était pas comme si la jeune femme passait les trois quarts de son temps à l'extérieur... Le Soleil ardent daignait à peine réchauffer l'air froid, et le paysage avait revêtu sa robe hivernale. Le Ciel était bleu, clair, dénué de tout nuage, et la Terre était aveuglante, son épais manteau de neige reflétant les rayons du Soleil et agressant les yeux des voyageurs trop imprudents. Les étendues gelées du Clan de la Terre encombraient le regard, noyaient le paysage. Au beau milieu de ces plaines glacée, un long sillon plus sombre marquait la terre. Le Fleuve. Plus grand des cours d'eau d'Endora, le monstre d'eau et de courant était, au plus près de son delta, large de plusieurs kilomètres et semblait engloutir l'horizon dans ses flots.

Mais notre amie ne s'était pas risquée dans des terres aussi méridionales. L'elfe se sentait déjà assez mal à l'aise en s'aventurant sur les Terres qui l'avaient vue naitre. Elle ne savait toujours pas qui étaient ses géniteurs, et sans doute ne le saurait-elle jamais, mais cela n'était que le dernier de ses problèmes. Si elle était en ces lieux reculés, c'est qu'elle cherchait un moyen de subsister à cette époque ingrate. L'Hiver n'était pas tendre avec ceux qui vivaient au jour le jour comme elle.

Il y avait à peine une semaine pourtant, elle semblait bien partie pour passer une saison froide plutôt paisible. Elle avait dégoté un emploi de serveuse dans une auberge à la frontière du Clan du Feu et du Clan de l'Air, non loin de là où elle avait grandi. Si pendant les premiers temps elle avait su faire fi des regards porcins et des sifflements provocateurs sur son passage, décochant au pire un regard assassin à un client trop insistant, le jour où une grosse main grassouillette et embaumant le lard et la bière tenta de lui palper le fessier, elle ne put retenir son poing. Face à la force surprenante de la jeune femme, et totalement pris par surprise, l'homme tomba violemment de sa chaise et fit bientôt face à une véritable harpie furieuse. Les mèches poussiéreuses de l'elfe encadrait son fin visage enflammé par la fureur. Ses yeux de flamme, contrastant avec sa peau grise, semblaient vouloir extirper l'âme du corps de l'homme et lui faire subir les pires tourments. Si l'acte n'alla pas au-delà d'un bon coup de poing, la peur prit l'homme aux tripes et on raconte que la femme de ménage n'eut pas à éponger que de la bière sur le sol ce soir là...

Et voilà comment elle en était arrivée là. Elle soupira en repensant à cette soirée fort désagréable. Elle ne regrettait nullement son geste, mais le confort de sa misérable chambre de bonne et le réconfort de son petit poêle à bois lui manquaient. Sa vie de solitaire lui plaisait, mais l'absence de contact humain avait également tendance à se faire ressentir à cette époque de l'année. Enfonçant davantage son visage encore presque enfantin entre ses épaules, l'elfe ramena son foulard bien haut sur son nez. Elle avait abandonné ses tenues moulantes habituelles pour un lourd manteau de peau et de fourrure, bien plus chaud, et des vêtements bien plus couvrants. Malheureusement pour elle, ses maigres économies ne lui avaient pas permis de renouveler sa paire de bottes hors d'âge, et elle prenait l'eau. On aurait presque pu entendre ses orteils crier au meurtre. Pauvres petites bêtes. Et pourtant, elle avait tout fait pour leur épargner ce supplice. Ses chausses étaient rembourrées avec de la laine de mouflon, marchandée avec un colporteur sur la route. Le top de l'isolation. Mais une fois mouillée, isolante ou pas, la laine devenait plus encombrante qu'autre chose.

La lionne maugréait, le bout de son nez fin s'échappant parfois de sous son foulard sombre, révélant une petite rougeur créée par le froid, qui lui donnait presque un air de clown. Mais elle ne s'en souciait guère. Ses oreilles effilées frissonnaient, et elle progressait, bénissant le temps d'être clair, et espérant que cela lui permettrait de progresser suffisamment pour trouver un endroit où faire une halte et pourquoi pas se poser quelques jours. Alors qu'elle longeait un petit bois qui tirait grise mine, comme elle en avait croisé des dizaines sur la route, elle ne prit même pas le temps de tourner la tête pour regarder un petit écureuil braver le froid pour se sustenter. Elle n'avait qu'une idée en tête: avancer. Avancer toujours.

Mais soudain, l'une de ses oreilles frémit et ses yeux s'agrandirent. Elle se figea et tourna la tête vers le bois. Une flopée d'oiseaux quittant le couvert des arbres la confortèrent dans son impression. Elle avait bien entendu. A nouveau, ses oreilles s'agitèrent vers les arbres. Un cri de souffrance. D'agonie.


Spoiler:
 

Filant comme le vent, s'abaissant sous le couvert des arbres, l'elfe répondait à l'appel à l'aide. Elle n'en avait plus grand chose à faire que ses pieds soient gelés ou que ses joues se fassent griffer par les branches des conifères pathétiques gênant son chemin. La neige volait sous ses pieds, et même si elle n'était pas très discrète, elle se savait suffisamment loin de ses cibles pour pouvoir foncer tête baissée.

Elle freina lorsque ses oreilles se raidirent, lui indiquant qu'elle était au plus à une cinquantaine de mètres de sa cible. Elle apercevait en effet vaguement des formes sombres et géométriques au loin, devant elle. Des bâtiments, certes. C'est pareil. Passons. L'elfe prit alors son pas le plus souple et le plus naturel, tâchant ainsi de ne pas pouvoir être soupçonnée de quoi que ce soit même si elle était repérée. Elle remonta le long d'un fossé vers les habitations, dissimulée en partie par la dépression que cela formait dans le relief.

Elle arriva bien vite suffisamment près pour mieux comprendre ce qu'elle voyait. Il y avait là trois bâtisses, dont l'une particulièrement imposante. L'une d'entre elle n'était, au mieux, qu'un cabanon  moitié délabré, et pourtant quelqu'un semblait monter la garde devant la porte. Enfin... Ce qu'il restait de la porte. A en juger les frémissements mécontents que tiraient les gémissements de douleur sortis de l'endroit à ses oreilles, c'était de là que provenaient les cris. L'elfe était plus que jamais déterminée à tirer au clair la situation. Elle n'avait rien contre la violence, mais ce qu'elle entendait là ressemblait clairement à de la torture caractérisée, et elle comptait bien déterminer si celle-ci était justifiée.

Prenant sa démarche légèrement maladroite de jeune fille égarée, abandonnant l'élégante souplesse avec laquelle elle se mouvait habituellement, elle entreprit de s'approcher des bâtiments. Emmitouflée dans son foulard épais, son lourd manteau de fourrures cachant totalement ses formes et de grossières mitaines de laine camouflant en grande partie tout ce qui pouvait la rendre reconnaissable en tant que Löwin, en tant qu'elfe, mais surtout en tant que femme.

Elle remarqua en s'avançant que le grand bâtiment était plutôt peuplé. Enfin, c'était relatif. Aux bruits qu'elle captait, elle aurait dit qu'une quinzaine de personnes se baladaient dans les couloirs des deux étages qu'elle pouvait voir d'ici. La lumière reflétée sur la neige était tellement violente qu'elle ne pouvait pas voir à travers toutes les fenêtres. Elle s'avança sans peur vers le deuxième bâtiment d'où s'échappait une odeur caractéristique de nourriture. Si elle devait commencer son investigation quelque part, autant être un minimum crédible et prétendre être une pauvre vagabonde affamée. Ce qui était plus ou moins vrai d'ailleurs...

L'elfe arriva dans l'embrasure de la porte usée. Elle ne s'encombra même pas de toquer ou d'un salut aux occupants de la pièce. L'ambiance était morne. Elle connaissait bien ce genre d'endroit. Elle reconnaissait les regards des personnes présentes. Des brigands, et visiblement pas des plus habiles... Trois ou quatre lourdauds attablés autour d'une bière qu'il semblait tout autant possible de boire que de manger, une femme au physique plutôt... Intéressant ?.. La fixait d'un œil mauvais derrière la verrue qui pointait au bout de son nez aquilin. La lionne se retint de tirer la langue de dégoût, même si personne ne pouvait voir son expression derrière tous ses vêtements.

Elle entra sous les regards inquisiteurs:

" Euh... Bonjour... "


L'elfe vit la femme ingrate lui répondre, et dû baragouiner quelque chose pour justifier sa présence. Qu'elle était égarée, qu'elle avait froid (ce qui était pour le coup totalement vrai), qu'elle avait faim, qu'elle cherchait un travail, bla bla bla.

Bref. Elle réussit à convaincre plutôt rapidement la bonne femme qu'elle avait trouvé deux nouvelles mains corvéables à mercie pour une misère à exploiter. Le rictus mauvais déformant le visage de la femme en disait long. Mais Löwin s'estimait bien heureuse d'être la seule ici à savoir qu'elle pourrait s'enfuir sans problème si besoin. Du moins... Pour le moment...

L'elfe se vit confier une tâche aussi barbante que longue: la vaisselle. Il faut bien gagner la confiance des inconnus après tout. Les hurlements glaçants qu'elle entendait encore par intermittence lui rappelaient la raison de sa présence et sa volonté restait de fer. Elle n'avait pas pu apprendre grand chose sur cette ou ces personnes qui passaient visiblement la meilleure après-midi de leur vie dans le cabanon tout proche, mais très clairement, leur destin n'affectait qu'elle ici. La voilà tombée au sein d'une belle bande de joyeux lurons...

Alors qu'elle voyait enfin le bout de sa corvée, la lourde porte d'entrée grinça. Deux hommes entrèrent. L'elfe remarqua tout de suite qu'ils avaient beaucoup plus de prestance que tous les autres qu'elle avait vus jusque-là. Et sur leurs vêtements, l'odeur et la couleur du sang. Les oreilles de la lionne s'agitèrent. Elle touchait au but. Ces hommes savaient, l'expression de confiante autorité sur leurs visages le lui confirmait. Ils avisèrent l'inconnue et s'approchèrent du comptoir:

" Qu'est-ce que tu nous a dégoté là Fiona ? "


Demanda le plus grand des deux, visiblement à moitié nain. Ou en tout cas en avait-il la pilosité. La femme répondit de sa voix de crécelle qui manquait de faire saigner les tympans sensibles de notre amie à chaque mot:

" La pauvrette s'est perdue. Nous avons toujours besoin de mains.... "

Le sous-entendu dans cette dernière phrase était bien trop lourd pour que Löwin ne le comprenne pas. Elle ne survivrait pas longtemps ici... Elle ne réagit cependant pas, tenant à sa couverture de villageoise benêtte. Les hommes l'inspectèrent de haut en bas, comme s'ils pouvaient discerner quelque chose à travers les couches de cuir...

" Et tu es...? "


" Zaïr m'sieur ! "

S'en suivit un échange sur sa provenance et son étrange allure pour une soi-disant membre du Clan de la Terre, que Löwin ne fit qu'étayer en ajoutant couche de mensonge sur couche de mensonge en continuant de fixer l'homme avec de grands yeux innocents.
Apparemment, ses réponses ravirent le rouquin aux yeux ternes puisqu'il se retourna vers son comparse aux cheveux poivre et sel et qu'ils acquiescèrent en coeur. Puis, l'homme se retourna vers elle, un sourire voulu chaleureux - mais dont la malhonnêteté émanait à plusieurs mètres - sur les lèvres.

" Et bien petite, serais-tu prête à me rendre un service ? Il y a dans le cabanon juste à côté un bazar sans nom. Je voudrais que tu nettoies tout. Je compte y installer mes bureaux. "


L'autre homme étouffa un rire et l'elfe eu bien du mal à ne pas hausser un sourcil. La prenait-il vraiment pour une idiote à ce point ? L'endroit était en ruine. N'importe qui arrivant l'aurait remarqué. Mais soit. Elle acquiesça sans protester et on lui indiqua alors le chemin. Elle sortit sans se presser, naturellement, armée d'un sceau, d'une espèce de serpillière infâme et d'une brosse dure.

Dès qu'elle fut sortie et que la porte claqua elle put entendre:

" Les gars la surveilleront. Au moindre geste suspect, nous n'aurons plus qu'un autre cadavre à dégager. J'espère juste qu'elle aura le temps de briquer un peu tout ça avant de prendre peur... "


Les rires gras qui répondirent à la déclaration firent se plaquer ses oreilles capricieuses contre son crâne et la firent fulminer intérieurement. Ils ne perdaient rien pour attendre. Elle s'avança alors vers la cabane, la neige craquant sous ses pas. Elle salua le garde d'un geste de la tête, prenant bien garde de lui présenter son sceau pour qu'il comprenne ses intentions. Elle s'approcha de la porte et l'ouvrit après que le vigile ai grogné pour annoncer l'entrée de quelqu'un.

L'elfe, toujours enveloppée dans son foulard, rendant seuls ses yeux flamboyants et ses cheveux ternes visibles, entra, poussant la porte avec son sceau. Elle vit tout d'abord un petit homme brun, borgne, au visage ravagé par une longue et profonde cicatrice. Il avait une aura vicieuse et violente. Et des yeux perçants. Celui-ci, elle allait devoir le surveiller...

Löwin s'engouffra dans la pièce en baissant les yeux, ne fixant pas trop les deux autres personnes présentes de peur de paraitre effrontée. Elle éleva alors sa voix rendue rauque par le froid et une légère appréhension:

" Je... Viens nettoyer... "

Le petit homme la détailla avant de brailler:

" Amuse-toi. "


Et de lui désigner le fond mal éclairé de la pièce. L'elfe sentait très distinctement l'odeur du sang et de l'acier rouillé... Elle dû laisser les pupilles s'adapter à la pénombre avant de voir l'endroit où elle devrait travailler. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le spectacle lui glaça le sang... Une personne était là, attachée grossièrement à un piquet de bois pourri que n'importe quel enfant malade aurait pu arracher. Mais cette personne, ou ce qu'il restait de cette personne, baignant dans une mare de son propre sang, partiellement coagulé, partiellement gelé, ne devait même plus avoir l'ombre de la volonté nécessaire pour s'échapper.

La lionne avait retenu un hoquet de surprise en voyant l'homme. Les geôliers prirent ça pour de la surprise face à tant de violence, mais c'était plutôt de la colère. L'elfe avait déjà vécu cette scène... Bien souvent... Et cette fois encore elle faisait face aux mêmes yeux d'argent, et au même visage fermé. Elle se mordit la lèvre sous son foulard. L'homme qu'elle voyait en face d'elle avait disparu plus d'un an auparavant. A ses yeux, il avait été emporté par son travail...

Elle était à contre-jour lorsqu'elle se laissa tomber sur le sol et entreprit de le nettoyer, et espérait que l'hybride face à elle ne la reconnaitrait pas tout de suite... Elle avait besoin de temps pour remettre ses idées et ses sentiments en ordre...

Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu qu'il soit en vie ?

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Dim 24 Jan - 21:44
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran était assis dans le coin d'une pièce sombre, ses poignets attachés à un poteau de  qualité sommaire. Son corps reposait contre le mur en bois et tremblait faiblement tandis que son sang s'échappait lentement de ses multiples blessures. Il était encore conscient... très affaibli, certes... Mais il captait tout ce qui l'entourait. Il sentait encore la haine faire bouillir ses veines, seulement les drogues qu'il avait reçues engourdissaient son corps et il ne pouvait plus bouger ou presque. Il fulminait intérieurement, maudissant ces êtres lâches qui n'osaient pas l'affronter de face et usaient de stratagèmes odieux pour l'immobiliser et le torturer. Il ferma les yeux un instant... un soupir las s'échappant de ses lèvres, puis il grimaça de douleur et regarda un instant sa cuisse, où se trouvait sa plus profonde blessure.

Une silhouette entra dans la pièce. Il la capta du coin de l'oeil mais ne releva même pas la tête... Jusqu'à ce que son sang se glace en entendant sa voix. Il écarquilla les yeux et les releva pour croiser le regard de la jeune femme qui venait d'entrer. Il la détailla un instant, abasourdi par cette apparition improbable, puis il détourna la tête en serrant les dents. Elle allait encore le voir à moitié mort et dans un état pitoyable... Heureusement, elle ignorait tout ce qui s'était passé quelques temps auparavant, mais alors qu'il y repensait, sa gorge se serra de honte et de colère.


Il errait paisiblement après avoir quitté la demeure de Takakage. La nuit avait été rude mais la douleur à sa jambe s'était calmée et il pouvait de nouveau marcher. Il espérait pouvoir se rendre à la capitale pour acheter deux trois bricoles pour calmer sa boiterie et avait pris un chemin en forêt pour se rendre à Woodan. Il était arrivé non loin du fleuve, l'avait traversé, et avait continué son voyage. Seulement, il ne s'attendait pas à ce que les brigands qui lui courraient après avant son escapade chez le jeune noble n'avait pas lâché l'affaire. Bien au contraire.

Deux silhouettes sortirent des bois pour lui faire face et il s'arrêta pour les détailler. Deux gaillards, à l'air pas très vif, mais bien mauvais. Il esquissa un sourire en coin en pensant que ces deux types voulaient l'affronter seuls. C'étaient les mêmes que la veille... Il ne soupçonna donc pas la présence d'une femme dans les arbres, qui le guettait, une flèche braquée sur lui. L'un des hommes s'avança lentement, et Avaran dégaina son arme. L'archère profita du bruit de la lame pour décocher sa flèche et celle-ci vint se ficher dans l'omoplate du jeune homme qui échappa un cri de douleur et de surprise. Il grimaça et ôta la tige de bois avant de se raidir. Il sentait ses forces l'abandonner et tomba à genoux lorsque ses jambes cédèrent sous l'influence du poison. Il serra les dents et ferma les yeux. Un juron lui échappa et son esprit se troubla, le laissant sombrer dans l'inconscience.

Lorsqu'il reprit ses esprits, il avait les mains attachées, et les grosses chaînes étaient maintenues par l'un des types qui l'avaient attaqué. Le poison faisait encore effet, son corps engourdi refusant de lui obéir et ses pouvoirs répondant absents. Il leva ses billes argentées vers l'homme qui lui faisait face et plissa les yeux. Ce dernier affichait un air satisfait et s'accroupit près de lui, attrapant son visage d'une main.

??: Alors petite merde... On peut plus fuir là, hein? Demain on t'emmènera au port et on récupérera toutes les petites pièces d'or de ta mise à prix.

Avaran le fusilla du regard et lui cracha au visage sans un mot. Une gifle vint balayer son visage et il grimaça tandis que l'homme levait la tête vers son acolyte pour lui demander si le poison anesthésiait. Celui-ci lui répondit que non et le sale type aux airs patibulaires récupéra une dague avant de se pencher de nouveau près du jeune homme. La lame vint alors se ficher dans la chair de sa cuisse, lui arrachant un cri de douleur. Il grimaça, les dents serrées, tandis que son tortionnaire s'amusait à remuer la lame dans la plaie. Il arracha ensuite sa chemise pour dévoiler son torse, et lui fit plusieurs entaille avec un sourire sadique. Avaran avait beau trembler de rage, son corps refusait de réagir et il était là, incapable de se défendre, à la merci de ces hommes sans pitié.

Le borgne se releva et rendit la dague à son comparse qui lui tendit les chaînes. Lui aussi avait envie de s'amuser... Mais d'une toute autre manière. Les traits fins et androgynes de l'assassin avaient attisé ses pulsions masculines. Avaran sentit un frisson le parcourir quand le type se leva et commença à passer ses mains sur son torse dénudé et couvert de sang. Non. Tout mais pas ça. Il essaya de se débattre. De lutter. Seulement ses efforts furent vains. L'homme retira alors son pantalon et l'hybride ferma les yeux en plantant ses dents dans sa lèvre inférieure. Non... Il ne voulait pas revivre une chose pareille... Il sentait la haine et l'horreur s'emparer de son esprit, ses tremblements devenant plus nets. Il sentait ce sale type se dandiner contre lui et la douleur qui lui tiraillait le bas du dos. Par chance pour lui, son calvaire ne dura pas longtemps, puisqu'il fut interrompu par l'archère qui réquisitionna les deux hommes en grimaçant de dégoût. Par pitié.. Ou par bonté peut-être, sait-on jamais, elle rhabilla entièrement le jeune homme et soupira.

??: Pourquoi je travaille avec des porcs pareils...

Maugréa-t-elle avant de disparaître dehors. Les deux hommes revinrent quelques minutes plus tard, mais cette fois-ci, ils le laissèrent en paix. L'un d'entre-eux lui injecta une nouvelle dose de poison et ils s'assirent avant de se mettre à papoter comme si de rien n'était, entourant les chaînes autour d'un vieux poteau en bois.


Avaran déglutit avec difficulté en regardant Löwin qui essuyait son sang sur le sol. Les deux types n'avaient pas réagi à son arrivée, elle avait dû se proposer pour aider au ménage... Pour négocier un abri pour la nuit sûrement. Il grimaça et resta silencieux. Il voulait que cet instant ne soit qu'un vaste cauchemar... Mais comme d'habitude, la réalité était cruelle. La jeune femme se tenait bien là, près de lui, tandis qu'il souffrait le martyr et se trouvait dans un état plus que dramatique. Le borgne se leva alors pour aller "chercher quelque chose à grailler". Avaran le regarda sortir et sentit un profond malaise s'emparer de lui quand il croisa le regard du second homme... ainsi que son sourire déviant. Un violent frisson l'agita et il espéra que la jeune femme lui vienne en aide... Encore une fois.
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Lun 25 Jan - 12:27

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


Löwin s'affairait sur le parquet, essayant de ne pas lever les yeux vers le corps meurtri de celui qu'elle avait appelé son ami. Elle n'en revenait toujours pas de l'avoir retrouvé, et encore moins dans ces conditions. Elle avait appris à apprécier le caractère imprévisible de l'hybride au fil du temps, et en était même venue à apprécier ce côté irritable et cet humour douteux qui était le sien. Mais une fois de plus, comme souvent, elle l'avait retrouvé amoché, même si elle ne l'avait jamais vu aussi mal.

L'elfe se risqua à lever ses prunelles de feu vers le corps presque familier, et fronça tout de suite les sourcils à sa vue. Elle avait déjà pansé ce torse, et en avait retenu un grand nombre de cicatrices, mais elle fut presque attristée d'en voir un bon nombre de nouvelles. Ainsi, il n'avait vraiment pas raccroché sa dague pour se trouver un emploi plus sur. Elle savait que s'il l'entendait ne serait-ce qu'évoquer cette possibilité elle aurait droit à un regard assassin de sa part, mais elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'un jour il en aurait marre de risquer sa vie pour un bout de pain. Elle ? Ah mais je n'ai jamais dit qu'elle était bien placée pour parler. Mais vous la connaissez, dure à l'attachement mais loyale et protectrice comme un fauve.

Elle constata également que le sang sur le sol était effectivement celui d'Avaran. Il était couvert de bleus, d'hématomes, et de plaies plus ou moins fraiches. Certaines suppuraient et répandaient un liquide jaunâtre épais sur la peau de l'être androgyne. Il faisait vraiment peine à voir. Même ses longs cheveux noirs, ordinairement si soignés et brillants, étaient empâtés par le sang coagulé et la sueur qui recouvraient certaines mèches. L'elfe du se mordre la lèvre de dépit. Elle était là, à quatre pattes près de lui, à frotter en vain un lac de sang et autres fluides corporels avec une petite brosse aux poils durs, recouvrant ses mains et ses mitaines de cette eau sale, qui lui aurait surement donné des hauts le cœur si elle n'avait pas eu son foulard pour filtrer même légèrement les odeurs.

Ne supportant plus la vue que lui offrait l'hybride, elle se détourna pour rincer sa brosse, sachant parfaitement qu'elle travaillait en vain. Le parquet était vieux, poreux, et avait déjà absorbé le sang tel un buvard l'encre. Mais frotter lui évitait de penser. Alors qu'elle essorait sa serpillière, le borgne grogna quelque chose à son lieutenant, lui signifiant qu'il allait manger quelque chose.

Faisant mine de n'en avoir cure, l'elfe retourna à la tâche. Mais une fois qu'elle fut sûre que le borgne était bien parti, elle soupira, retira le foulard de son visage, révélant ses lèvres grises et sa cicatrice caractéristique au menton, et tourna la tête vers l'homme qui se curait allégrement le nez:

" J'me d'mandions... Qu'est ce qu'il a -t'il fait pour s'retrouver là ? "


La lionne avait pris sa voix de sotte paysanne et le regardait sans expression, ne souhaitant pas éveiller de soupçons inutiles. L'homme fronça les sourcils, surpris par la franchise de la question, et sembla hésiter un instant entre l'envie de lui ôter toute envie de poser des questions en lui brisant la mâchoire et celle de lui expliquer. Il choisit, au grand soulagement de l'elfe, la seconde option. Même s'il ne fut guère loquace:

" L'a tué l'un d'nos gars. "


Les yeux de feu de Löwin se reportèrent instantanément sur l'hybride. Ainsi, c'était bien son métier qui l'avait à nouveau dans la panade... Elle haussa un sourcil, luttant pour se retenir de lancer à Avaran qu'elle l'avait prévenu. Ce n'était ni le lieu ni le moment.

Au lieu de ça, elle retourna mine de rien à son labeur. L'homme sembla bien vite oublier sa question et le silence se réinstalla entre eux, mais pas pour longtemps:

" Et lui, j'le nettoie ? "

Cette fois, l'homme était réellement décontenancé. Il ne s'était pas attendu à cette question. Il mit quelques longues secondes à essayer de dépatouiller le problème dans sa tête et Löwin se dit qu'il ne devait pas être très malin. Puis il répondit de sa voix porcine:

" Nan, j'pense pas que... "

" Vous pourriez le torturer plus longtemps. Laissez-le comme ça et y crév'ra d'manque de de sang. Ca s'rait trop clément pour une crapule comme lui. "

L'homme sembla touché par l'argument de Löwin. Il ne fallait pas que l'hybride meure s'ils comptaient réussir leur petite combine. Il se gratta le menton, puis l'arrière de l'oreille, et sembla y dénicher quelque chose qu'il écrasa contre sa veste bricolée de pans de cuirs différents. Décidément, en voilà un qui n'était pas venu avec toutes les options...

L'elfe attendit sagement son approbation, assise sur ses chevilles. Il finit par accepter, à défaut de trouver un argument à lui opposer, et sans plus attendre elle prit un chiffon humide et s'approcha de l'hybride. Elle resta tout d'abord silencieuse, le silence se faisant trancher uniquement par quelques gémissements de douleur du blessé. L'homme resta suspicieux un moment, puis perdit tout intérêt à la regarder nettoyer quelqu'un qui de toute façon souffrait le martyr depuis des jours. Il retourna donc à sa contemplation de l'hiver total à l'extérieur, laissant l'elfe à sa tâche, ne devinant pas un instant que c'était précisément ce qu'elle attendait.

Dès que son ouïe lui apprit que l'homme s'était retourné, elle n'entendait plus sa respiration laborieuse aussi nettement, le regard de l'elfe changea. Elle planta ses iris de feu dans ceux d'argent de l'hybride, soudain très sérieuse, et chuchota à son attention, prenant soin de gratter le sol en même temps pour couvrir ses mots au cas où le lourdaud qui leur servait de gardien avait au moins une ouïe correcte:

" Tu m'expliques ? "

Elle n'attendait pas de longs discours. De toute façon, il était clair qu'elle allait devoir, une fois de plus, lui sauver les miches. Mais autant essayer de comprendre un peu la situation avant de tenter quelque chose de stupide...


HRP: Blblblblbl j'avais tout écrit hier soir et bug de navigateur et a pu... J'ai du tout réécrire en pleurant du sang. VOILA. *sort*
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Lun 25 Jan - 22:11
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran fixait le sol avec un air absent, écoutant la conversation entre Löwin et l'un de ses "agresseurs" d'une oreille attentive. Elle cherchait un stratagème pour l'aider sans se mettre trop dans la mouise. Cette pensée lui tira une grimace: il refusait d'impliquer la jeune femme dans une situation qui mettrait sa vie en danger. Peu importe s'il venait à souffrir ou à clamser... Certes, si possible il voulait éviter ces éventualités mais... L'elfe n'était pas quelqu'un de mauvais et il voyait qu'elle ne cherchait qu'à se trouver de quoi vivre tranquillement, alors elle ne méritait pas qu'il l'embarque dans des histoires aussi dangereuses.

Un soupir lui échappa, et il releva les yeux alors qu'elle s'approchait de lui. Il serra les dents quand il sentit le tissu sur ses plaies et essaya de ne pas trop exprimer sa douleur. Elle le regarda alors avec une lueur on ne peut plus sérieuse dans les yeux et il resta silencieux quelques instants, ne sachant pas quoi lui répondre. Ses billes argentées basculèrent sur le côté et il tourna légèrement la tête avant de murmurer:

AVARAN: Tu veux que je t'explique quoi? Ces types m'ont drogué pour me rendre sans défenses et ils veulent m'échanger contre un paquet de pognon. Voilà.

Il n'osait pas la regarder. Il refusait qu'elle ait de la pitié pour lui ou de voir un quelconque air compatissant dans son regard. Il voulait juste... qu'elle ne soit jamais venue. Il avait reçu sa lettre, avait voulu y répondre et avait oublié. Il s'en mordait les doigts à présent: s'il avait répondu, il aurait pu la retrouver dans une taverne, tout à fait normalement, s'assurer qu'elle allait bien, et disparaître à nouveau sans l'inquiéter. Ses dents grincèrent et il ajouta d'un ton un peu sec:

AVARAN: Va-t-en s'il te plaît. Ces ennuis, ce sont les miens. Tu n'as pas à t'en mêler.

Ses sourcils se froncèrent un peu sous la douleur et il ferma un instant les yeux, espérant que quand il les rouvrirait, elle aurait disparu.

Ex-Endorien.ne
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Ex-Endorien.ne
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Mar 26 Jan - 12:57

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


En entendant les réponses d'Avaran, Löwin dû se retenir de lui décocher une droite. Non mais pour qui il se prenait à juger le comportement des autres et à décider de ce qui était le mieux pour elle ? Les yeux de feu de la jeune femme se mirent à luire sauvagement. Elle ne pouvait pas laisser passer ça. Ses oreilles expressives s'agitèrent furieusement avant de se plaquer contre son crâne. Vérifiant à l'ouïe que le lourdaud devant la porte était toujours dos à eux, elle agrippa une des mèches de l'hybride sans une once de délicatesse et le ramena violemment vers elle, n'ayant cure de rouvrir ses blessures tant elle voyait rouge. Un grognement rauque monta dans sa gorge alors qu'elle lui répliquait sèchement, grattant toujours le sol de sa main libre pour couvrir le bruit au mieux:

" Depuis quand tu me donnes des ordres ? Si je te gonfle tant que ça je disparaitrai, mais il est hors de question que je te laisse crever sans rien faire ! "


Toujours aussi énervée, elle ne put s'empêcher de le saisir par la gorge et de planter ses griffes dans sa peau avant de lui cracher au visage ses dernières gouttes de venin:

" Ne t'avise plus jamais de me parler comme ça. Sinon je veillerai moi-même à ce que tu meures une fois que je t'aurai sauvé. Alors ferme-la et laisse-moi faire. "


Elle le pensait. Elle le sauverai et comptait bien tracer la route après. Si elle le gavait tant que ça, elle prendrai soin de ne plus jamais recroiser sa route ou de l'ignorer royalement le cas échéant. Mais elle ne pouvait pas partir sans finir ce qu'elle avait commencé.

L'elfe le repoussa brutalement contre le poteau qui lui servait de seul soutien et reprit sa tâche. Malgré les bruits, l'autre brute ne semblait rien avoir remarqué. N'y avait-il vraiment que des idiots en ce monde ? Tous les événements récents qu'elle avait vécu lui rappelèrent pourquoi elle ne s'était jamais entichée d'un homme. Cette brutalité débile et cette conviction de valoir plus que tout le monde et de pouvoir tout faire tout seul... Cet ego dopé à la testostérone lui donnait de l'urticaire.

Elle se remit à frotter le sol, un léger grognement s'échappant d'entre ses lèvres en continu. Elle était sur les nerfs, et s'écarta suffisamment d'Avaran pour ne pas pas avoir envie de lui arracher la tête à la moindre de ses respirations. Elle devait trouver une idée pour se retrouver seule avec l'autre imbécile et le dégager de ses liens. D'autant que vu son état lamentable, il ne pourrait clairement pas courir un marathon. Et même s'il n'était pas l'homme le plus costaud qu'Endora ai porté, elle ne pourrait pas le porter sur plus de quelques mètres.

C'est à cet instant que la porte de l'abri s'ouvrit. Un homme entra. Ce n'était visiblement pas le borgne de tout à l'heure. Mais combien étaient-ils dans cette putain de forêt ? L'elfe se redressa et s'avança vers la porte, toujours bougonne. Maintenant que son foulard était retiré, les deux hommes remarquèrent qu'elle était plutôt à leur goût, et leurs regards lubriques ne lui plurent pas du tout.

" J'vais vider ça. "

Dit-elle en levant son sceau. Le nouvel homme laissa échapper un rire gras avant de s'écarter, et elle sortit. L'air froid lui fouetta le visage et elle ramena le tissu sur son nez avant de se tourner vers la bâtiment dans lequel elle était plus tôt pour changer l'eau du sceau. Elle réfléchissait à plein régime, ses oreilles ne prenant même pas la peine de se vexer des remarques salaces que les deux hommes dans le cabanon faisaient à son propos.
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Jeu 4 Fév - 12:57
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran rouvrit les yeux et soutint le regard de l'elfe tandis qu'elle s'énervait en face de lui. Elle n'avait pas apprécié sa remarque apparemment, mais une de ses phrases fit tiquer le jeune homme:

"il est hors de question que je te laisse crever sans rien faire"

Elle avait beau être en colère et se montrer un peu brutal, le fond de ses paroles était amical. Elle s'inquiétait pour lui et voulait le sauver. Avaran la dévisagea donc avec de grands yeux sans oser rétorquer quoique se soit. Il resta silencieux tandis qu'elle reprenait son activité de nettoyage, ne sachant pas quoi dire de plus. Il n'avait pas l'habitude qu'on s'inquiète ou qu'on se soucie de lui alors cette situation le laissait pensif.

Il releva les yeux en voyant un autre homme entrer. Son visage lui était inconnu et il serra un peu les dents. L'elfe se leva et sortit de la petite maisonnette. L'hybride ferma les yeux, ses sourcils froncés par la douleur et la frustration. Alors qu'il essayait une nouvelle fois de bouger pour soulager un peu son corps endolori, il constata que ce dernier lui répondait enfin. Certes, ses forces étaient très faibles, mais il pouvait agiter les doigts et les pieds. Il attendit donc que l'homme venu tenir compagnie au sale type finisse par ressortir en laissant son compagnon seul...

Quand ce fut fait, Avaran tenta le tout pour le tout: il demanda de l'eau à son geôlier et ce dernier se mit à rire avant de s'approcher lentement en lui agitant une gourde sous le nez. L'instant d'après, l'assassin lui passait les chaines en métal reliant ses poignets autour du cou et tirait dessus de toutes ses forces tandis que sa victime se débattait en prenant une jolie teinte violette. Il le regarda suffoquer en arborant un regard plein de haine avant de le laisser s'écrouler sur le sol. Il se releva avec peine, en s'aidant du mur, et récupéra une des dagues qui trainaient sur la table. La lame aiguisée plongea en direction de l'entre-jambe de l'homme à terre, dont le cri resta bloqué dans sa gorge à cause de son étouffement précédent. Avaran le regarda avec une lueur meurtrière et presque sauvage dans les yeux. Il remua méticuleusement la dague pour faire un maximum de carnage avant de la planter jusqu'à la garde d'un coup sec et de la retirer en laissant sa victime se vider de son sang.

Tout cela n'avait pris que quelques minutes. Cinq tout au plus. Pourtant il avait l'impression que l'effort que son geste lui avait demandé allait le faire tomber dans les pommes. Sa vision se troublait et il porta une main à sa tête avec une grimace. Il ne devait pas s'écrouler maintenant. Il devait fuir. Ses billes argentées se relevèrent en direction de la sortie et il la fixa, sa respiration sifflante. Un gémissement lui échappa et il dut s'agenouiller, n'ayant plus assez de forces pour tenir debout. Il réussit à prononcer un mot dans un murmure. Un nom. Löwin.

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Ven 5 Fév - 14:20

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


Löwin enfonça son nez dans son écharpe en sentant la morsure du froid sur son visage. Elle laissa échapper un juron. Décidément, elle n'était pas faite pour l'Hiver et tout ce froid... Elle était comme le fauve dont elle portait le nom, elle avait besoin de se prélasser au Soleil, et elle prenait plaisir à le faire. Les doigts crispés sur la poignée de son sceau, elle en versa le contenu rougeâtre sur le sol, laissant le liquide creuser un sillon sanglant dans la poudreuse. Elle soupira. Ensuite venait la partie pénible: retourner dans le bâtiment principal et remplir l'ustensile de fortune. La motivation extraordinaire qu'elle ressentait à l'idée d'être à nouveau confrontée à ces brutes stupides avait au moins l'avantage de lui faire oublier l'abruti à moitié mort qu'elle devait secourir.

La belle poussa la porte gémissante et entra dans le bar de fortune. L'ambiance était pesante, l'odeur insoutenable. Elle grimaça. Un frisson glacé remonta le long de son dos lorsqu'elle sentit tous les regards lourds posés sur elle. Elle n'aimait pas ça... Soudain, l'un des loubards qu'elle avait croisé en arrivant la pointa de sa main grasse et cracha de sa voix dénuée de classe, zozotant légèrement du fait de quelques dents manquantes:

" Et celle-là ? C't'y pas qu'on pourrait en faire queq'chose d'plus marrant que l'ménage ? "


Le sang de l'elfe se glaça. Elle avait reconnu le sous-entendu graveleux sous ses mots, et ses oreilles se dressèrent, attentives à la suite des événements. L'homme n'avait fait que lancer une idée, mais déjà des grognements d'approbation de faisaient entendre. Avant qu'elle aie pu répliquer, la jeune fille se sentit agrippée par le poignet et tirer dans une autre direction. Un de ces balourds empestant l'alcool l'avait trainée vers lui, et avait désormais sa main caleuse sous son menton, examinant ses traits et tentant de cerner ses formes en palpant son manteau de son autre main. L'elfe ne savait pas vraiment quoi faire. Même si elle avait l'habitude de s'engager dans des combats perdus d'avance, les hommes étaient bien trop nombreux et devaient bien avoir quelques bons éléments pour avoir pu soumettre ainsi Avaran.

Elle se contenta de grogner, ses sourcils se fronçant sous le coup de la colère, ses yeux s'agrandissant de peur. Un rire gras se fit entendre tandis que l'homme continuait son exploration maladroite du lourd manteau. Löwin se bénit d'avoir acheter une cape si épaisse.

" Partage un peu ! "
" Chacun son tour, patiente un peu ! "


L'homme peu ragoutant approcha sa bouche à l'haleine fétide de l'une de ses oreilles délicates et souffla:

" Qu'en dis-tu petite ? Un p'tit détour à l'étage ? "


L'elfe se mordit la lèvre, se retenant de lui asséner un coup de boule bien senti.

" Ne me touche pas ! "

Elle réussit à s'arracher à son étreinte quelques instants, mais bien vite il la ramena contre lui, l'attrapant par le haut des cuisses cette fois, ce qui arracha à l'elfe un cri de surprise et de dégoût. Elle se dégagea avec davantage de violence tandis que l'homme essayait de l’agripper par les cheveux. Il lui serait si simple de lui trancher la gorge et de s'enfuir ! Mais elle devait songer à son ami meurtri et captif...

Alors que ses yeux s'embuaient, convaincue qu'elle allait perdre dans ce lieu sinistre la dernière parcelle d'elle dont elle était fière: cette droiture qui lui avait permis de rester pure jusqu'à ce jour, une voix grave et autrement plus autoritaire que celle de tous ces guignols s'éleva:

" Lâche-la. Elle vaut mieux que tes pétasses. "

C'était le borgne. Les mains viles cessèrent leur manège, relâchant une elfe pantelante et tremblante. La peur était lisible dans les yeux de son agresseur. Le borgne lui tendit le sceau, qu'elle s'empressa de ramener contre elle en hochant vaguement la tête en remerciement à son allié inattendu avant de partir en vitesse remplir le sceau et retourner au cabanon.

Lorsqu'elle revint dans la cabane, elle était toute échevelée. Son chignon somme toute sommaire était encore plus désordonné qu'à l'accoutumée et son manteau était déchiré sur la manche. Des larmes encore fraiches perlaient au coin de ses yeux, et la voilà qui se retrouvait à nouveau confrontée à un spectacle des moins rassurants:

Un homme, mort, plongé dans une mare de sang, et veillé par un homme dont l'aspect faisait comprendre qu'il n'était qu'à peine éveillé...

Encore secouée par ce qui venait de lui arriver, la jeune fille mit un instant avant de comprendre la scène sous ses yeux.

" Avaran ! "

Dès que son cerveau eut tout monté dans le bon sens, elle se jeta à genoux à ses côtés. Elle le redressa en le ramenant contre elle pour dégager sa trachée et l'installer un peu plus confortablement que sur le sol froid et plein d'échardes. A la lumière, il avait encore plus triste mine...
L'elfe, reprenant peu à peu son calme, analysa la scène.

" Tu es fou d'avoir fait ça dans ton état. "

Elle n'en dit pas plus. La situation était claire. Si l'un des brigands découvrait la scène, ils seraient faits, et Avaran serait exécuté sur le champ. Quant à elle... Elle ne voulait même pas y penser.

Elle passa un bras sous les épaules d'Avaran, priant pour qu'il supporte le froid et la fuite, parce qu'hormis une vieille couverture de jute miteuse abandonnée dans un coin depuis des années, elle n'avait rien pour le couvrir... Elle se leva avec lui et s'avança vers la porte qu'elle ouvrit le plus rapidement et silencieusement possible et traina l'elfe vers l'arrière de celle-ci, encaissant à la fois son poids et le froid, essayant de mettre autant de distance entre cet endroit de malheur et eux. Mais vu leur vitesse de limace et l'état plus que dérisoire de l'hybride, le cœur de l'elfe était serré d'appréhension.

" Tiens bon. "


Souffla-t'elle, sa voix à demi couverte par le vent, autant pour Avaran que pour elle-même...
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Ven 5 Fév - 15:06
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran porta sa main à sa cuisse et grimaça en sentant sa peau en contact avec le tissu humide. Quand il regarda ses doigts couverts de sang il soupira: ses blessures étaient profondes et il ne pourrait pas aller bien loin dans cet état. Un bruit le figea sur place et il releva vivement la tête avant de se détendre en reconnaissant la silhouette familière de l'elfe. Elle se précipita vers lui et l'aida à se relever. Il dut serrer les dents de toutes ses forces pour ne pas crier de douleur en sentant son poids sur sa jambe. Sa respiration rapide et bruyante l'empêchait de parler pour l'instant.

Il fallait qu'ils fuient. Rapidement. Avaran essaya de marcher sans glisser ou trébucher et sans trop se reposer sur le corps frêle de l'elfe. Le froid mordant glaçait l'ensemble de son corps en le torturant encore plus. Il n'aurait pas tenu à la vie, il se serait certainement laissé mourir ici. Mais il était hors de question pour lui de mourir. Pas ici. Pas maintenant. Pas comme ça. Il agrippa le bras de Löwin et prit une grande inspiration.

"Attends."

Quand l'elfe s'arrêta il ferma les yeux quelques secondes, essayant de calmer sa respiration et de faire abstraction de sa douleur. Il s'écarta alors de son étreinte et plongea son regard dans le sien avec un air grave.

"Je vais tenter quelque chose pour nous sortir de là. Surtout ne me lâche pas. Si j'arrive à faire ce que je veux, on arrivera près d'une petite grotte dans laquelle j'ai un repère. Dedans il y a des couvertures, des vivres, et de quoi soigner les blessures. Je ne sais pas si j'arriverai à nous amener à côté, et comme je vais certainement m'évanouir il faudra que tu peut-être que tu la cherches un peu. Tu es prête?"

Il n'attendait pas spécialement de réponse. C'était juste une formalité pour la prévenir. Avaran lui attrapa les mains et ferma les yeux. Il ignorait même s'il allait survivre à son geste, mais au moins l'elfe serait en sécurité. Il respira profondément quelques secondes avant de resserrer son étreinte autour des doigts de Löwin et l'instant d'après ils avaient disparus.

Après plusieurs téléportations successives ils arrivèrent au coeur de la forêt. L'endroit était entouré d'arbres, et la grotte dont Avaran avait parlé était à une vingtaine de mettre de leur lieu d'atterrissage. L'hybride sentit une violente douleur lui traverser la poitrine et il lâcha les mains de l'elfe. Cette douleur lui coupa le souffle et le vida instantanément de son peu de forces. Comme prévu, le jeune homme s'écroula inconscient dans la neige, un filet de sang s'échappant de ses lèvres entrouvertes.

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Sam 6 Fév - 0:43

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」

" Attends. "

Le mot, balancé presque sèchement, coupa l'elfe dans son élan. Elle s'arrêta, regardant son ami aux yeux d'argent dont la poitrine se soulevait douloureusement sous ses yeux. Il n'était vraiment pas dans son assiette. Encore échevelée et perturbée par les événements récents, ses oreilles s'agitant en tout sens pour palier à l'éventuelle présence d'ennemis. Elle le regardait, s'attendant à tout sauf à ce qu'il fit. Lorsqu'il commença son discours, ses yeux s'agrandirent. Elle avait peur de deviner ses intentions.

" Avaran, arrête, tu n'es pas... "

Mais il était trop tard. Déjà, l'homme avait saisi ses mains et fermait les yeux tandis qu'ils disparaissaient de ce paysage désolé marqué de souvenirs sombres...


Lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin, l'elfe fut prise d'une violente nausée. Elle n'avait pas l'habitude d'être ainsi secouée. Elle allait lâcher l'hybride pour reprendre son souffle et apaiser son estomac lorsqu'elle sentit ses doigts lui échapper. Les yeux flamboyants de la belle s'écarquillèrent alors qu'elle se retournait vivement vers le blessé, juste à temps pour le voir s'effondrer sur le sol, la désagréable odeur du sang lui piquant les narines.

" Avaran !! "

Malgré son malaise, l'elfe ne réfléchit pas une seconde et se jeta auprès de son ami. Elle posa une main sur son front, posa un doigt dans le creux de sa gorge pour prendre son pouls. Les nouvelles n'étaient pas bonnes. Il était terriblement faible. S'efforçant de reprendre le contrôle d'elle-même au vu de l'urgence de la situation. Un abri. Un refuge. Il lui fallait un endroit tranquille où déposer le corps de l'hybride pour le laisser se reposer et le panser. Une grotte ! Il avait parlé d'une grotte ! Tournant la tête en tout sens, l'elfe finit par apercevoir l'ouverture du repaire, à demi caché par des arbres. Rassemblant toute son énergie, elle passa un bras sous la ligne des épaules de l'homme et le second derrière ses genoux et le souleva non sans un grognement. Elle espérait vraiment ne pas aggraver son état...

Les 20 mètres qui les séparaient du refuge lui semblèrent interminables. A bout de souffle, les jambes tremblantes, l'elfe pénétra l'antre humide, ses sens en alerte pour vérifier qu'aucune bête sauvage n'avait trouvé la grotte suffisamment accueillante pour s'y établir. Elle déposa relativement délicatement le corps inanimé au sol, explorant l'endroit de sa vue perçante à la recherche du matériel dont avait parlé Avaran avant de sombrer dans l'inconscience.

Elle mit la main sur de vieilles couvertures et même sur une paillasse d'herbes sèches pas encore trop abimée. Elle l'installa à l'abri des intempéries, dans un endroit suffisamment sec pour ne pas entraver la cicatrisation des plaies, et la rembourra avec deux couvertures avant de déposer Avaran sur celle-ci. Elle ne le couvrit pas tout de suite mais le déshabilla et analysa ses plaies, peu marquée par la nudité de l'homme. De toute façon, dans l'état dans lequel il était, il n'y avait rien qui soit ne serait-ce qu'un tout petit peu attirant.

Elle désinfecta les plaies avec un onguent d'herbes qu'elle trouva alentour. Béni soit le pissenlit et sa capacité à survivre même l'Hiver ! Elle remarqua que certaines plaies nécessiteraient peut-être des points de suture, mais elle n'était pas sûre que ça soit une bonne idée de refermer les plaies dans l'état dans lequel elles étaient... Elle se dit qu'attendre un ou deux jours pour être sûre que les blessures étaient propres ne serait pas du luxe. Aussi banda-t'elle le tout avec soin avec des linges propres qu'elle avait dénichés soigneusement rangés dans un sac.

Lorsqu'elle eut fini, elle essuya enfin le filet de sang au coin de sa bouche et déposa un linge humide et frais sur son front. Elle ne pouvait pas faire grand chose de plus que le couvrir et le laisser dormir.

La tension retombant violemment sur ses épaules, l'elfe se sentit d'un seul coup épuisée et tomba sur les genoux sur le sol froid. Elle eut à peine le temps d'attraper une couverture et de s'enrouler dedans comme un chat au pied de la couchette avant de sombrer dans un sommeil espérons-le réparateur, ses oreilles s'agitant par intermittence des suites de ses rêves...
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Sam 6 Fév - 15:40
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

La brise qui venait lui caresser le visage était douce et agréable, telle une main tiède, rassurante, effleurant sa peau pour l'apaiser. Avaran ferma les yeux et profita un instant de ce calme et de ce sentiment plaisant. Instant qui ne dura que quelques secondes.

Quand il rouvrit les yeux, il était dans la forêt, exposé à une lumière éblouissante qui l'empêchait de bien voir ce qui l'entourait. L'angoisse saisit sa poitrine: il sentait un irrésistible besoin de fuir, mais il n'arrivait pas à bouger. Des mains vinrent alors attraper ses bras, ses jambes, sa gorge, son visage, ses cheveux... Des lames glacées se mirent à caresser sa peau, l'entaillant parfois légèrement. Il sentait la peur envahir son esprit.


"Je vais mourir" pensait-il presque à haute voix. Son corps se mit lentement à trembler tandis qu'il luttait vainement pour fuir cet endroit et ce cauchemar. Il sentit alors un souffle près de son oreille, qui lui glaça le sang. Avaran se figea. Seules ses billes argentées basculèrent légèrement sur le côté et il entendit alors un murmure "le monde serait tellement plus heureux si tu étais mort". Un rire résonna autour de lui et il ferma les yeux. La douleur serra son coeur: c'était tellement vrai... s'il venait à mourir personne ne le regretterait. Il ne manquerait à personne... Il allait finir seul dans l'obscurité... Comme il l'avait toujours été.

Une lame traversa alors la lumière et se planta violemment dans sa poitrine en lui coupant le souffle.



Avaran se réveilla en sursaut en se redressant d'un bon. L'instant d'après il grimaça de douleur et porta une main à sa tête. Son cœur tambourinait dans sa poitrine et des gouttes de sueur perlaient sur son visage. Il prit quelques secondes pour se calmer et regarder autour de lui: il était dans la grotte qu'il avait décrite à Löwin et l'elfe dormait profondément non loin de lui. L'hybride ferma les yeux et soupira avant de récupérer le tissu qu'elle lui avait mis sur le front et de se le passer sur son visage, d'une main encore tremblante.

Il se rallongea doucement, serrant les dents en fronçant les sourcils, puis il fixa le plafond de pierre avec un air vide et pensif. L'amertume de son rêve persistait dans son esprit et il en avait encore la gorge un peu nouée. Ses blessures étaient beaucoup moins douloureuses qu'avant son réveil et il esquissa un vague sourire en pensant que Löwin avait fait du bon boulot. Il zieuta les plaies sur son torse, qu'elle avait pansées avec soin, avant d'écarquiller les yeux en réalisant qu'il était entièrement dénudé sous sa couverture. Ses joues prirent quelques couleurs, trahissant ainsi une gêne inhabituelle, et il glissa un regard en direction de l'elfe.

Elle dormait paisiblement, ses oreilles s'agitant de tant à autres telles celles d'un petit chat. Avaran sourit de nouveau avant de baisser les yeux. Pourquoi une jeune femme aussi douce, gentille et dévouée s'inquiétait-elle pour lui et mettait ainsi sa vie en danger pour le sauver? Cette pensée effaça son sourire et ramena son regard vide. Il ne méritait pas l'attention qu'elle lui portait... Et en même temps elle lui faisait atrocement plaisir. C'était la première fois qu'il ressentait ça, et cela le troublait fortement. Il était heureux et triste à la fois. L'hybride tourna de nouveau la tête en direction du plafond avant de poser un bras sur son front avec un soupir.

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Dim 7 Fév - 13:33

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」

L'elfe fit un rêve sans saveur ce soir-là. Elle dormait si profondément que son esprit fatigué se laissait totalement aller, s'abandonnant à ce sommeil tant espéré. Son repos fut tranquille, troublé uniquement par quelques frissons parcourant son corps par moment.

Après plusieurs longues heures de repos, l'elfe entrouvrit un œil, la lumière extérieure l'ayant finalement éveillée. Encore peu encline à se lever, elle frotta sa tête contre sa couette, se roulant encore davantage en boule, comme un chat voulant chasser le réveil. Mais le Soleil fut plus fort qu'elle et elle ouvrit un oeil en se frottant le bout du nez du revers d'une main, comme un lionceau faisant sa toilette. Ah, elle était presque mignonne dans ces moments-là, avec ses mimiques animales et sa bouille endormie. Ses oreilles retombaient presque mollement de chaque côté de son visage, comme si elles refusaient de reprendre leur travail, et sa chevelure poussiéreuse et emmêlée lui donnait un air fantomatique et espiègle.

Alors qu'elle baillait allégrement, dévoilant ses dents blanches et ses canines légèrement pointues, elle se souvint du pourquoi elle était ici. Instantanément, ses oreilles se dressèrent et elle se glissa d'un seul mouvement auprès de la couchette où reposait Avaran. Visiblement, elle n'était pas la première éveillée. Elle soupira de soulagement en voyant qu'il n'y était pas resté et passa une mèches rebelle derrière son oreille gauche. Geste dérisoire s'il en était étant donné le capharnaüm de cheveux qui hérissait sa tête. Lui lançant un regard à la fois inquiet et chargé de colère, et ne prit même pas la peine de le saluer:

" La prochaine fois que tu me fais une peur pareille, je te tue ! "

Son nez était plissé par la colère, ses lèvres grises pincées par l'agacement, mais son expression n'y trompait personne: elle était plus contente de le voir qu'énervée de son comportement. Aussi secoua-t'elle la tête et continua:

" Tu me laisses regarder tes plaies ? "

Sachant qu'il n'avait pas d'autres choix que d'accéder à sa demi-requête, l'elfe remonta ses manches pour ne pas s'emmêler les pattes dans la couverture. Elle irait se laver plus tard, l'abruti passait en premier. Lorsqu'elle remonta sa manche gauche, elle tiqua et fronça les sourcils. Sur son poignet étaient encore visibles les traces violettes résultant de l'empoignade bien peu amicale que l'un des brigand avait fait subir à son frêle membre. Les cinq balafres violacées, clairement identifiables, assénèrent un coup au moral de la jeune fille. Elle ne s'attendait pas à ce que lui soit ramené ainsi un souvenir aussi pénible.

Faisant fi de cette contrariété, mais mordillant toujours sa lèvre inférieure sous le coup de l'angoisse, elle entreprit de découvrir le torse de l'hybride, principalement pour voir l'était des plaies profondes, qu'elle souhaitait recoudre au plus vite. Elle s'attarda sur l'une d'entre elles, particulièrement laide, qui remontait de sa dernière côte sur le flanc à quelques centimètres de son aisselle. Ce qui devait rendre sa respiration particulièrement douloureuse puisque cela nécessitait d'étirer la plaie à chaque mouvement. L'entaille n'était pas encore parfaitement propre, mais elle devait recoudre, au risque de ne jamais la voir cicatriser correctement. Aussi planta-t'elle ses yeux de feu dans ceux de l'assassin:

" Tu me laisserais te recoudre ? "

Bon sang, ça en faisait beaucoup en peu de temps, de questions stupides. Bien sûr qu'il n'avait pas le choix. Quelle alternative sinon ? Celle de rester là à dépérir éternellement ? Très intéressant !
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Dim 7 Fév - 17:17
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »


Avaran tourna la tête en direction de l'elfe en l'entendant se lever et écarquilla les yeux quand elle se mit à l'engueuler. Il soupira et fixa de nouveau le plafond avant de soupirer en plissant un peu le nez. Quand elle lui posa sa première question, il répondit instinctivement:

"Oui vas-y..."

La jeune homme la laissa inspecter son torse sans broncher et ferma les yeux quelques secondes. Il grimaça quand l'une des blessures lui lança une petite décharge et se raidit en entendant la nouvelle demande de Löwin. Elle voulait recoudre une de ses plaies? Cette tâche s'annonçait douloureuse... L'hybride passa la main sur son visage en échappant un nouveau soupir et il rouvrit les yeux pour plonger son regard d'argent dans celui de la jeune femme.

"Je ne vais pas te dire non."

Lâcha-t-il sur un ton neutre, presque un peu blasé. Il zieuta la blessure en question et serra les dents: c'est vrai qu'elle était plutôt profonde... Sans oublier le fait qu'elle s'avérait douloureuse à chaque fois que sa poitrine se soulevait. Il regarda l'elfe se diriger vers la boîte dans laquelle était rangé le matériel de soin puis il bascula doucement sur le côté afin de faciliter la tâche de Löwin. Quand elle commença son activité de broderie, Avaran grimaça en serrant les dents. Un râle de douleur s'échappait de temps à autres de ses lèvres tandis que ses doigts tremblants serraient avec force la couverture qui recouvrait la paillasse sur laquelle il était allongé.

L'opération dura quelques minutes que l'assassin trouva atrocement longues. Même si l'elfe faisait ça avec toute la précaution du monde, il souffrait atrocement à chaque passage d'aiguille et retenait tant bien que mal sa voix pour éviter de la déranger. Quand elle eut finit il poussa un profond soupir de soulagement et rouvrit les yeux en tournant la tête vers elle. Il l'observa quelques secondes sans rien dire avant de baisser légèrement les yeux.

"Merci... Pour ton aide..."

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Dim 7 Fév - 23:00

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」

Löwin fut agréablement surprise de trouver du fil neutre et des aiguilles propres dans la petite boite en métal servant de boite à pharmacie. Elle s'en empara avant de revenir auprès de l'hybride toujours alité, hochant la tête en signe de satisfaction pour elle-même en constatant qu'il avait roulé sur lui-même pour lui faciliter l'accès à son flanc meurtri.

L'elfe s'accroupit auprès de lui, déplaçant son bras de façon à ce que la blessure soit totalement exposée. Elle passa tout d'abord un linge humide sur la plaie, tapotant doucement pour absorber le sang sur les lèvres de la plaie, et appliqua encore un peu de son onguent d'herbacées. Ses maigres connaissances en herboristerie étaient peut-être la seule chose qui la distinguait comme née au Clan de la Terre et elfe sylvestre d'ailleurs... Ensuite, elle posa une main voulue réconfortante sur l'épaule d'Avaran, mais celle-ci, légèrement tremblante, ne semblait pas sûre elle-même qu'elle réussirait.

Prenant une grande inspiration, elle se concentra sur la tâche. Ses yeux de feu étaient presque éteints tant ses pensées allaient vers son aiguille et son tracé. Elle piqua la peau, piqua la chair, tentant de reconstruire ce qui avait été détruit en occultant de son esprit les gémissements de souffrance de son ami. Elle devait réussir, améliorer son état, sans quoi elle n'aurait fait que l'aggraver et le faire souffrir sans raison.

Après de longues minutes, l'elfe hocha la tête, satisfaite. Ce n'était pas parfait, mais ça tiendrait, et mieux encore, ça permettrait une cicatrisation normale. Elle soupira de soulagement, s'écarta du buste de l'homme, tremblante, et essuya les quelques gouttes de sueur perlant sur son front du revers de la main. Elle avait réussi à le sauver en fin de compte... Au fond d'elle, elle espérait que ce serait la dernière fois où elle le trouverait dans cet état, mais leur Destin semblait être de ne se croiser que lorsque l'un ou l'autre était au bord de la mort, donc elle préféra ne pas évoquer ce souhait insensé à voix haute.

Elle se leva, prenant dans sa main le tissu tâché de sang, et fut immobilisée par le regard d'argent d'Avaran. Ses yeux habituellement si froids avaient une expression étrange où dansaient souffrance et... Autre chose.

" Merci... Pour ton aide... "

L'elfe écarquilla les yeux. Elle avait bien entendu ? Est-ce que c'était de la gratitude dans les yeux de l'assassin ? Elle pencha la tête sur le côté comme un animal curieux, ses oreilles dressées, immobiles, comme si elles aussi marquaient le coup. Elle resta ainsi quelques instants avant qu'une lueur joueuse n'envahisse son regard et qu'elle n'éclate de rire. Un rire rare, cristallin, aussi chantant que celui d'un rossignol. L'un des rares atouts qui clamaient son appartenance au peuple des bois. Ce rire communicatif et chaleureux était un présent trop rare, que la vie de l'elfe avait rendu précieux.

Elle baissa les yeux vers l'homme, un grand sourire radieux illuminant son visage, ses yeux flamboyants le dévisageant, un sourcil goguenard relevé:

" Elle est bien bonne celle-là ! La mort te rendrait-elle poli mon chéri ? ♥ "


La revoilà qui faisait surface, notre elfe taquine. Elle secoua la tête en soupirant, comme elle l'aurait fait devant un enfant désespérant, et se détourna pour se délester de ces linges sales dans un panier étanche partiellement empli d'eau qu'elle avait été chercher la veille. Elle se retourna ensuite, mains sur les hanches, la mine un peu plus sérieuse:

" Tu t'es encore mis dans de beaux draps tu sais ? Un jour il va falloir que tu apprennes à mesurer tes actes... "

L'elfe se rapprocha de la couchette et tendit le bras pour attraper un bol sommaire posé là, mais un éclair de douleur l'en empêcha. Ses sourcils se froncèrent un instant alors qu'elle serrait les dents. Elle avait utilisé son bras gauche pour attraper le récipient, et vraisemblablement, les bleus nets sur son poignet la feraient souffrir encore un moment. Ignorant la douleur, mais un éclair de colère passant dans ses iris, elle se tourna vers Avaran avant de se lever pour aller faire du thé. Ou plutôt une tisane calmante:

" Tu veux quelque chose ? "

Au vu de son état, le fier hybride voudrait peut-être quelque chose de consistant à se mettre sous la dent, ou quelque chose à boire. Sentant que son estomac ne tarderait pas à demander la même chose, elle se dit qu'elle devrait peut-être partir en exploration...
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Lun 8 Fév - 13:12
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran ouvrit de grands yeux qu'il releva rapidement pour la regarder. Elle s'était mise à rire? Il y avait quoi d'amusant dans ce qu'il venait de dire? L'assassin fronça un peu les sourcils, vexé d'avoir l'impression qu'elle se moque de lui... Mais il ne pouvait nier que le rire de l'elfe, et même, sa seule présence, l'apaisaient totalement. Il resta calme et se raidit uniquement quand elle s'approcha de lui avec un large sourire. Il la fixait toujours avec de grands yeux et soupira en entendant ses paroles. C'était donc pour ça qu'elle rigolait...

"Ha. Ha. Ha. Profite plutôt du fait que je t'ai remerciée, parce que si tu continues, ça n'arrivera plus."

Maugréa-t-il en détournant le regard avec un air vaguement boudeur. Il observa ensuite l'elfe du coin de l'œil alors qu'elle s'éloignait de nouveau et commençait à lui faire la morale. Avaran se redressa pour s'asseoir et grimaça un peu avant de fermer les yeux quelques secondes. Elle n'avait pas tort pour le coup... L'hybride mettait souvent sa vie en danger, et parfois sans vraiment maîtriser la situation. Seulement, si on regardait attentivement le nombre de ses gestes un peu suicidaires et le nombre de fois où il avait fini dans un sale état... Il ne se débrouillait pas si mal au final.

Il remarqua alors la colère qui venait d'apparaître dans les yeux de l'elfe et aperçut la teinte violacée qu'avait le poignet de la jeune femme. Il serra un peu les dents et ne prêta que peu d'attention à sa question. Comment avait-elle reçu cette blessure? Par l'une des sales brutes qui l'avaient séquestré sûrement... Cette idée fit bouillir son sang.

"Je veux bien du thé."

Lâcha-t-il en essayant de contrôler un peu sa colère et d'éluder le sujet. Il ne pouvait rien faire dans son état de toutes manières... Et cette idée le rendait dingue. Avaran soupira et se servit de son pouvoir pour amener son pantalon jusqu'à lui grâce à ses ombres. Il l'enfila sous la couverture et écarta un peu celle-ci. Alors qu'il bougeait légèrement pour se replacer, il écarquilla les yeux et porta une main à sa jambe droite en retenant un cri. Haletant, son visage crispé par la douleur et sa main fermement agrippée à son genou, il sentait une violente décharge déchirer sa jambe de l'intérieur. Son ancienne blessure ne semblait pas vraiment apprécier d'avoir été ainsi sollicitée.

Il ferma les yeux, tremblant, des gémissements de douleur venant mourir au fond de sa gorge tandis qu'il luttait vainement contre la violente douleur qui refusait de partir. Il avait déjà eu des crises similaires. Il savait qu'elles duraient quelques minutes et qu'il ne pouvait rien y faire. Avaran se rallongea en se tortillant un peu dans une tentative désespérée pour trouver une position moins... pire. Il enfouit son visage dans ses mains tremblantes et après quelques minutes la douleur commença à passer. Il reprit une respiration plus calme et se détendit avant de reposer mollement ses bras le long de son corps. Un profond soupir lui échappa et quand il rouvrit les yeux il croisa le regard inquiet de Löwin. L'assassin lui adressa un sourire un peu bancal:

"Fais pas cette tête... C'est rien."

"Rien" c'était vite dit... Il avait eu des crises bien plus violentes qui l'avaient tétanisé de douleur... Mais il comptait bien passer sur ce genre de détail lors de ses discussions avec la petite elfe. Avaran se redressa une nouvelle fois, avant de se décaler un peu vers la paroi de la gorge pour s'y adosser. Il regarda ensuite Löwin avec un air neutre.

"D'ailleurs... Question. Qu'est-ce que tu foutais dans un endroit aussi mal famé que celui-là? Tu aurais pu t'attirer de gros ennuis tu sais."

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Lun 8 Fév - 19:12

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」

Lorsqu'Avaran lui répondit, l'elfe crut sentir une certaine tension dans sa voix, mais se dit qu'elle devait trop réfléchir. Elle alla donc récupérer son sachet de feuilles séchées dans ses affaires. C'était l'une des rares choses qu'elle avait toujours sur elle. Accroc qu'elle était aux tisanes, infusions, et thé en tout genre, elle le devait bien. Elle mit de l'eau à bouillir sur le feu, cherchant deux bols assez corrects pour leur servir de tasses. Lorsqu'elle eut trouvé son bonheur, elle les laissa près du feu et laissa sa tête se balancer, se demandant bien ce qu'elle pouvait faire. Mais un gémissement la tira bien vite de sa rêverie.

Elle tourna la tête vivement vers la couchette en reconnaissant la voix d'Avaran. Lorsqu'elle vit son visage crispé, ses mains sur sa cuisse, elle comprit. Apparemment, il ne s'était toujours pas remis de sa vieille blessure... Elle s'approcha de lui sans trop se presser, sachant bien qu'elle ne pouvait rien faire. Elle attendit sagement que la crise cesse, se mordillant la lèvre face à son impuissance. Les poings serrés, crispés sur ses cuisses, elle attendit. Elle connaissait la fierté de l'homme, aussi savait-elle à quel point il devait souffrir pour laisser son visage se déformer ainsi.

" Fais pas cette tête... C'est rien... "

L'elfe haussa un sourcil. Ah vraiment ? La prenait-il pour une sotte ? Elle se retint de le rembarrer dans les règles, se disant que son moral face à cette blessure récalcitrante devait déjà être suffisamment bas. Elle se contenta donc de soupirer et de se relever, regardant le demi-zombie se redresser avec un peu d'agacement. Il allait finir par foutre en l'air son travail l'animal !

L'une de ses oreilles frémit. L'eau bouillait. En quelques souples enjambées elle se retrouva à nouveau près du feu, disposant des feuilles séchées dans l'eau chaude, feuilles qu'elle retireraient ensuite. Faisant couler un peu d'eau bouillante sur le dos de sa main, elle sursauta et lâcha un juron, léchant la brûlure comme un petit chat. Alors, la voix familière l'interpela. Sa peau coincée entre ses dents comme si elle cherchait à se faire un suçon, les yeux curieux par le désir de discussion de l'hybride, l'elfe donnait là un spectacle cocasse.

" D'ailleurs... Question. Qu'est-ce que tu foutais dans un endroit aussi mal famé que celui-là? Tu aurais pu t'attirer de gros ennuis tu sais. "

L'elfe fronça les sourcils et lâcha sa main avec un léger poc. Elle planta ses yeux rougeoyants dans les perles d'argent qui lui faisaient face, ses oreilles s'agitant, agacées.

" Au cas où tu ne le saurais pas encore, je sais très bien me défendre toute seule. Et je me serais bien passée de me retrouver là-bas. "

Prenant un bol de thé dans chaque main, elle se rapprocha d'Avaran et s'installa en tailleur face à lui avant de lui en tendre un. Elle trempa sa langue dans sa tasse et secoua tout de suite la tête. Trop chaud. Beaucoup trop chaud. Elle reporta alors son attention sur l'hybride, le pointant du doigt d'un air accusateur:

" Je te signale que si tu n'avais pas hurlé aussi fort et que ça n'avait pas empesté le sang comme ça, je ne me serais pas retrouvée là, et je n'aurais pas pu te sauver. Alors au lieu de me remonter les bretelles, tais-toi. Tu aurais dû rester sur le remerciement. "

L'air fâchée, elle porta sa tasse à ses lèvres et prit une gorgée qu'elle recracha aussitôt. Mais elle était conne ou quoi ? Bien sûr que c'était encore trop chaud ! Elle lâcha un juron et continua, l'air moins sérieux:

" Et je me serais bien dispensée de passer mon Hiver près de l'Océan figure toi ! J'avais trouvé un job peinard pour la saison, dans une auberge. Pas vraiment le top, mais j'avais un toit. "

Son regard se durcit et un grognement colérique naquit dans sa gorge:

" J'aurais pu rester là-bas tranquille, si y'avait pas eu ces porcs et leurs mains baladeuses. Un de ces connards qui m'a pelotée, à ton avis, j'ai fait quoi ? Je lui ai collé une droite bien sentie entre les deux yeux ! Ah, ça l'a calmé sur le coup ! "

Elle croisa les bras et prit une mine boudeuse:

" Mais vas savoir pourquoi, ça n'a pas plu au patron et il m'a virée. Les hommes, tous des dégénérés. "

Disant cela, elle crispa sa main sur son poignet meurtri, encore rouge de colère de n'avoir pas pu corriger ce malotru. Elle grogna pour se calmer et lança alors, presque pour changer de sujet:

" Et toi ? Comment est-ce que ces lourdauds ont réussi à t'avoir ? "

Elle avait déjà eu l'occasion de voir Avaran à l'oeuvre, aussi était-elle plutôt surprise qu'il se soit fait dominer ainsi. Elle prit sa tasse dans ses main, mais cette fois-ci, se mit à souffler dessus, fixant tranquillement l'hybride.
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Mar 9 Fév - 23:41
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran la suivit des yeux tandis qu'elle allait récupérer l'eau chaude pour y faire infuser les feuilles de thé. Elle revint et lui tendit un bol avant de s'asseoir en tailleur. L'elfe commença ensuite à papoter. Se débrouiller seule? Il n'en doutait pas... Mais dans une situation comme celle-ci, c'était plus compliqué qu'en duel. Son sourcil se haussa ensuite et il glissa une réponse.

"Crié? J'ai pas crié. T'as vu mon état, tu crois sérieusement que j'aurais gâché mon énergie pour leur faire le plaisir de m'entendre."

Par contre il était fort possible qu'un autre prisonnier ait eu la voix qui porte. Après tout, il doutait que ces voyous se contentent d'une seule capture pour remplir leur caisse. Il écouta ensuite son récit concernant son ancien travail et se mit à rire en imaginant la scène. Bon, il arrêta vite de se marrer pour grimacer de douleur, et soupirer avec un air blasé. Avaran releva ensuite ses yeux argentés en direction de ceux de l'elfe quand elle lui demanda le pourquoi du comment de son accès de faiblesse. Il détourna un instant le regard, une lueur assassine dansant dans ses iris.

"Oh, comme tous les lâches qui arrivent à me maîtriser: avec des poisons."

Il serra les poings, son visage témoignant sa colère et siffla ensuite entre ses dents d'une voix glaciale:

"D'ailleurs le prochain que je croise avec ce genre de choses, je lui crève les yeux et je le démembre avant de le laisser crever dans son sang."

Avaran ferma les yeux l'espace d'un instant pour se calmer et il passa instinctivement une main dans ses cheveux. Ses doigts constatèrent alors l'ampleur des dégâts: le sang et les nœuds avaient emmêlé ses mèches. Il grimaça et zieuta ses affaires avant de demander timidement:

"Tu pourrais... m'apporter la brosse à cheveux qui est posée dans le tas d'affaires là-bas s'il te plaît."

Lorsque l'elfe eut la gentillesse du lui ramener son bien, il commença à démêler ses mèches, mais alors qu'il voulut atteindre des zones plus difficiles d'accès, ses blessures le rappelèrent à l'ordre et il échappa un petit gémissement de douleur. Il émit ensuite un grognement de frustration et baissa les bras, avant de lever les yeux vers Löwin en arborant un regard suppliant. Il lui tendit la brosse avec un large sourire forcé et de nombreux battements de cils.

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Mer 10 Fév - 1:22

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


L'elfe écouta ses réponses en serrant les dents. Ses oreilles s'agitaient, témoignant du peu d'affection qu'elle avait pour ceux qui avaient kidnappé et fait souffrir son ami. Elle hésita presque à prendre l'hybride dans ses bras, mais ce n'était pas vraiment le genre de la maison. L'envie de meurtre glaciale qui sortit des lèvres d'Avaran n'était pas pour la surprendre, mais elle était désolée qu'il soit confrontée à des situations pareilles... Elle n'aurait pas aimé être à la place de son prochain adversaire...

Ensuite, l'hybride passa une main dans ses cheveux, comme à son habitude. D'ailleurs, la lionne n'aurait absolument pas fait attention à ce geste s'il ne s'était pas terminé de façon si ridicule. Un grand sourire para ses lèvres grises, mais elle se retint de se moquer, sachant bien à quel point l'assassin tenait à sa chevelure. Lorsqu'il lui demanda sa brosse, c'est sans hésitation aucune qu'elle se leva et lui ramena. Elle reporta alors son attention sur son thé, finalement à température consommable. Elle commença à le siroter tranquillement, mais un gémissement la fit sursauter et elle perdit un peu du précieux liquide sur le sol. Elle jura et leva le nez pour comprendre ce qu'il se passait.

Avaran semblait encore avoir quelques difficultés avec ses blessures. Elle le regarda galérer en haussant un sourcil, se retenant de le comparer à une mamie édentée. Puis, il fit quelque chose qui la laissa ébahie, ses yeux rouges écarquillés, oubliant même de boire la gorgée qu'elle avait en bouche, ce qui lui donnait un air de hamster. Alors quand l'hybride lui tendit la brosse en faisant ses yeux de biche, elle se retint de toutes ses forces de lui cracher le thé au visage, l'avalant de justesse, un peu de liquide coulant au coin de ses lèvres, et partit en fou rire.

Elle se laissa presque tomber en arrière, riant à gorge déployée. Ah, si elle avait eu peur de s'ennuyer cet Hiver, elle était bien contente d'avoir trouvé Avaran, même s'il était à moitié mort. Quelque part tant mieux, sinon à la première gelée il serait parti sans prévenir.

L'elfe reprit plus ou moins son calme, envoya un clin d'oeil joueur à l'hybride et saisit la brosse entre ses griffes.

" Je vais te faire tout beau mon mignon ♥ "

Mais elle ne passa qu'à peine sa main dans les cheveux de l'assassin et tira la langue de dégoût.

" Par contre, ça va pas être possible, il va falloir laver tout ça... "

Le sang coagulé, la sueur,... Rien de plus sexy. Surtout dans la crinière habituellement soyeuse de l'hybride. Elle alla récupérer le reste d'eau bouillante du feu et le mit de côté pour qu'il refroidisse. Avec la température extérieure, il était hors de question de geler le reste de cerveau du blessé. Elle allongea son ami, faisant fi de ses inquiétudes, et déposa un panier étanche sous le bord du lit. Elle alla chercher un peu de saponine qu'elle avait repéré près de la grotte et l'écrasa dans un peu d'eau pour en faire une mousse. Le petit allait avoir droit à un shampoing et un massage de crâne maison !

Elle s'arrangea pour que sa tête soit en arrière, et versa l'eau chaude sur ses cheveux avec le plus de douceur possible. Puis, elle appliqua un peu de mousse sur les cheveux, et frictionna le plus gros des impuretés qui les encrassaient. Elle rinça, puis appliqua le reste de mousse, avec bien plus de délicatesse cette fois, et se mit à masser tout en douceur le cuir chevelu de son ami en chantonnant de sa voix claire, comme elle avait pu le faire pour les fillettes à l'orphelinat où elle avait été élevée.
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Sam 13 Fév - 19:54
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran plissa le nez avec une petite moue vexée quand elle explosa de rire. Oui bon bah... hein... C'était pas drôle d'abord! Il avait mal le pauvre petit, et l'elfe se foutait de lui. Il fixa le sol avec un air blasé en attendant qu'elle se calme et releva les yeux quand elle accepta sa requête. Bon, c'était déjà ça. Un espoir nouveau naquit dans les iris argentées du jeune homme et il la laissa récupérer la brosse.

Seulement, Löwin ne resta pas bien longtemps et finit par se relever pour récupérer de l'eau et de quoi laver sa longue chevelure. Avaran la fixa avant de grands yeux, un peu surpris par l'entrain de la jeune femme, mais il se laissa faire docilement. Il s'allongea quand elle le lui demanda et ferma les yeux par réflexe en sentant l'eau couler sur son crâne. Le contact des doigts de l'elfe le fit se raidir un peu, mais il ne tarda pas à apprécier la situation et à se détendre. Après tout, il n'avait jamais eu l'occasion de se faire chouchouter comme ça dans sa vie alors...

Le jeune homme rouvrit les yeux et observa la grotte sans un bruit, en profitant du shampoing et du massage que lui faisait son amie. Elle avait une jolie voix claire quand elle chantait et cela lui tira un sourire. A cet instant, il pouvait oublier quelques secondes son identité d'assassin et les douleurs qui allaient avec pour enfin se détendre auprès d'une des seule personne à qui il faisait entièrement confiance. Il leva les yeux et pencha légèrement la tête pour l'avoir dans son champs de vision.

"Pourquoi tu m'aides depuis tout ce temps alors que tu sais qui je suis?"

Sa voix et son expression étaient sérieuses. Il ne comprenait pas comment une personne si douce et gentille pouvait s'attarder sur quelqu'un comme lui.

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Sam 13 Fév - 21:37

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


Alors qu'elle continuait sa besogne tranquillement, ravie de profiter d'un petit moment hors du temps et d'être enfin réellement utile, et pas uniquement parce qu'elle tranchait des gorges, Löwin réfléchissait.

Elle ne réfléchissait pas à la façon dont elle survivrait aux jours à venir pour une fois. Ni à comment elle allait pouvoir recoudre les membres de son ami, bien que celui qu'elle avait entre les mains était plus mort que vif il n'y avait pas si longtemps. Elle songeait à l'endroit où elle allait pouvoir passer l'Hiver. Elle n'était pas folle, elle connaissait l'énergumène dont elle s'occupait, et savait qu'il retournerait bien vite à sa vie solitaire de sang et d'ombres... Elle laissa échapper un soupir qui coupa sa mélodie un instant, puis se remit à fredonner, le regard un peu moins vif. Et là, alors qu'elle s'appliquait à bien faire mousser le shampoing une dernière fois sur les cheveux d'Avaran, celui-ci bascula la tête en arrière et plongea ses yeux d'argent dans les siens, la faisant ralentir ses gestes de peur de l'avoir griffé par erreur.

" Pourquoi tu m'aides depuis tout ce temps alors que tu sais qui je suis ? "

L'elfe ne fut pas sûre de comprendre tout de suite ce qu'il voulait dire et pencha la tête sur le côté, ses oreilles s'agitant par curiosité. Elle réfléchit un instant avant de répondre:

" Qui tu es ? Parce que tu crois que je suis mieux que toi ? "

La jeune elfe gagnait bien souvent sa vie en tuant, volant, détroussant. Et même s'il lui arrivait de gagner sa vie honnêtement, elle ne tenait plus compte de ceux qui avaient péri sous sa lame, que ça soit pour le contenu de leur bourse, l'âpreté de leurs propos ou tout simplement leurs gestes déplacés. Elle ne se considérait pas comme quelqu'un de foncièrement mauvais, mais était persuadée depuis sa plus tendre enfance que son avenir était entaché de ténèbres et de malchance, et ne comprenait donc pas le sous-entendu de l'hybride.

Elle fronça alors les sourcils, ayant peur de comprendre. Est-ce qu'il sous-entendait encore qu'elle aurait dû le laisser crever dans cette cabane ? Est-ce qu'il était encore en train de lui faire la morale ? Ses yeux s'embrasèrent:

" Et écoute-moi bien, je t'aide si je veux. Je m'occupe de toi si je veux. Alors arrête de croire que tu es la pire personne sur cette planète. Tu es quelqu'un de bien, et même d'attachant. "


Elle rejeta la tête en arrière et soupira:

" Même si je dois reconnaitre que tu es particulièrement désespérant... "

Versant alors sans prévenir l'eau encore chaude sur le crâne de l'assassin, elle lui rinça les cheveux et les essora avec un morceau de drap propre avant de lui tapoter l'épaule, ne lui laissant pas le temps d répliquer:

" Si mademoiselle veut bien se donner la peine de se redresser pour que je la coiffe... "

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Mer 17 Fév - 20:04
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran la regarda avec de grands yeux quand elle commença à s'énerver et marqua un temps d'arrêt à la fin de sa seconde phrase avant d'exploser de rire. Lui? Quelqu'un de bien et attachant? C'était la meilleure de l'année. Son fou rire se calma un peu lorsqu'elle lui balança le reste d'eau sur la tête sans prévenir et il ferma les yeux. Il la laissa essorer ses cheveux en échappant de temps en temps un petit soupir amusé avant de se redresser lorsqu'elle le lui demanda. Il grimaça et s'installa de façon à ne pas trop tirer sur ses blessures.

"Pas besoin de t'énerver tu sais, j'ai jamais dit que ça me dérangeait que tu m'aides, au contraire... pour le coup je t'en suis assez reconnaissant. Seulement, de là à dire que je suis quelqu'un de bien, faut pas exagérer."

Il soupira tandis qu'elle s'attelait à démêler ses longues mèches sombres. Avaran avait de l'estime pour sa personne, mais il assumait ce qu'il faisait de sa vie. Or, tuer des gens et se prostituer n'étaient pas vraiment les plus nobles travaux. De plus, il était manipulateur, hautain et souvent sans pitié... Alors non, le qualificatif "bien" ou "bon" ne s'accordait pas à sa personne.

"Et pour te répondre, oui, je pense que tu vaux mieux que moi."

Un silence accompagna cette réponse et il ferma les yeux une nouvelle fois.


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Jeu 18 Fév - 13:55

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


L'elfe commença à passer la brosse dans les cheveux de l'hybride en serrant les dents. Elle n'appréciait pas le moins du monde sa manière de rejeter son appréciation, mais son commentaire semblait avoir au moins eu le mérite de le faire rire et elle se dit qu'au vu de son état, il ne servait à rien qu'elle en rajoute. Alors elle continua de s'occuper de lui tranquillement, et alors que ses cheveux commençaient à reprendre leur soyeux et leur brillance habituels, les nœuds se défaisant un à un sous les doigts de l'elfe, l'assassin rouvrit la bouche:

" Et pour te répondre, oui, je pense que tu vaux mieux que moi. "

L'elfe crispa instantanément ses doigts sur les cheveux qu'elle avait entre ses doigts. Ses dents grincèrent et ses yeux se durcirent. Qu'est-ce qu'il en savait ? Elle tenta de se contenir mais la souffrance qui se rappela soudainement à elle fut plus forte. Sans réfléchir, elle lâcha la brosse et saisit la gorge d'Avaran avec ses griffes, se retenant de toutes ses forces de ne pas lui arracher la trachée. Elle planta ses iris de feu dans les yeux d'argent et siffla:

" Et qu'est-ce que tu en sais ? "

L'elfe repoussa sèchement Avaran en le lâchant, se retenant pour ne pas lui éclater le crâne contre la paroi de la grotte. L'elfe se leva en lançant un juron et s'écarta vivement du blessé pour ne pas le mettre en danger. La haine qui la prenait n'était pas spécifiquement dirigée contre l'homme, mais il était le seul souffre-douleur qu'elle avait sous la main. La lionne se mit à tourner en rond dans la grotte comme un fauve en cage. Elle parlait dans sa barbe sur un ton agressif, dans une langue à cheval entre l'elfique et un patois du Clan du Feu. Elle insultait son passé, s'insultait elle-même, jurait contre ces parents qui avaient essayé de mettre fin à ses jours sans que jamais elle n'ai pu savoir pourquoi, contre ce Monde ingrat, contre ce que beaucoup appelaient Destin et qu'elle ne semblait pas pouvoir éviter.

La jeune femme s'était faite à cette idée des années auparavant, même si elle refusait de l'admettre. Son avenir était tout tracé. Fuite, vol, meurtre. Elle ne trouvait de liberté que dans le crime et la violence, et elle était persuadée qu'il en serait toujours ainsi. Elle s'était battue contre cette fatalité, mais ses bourreaux s'étaient appliqués pour que la terrible réalité s'impose à elle à chaque seconde de sa misérable vie.

L'elfe se retourna vivement, faisant face à Avaran. Elle saisit avec colère la croix qui pendait autour de son cou, tirant sur le lien enchanté qui enroulait ses tentacules violentes autour de sa colonne vertébrale, rouvrant douloureusement sa peau grise à l'endroit où le cuir plongeait sous sa peau, deux filets de sang épais dévalant son cou dans un sombre rappel. Elle mit presque sa croix sous le nez de l'hybride et lui cracha sa haine au visage, ses yeux emplis d'autant de haine et de souffrance que d'une tristesse insondable...

" Quelqu'un de bien ?? Tu vois ça ? C'est la preuve que ce n'est pas le cas. Mon existence est une erreur, une abomination. Tu vois ce collier ? On me l'a greffé pour me rappeler que je ne devrais pas exister, pour me rappeler que je suis bannie, que je suis et serai toujours une criminelle, et pour me permettre d'en finir le jour où tout faux espoir aura quitté mon cœur. "

Ses yeux brillaient. Des larmes ? Contenant ses émotions et cette envie de racine, cette envie de raison de vivre, elle s'écarta et se retourna, exposant sa nuque désormais ensanglantée. Chaque jour elle se battait pour sa vie, pour essayer de trouver une raison de se battre, et sauver l'idiot de temps en temps faisait partie de ces raisons. Après tout, sans elle, combien de temps survivrait-il ? Sûrement pas bien longtemps...

Elle qui contenait habituellement toutes ces émotions refoulées se mordit la lèvre. Elle s'était laissée dominer. La lionne alla près du feu, tournant le dos à l'hybride pour ne pas qu'il fasse l'erreur de la prendre en pitié.
[/quote]
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Mar 1 Mar - 23:50
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran grimaça quand elle raidit ses doigts dans ses cheveux et ouvrit de grands yeux lorsqu'elle le saisit à la gorge en le fusillant du regard. Elle était furieuse, ça c'était indéniable, mais... pourquoi? L'assassin la fixa sans comprendre en passant ses doigts sur sa gorge. En temps normal, un geste pareil aurait voulu qu'il démembre instantanément la personne en face de lui, mais comme il s'agissait de Löwin, cette idée ne lui traversa même pas l'esprit. Il se contenta de pencher un peu la tête sans la quitter des yeux, essayant de déchiffrer le langage étrange qui s'échappait d'entre ses lèvres. Elle était en colère et faisait les cents pas, seulement l'hybride avait beau ne pas comprendre, il n'osa pas ouvrir la bouche pour lui demander quel était le problème. De toutes façons, une explication ne saurait tarder.

Le jeune homme eut un léger mouvement de recul lorsqu'elle s'approcha et loucha un instant sur le pendentif qu'elle lui montrait avant de plonger son regard dans le sien. Il resta muet face aux paroles mais surtout à la tristesse qu'il put lire dans les yeux de l'elfe. Il n'avait jamais vu ou entendu parler d'un tel bijou et fronça les sourcils en voyant le sang qui tâchait la nuque de Löwin. Elle alla s'assoir près du feu sans un mot et Avaran en profita pour se lever discrètement - en serrant tout de même les dents. Il récupéra un des tissus servant à panser les plaies et le plongea dans un baume cicatrisant avant de boitiller jusqu'à la jeune femme et de s'assoir près d'elle en passant le tissu sur sa blessure.

"Bouge pas."

Lâcha-t-il d'une voix sèche en prévision d'une éventuellement réaction de la demoiselle. Il passa le tissu sur sa peau avec délicatesse avant de reprendre d'une voix plus douce.

"Tu as sûrement raison, j'ignore beaucoup de choses sur toi après tout. Tu as peut-être fait et vécu des choses atroces sans que je le sache, mais vu l'état dans lequel tu te mets, je sais une chose: tu es triste et furieuse à cause de tout ça. Si tu pouvais tout effacer et recommencer tu le ferais, je me trompe? Vivre une vie paisible et normale sans avoir à utiliser une arme, tu n'en as jamais rêvé?"

Avaran soupira et esquissa un sourire en coin.

"Tuer, c'est une chose, y prendre du plaisir c'en est une autre... Et selon moins c'est ce qui nous différencie."

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Ex-Endorien.ne
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Mer 2 Mar - 0:39

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


" Bouge pas. "


Perdue dans ses pensées, l'elfe n'avait pas entendu le blessé l'approcher. Elle sursauta presque en entendant le son de sa voix mais ce ne fut pas ce qui la fit réagir le plus. Un contact. Frais. Elle sursauta presque, écarquillant les yeux, son corps frémissant. Trop proche. Trop proche. Si entrer en contact avec quelqu'un lorsqu'elle l'avait décidé ne la dérangeait pas le moins du monde, l'inverse était totalement erroné. D'autant plus de la part de l'hybride.

S'il était bien une personne de la part de qui elle ne se serait pas attendue à une telle attaque, c'était bien lui. Son cou la brûlait. Il fallait qu'elle se dégage de là, même si elle devait avouer que la fraicheur du tissu était tout ce qu'il y avait de plus apaisant. Tous ses muscles tendus, luttant pour ne pas enfoncer ses griffes dans le corps étranger qui envahissait son espace vital. Lorsque l'assassin se mit à lui parler, cette proximité la frappa encore davantage. Ses oreilles se plaquèrent contre son crâne en signe de protestation et elle pencha la tête du côté opposé à Avaran pour mettre une illusoire distance entre eux. Elle fronçait les sourcils et un grognement sauvage semblait vouloir naître dans sa trachée.

Elle écouta l'homme d'une oreille distraite. Elle était tout aussi butée qu'Avaran était têtu, et elle ne lui laisserait pas avoir le dernier mot. Pas là-dessus. Ce serait nier toute son existence et toutes ces souffrances, tous ces efforts qu'elle avait dû faire pour se faire respecter par les hommes. Lorsqu'il eut fini sa tirade, elle se tourna vers lui en prenant soin de mettre encore davantage de distance entre eux et plongea ses yeux de feu dans les siens, pouvant presque voir le reflet orangé de ses prunelles dans les iris d'argent, ce qui lui fit imperceptiblement lever un sourcil:

" Et qui te dit que je n'y prends aucun plaisir ? Qui te dit que je regrette ce que je n'ai jamais connu ? Revenir en arrière ? Et retrouver quoi ? Jamais je n'aurai de place dans ma communauté avec la tête que j'ai et ce qui coule dans mes veines ! N'aie pas la prétention de pouvoir me juger. "


Son ton sauvage sembla s'éteindre à la fin de sa phrase. Elle baissa légèrement les yeux avant de reprendre avec son ironie habituelle:

" La vie nous a pas loupés hein ?.. "

Elle était presque gênée de s'être ainsi étendue sur ce qui animait son coeur et troublait son âme. Cela ne lui ressemblait absolument pas. Peut-être que c'était ça un ami ? Quelqu'un qui nous fait dire ce qu'on pensait vouloir cacher sans même le demander ? Elle se mordit la lèvre, s'intimant de ne pas en ajouter. Elle avait suffisamment exposé ses faiblesses à son goût.

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Dim 6 Mar - 14:54
Merde... T'es pas mort?
« Ft. Löwin • RP -18 »

Avaran la laissa gesticuler sans pour autant retirer sa main de la blessure qui commençait à arrêter de saigner. Il voyait bien qu'elle essayait vainement de s'écarter mais cela l'amusait plus qu'autre chose. Quand elle plongea son regard dans le sien, il le soutint sans ciller, détaillant les nuances orangées de ses iris, et il écouta ses paroles avec attention, avant de froncer légèrement les sourcils quand elle finit sa phrase en changeant de ton. La colère avait laissé place à l'amertume et Avaran la fixa quelques secondes sans dire un mot. Il ne comprenait pas ce qui animait l'esprit de la jeune femme, mais il devinait qu'elle n'avait pas dû avoir un passé joyeux.

L'hybride prit alors le tissu et lui jeta gentiment à la figure. Spontanément. Sans raison. Puis il afficha un large sourire fier avant de soupirer et de continuer à l'observer avec une lueur amusée dans le regard. Il avait fait ça pour la sortir un peu des pensées morbides dans lesquelles elle semblait avoir plongé. Avaran grimaça un peu en se tortillant pour s'installer plus confortablement, puis il prit la parole.

"Ne te méprends pas Löwin, c'est pas parce que j'ai dit tout ça que je ne t'estime pas forte. Je ne te juge pas, je te dis juste ce que je pense. Et ce qui coule dans tes veines je m'en cogne, y a plus important."

Un soupir lui échappa et il finit par s'allonger sur l'une des couvertures bordant le feu qui dansait au milieu de la grotte. Il fixa le plafond quelques secondes avec un air pensif avant de fermer les yeux. L'hybride connaissait lui aussi le rejet et les regards méprisants. Il savait la douleur que certains pouvaient infliger et avait appris à les ignorer. Il avait perdu les êtres qui lui importaient très tôt et n'avait eu que faire des jugements pendant son adolescence. Seulement il comprenait ce que pouvait ressentir Löwin, mais il n'arrivait pas à trouver les mots pour la réconforter. Une pensée hors sujet lui traversa alors l'esprit et il rouvrit les yeux.

"Au fait, tu vas souvent à Aquaris? Non parce que, tant que j'y pense, si tu y vas, ne mets pas les pieds dans la zone sous-marine s'il te plaît. C'est un conseil."

Avaran n'apporta pas plus de précisions à la jeune femme et espéra qu'elle n'en demanderait pas d'avantage.

Ex-Endorien.ne
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Ex-Endorien.ne
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Dim 6 Mar - 23:40

ft. Avaran

ft. Löwin

「Merde... t'es pas mort ?」


Alors qu'elle ruminait sa sottise, l'elfe sursauta en sentant quelque chose contre son visage. Ses oreilles se dressèrent sur son crâne de surprise et ses yeux rougeoyants s'ouvrirent en grand. Qu'est-ce que ? Un morceau de tissu ? Elle regarda le linge tomber sur le sol, incrédule. Par un réflexe presque félin, elle se frotte le nez du revers de la main, ses oreilles s'agitant, comme si elles ne comprenaient pas ce qu'il venait de se passer. La lionne leva lentement ses yeux grands ouverts vers l'hybride satisfait. D'ailleurs, ce sourire la surprit et elle fronça légèrement les sourcils en penchant la tête sur les côtés comme un petit chat curieux, se demandant ce qu'Avaran pouvait bien trouver si drôle.

Elle continua à le fixer tandis qu'il lui parlait, et baissa doucement les yeux à ses mots. Bien sûr qu'il s'en fichait... Elle sentit son cœur se relâcher légèrement. Même s'il n'était pas la personne avec le plus de tact qu'elle connaisse, il savait taper juste. Elle n'avait aucun jugement à attendre de sa part. Quelque part, elle le savait déjà, mais le fait qu'il le rappelle ainsi, sans peur, sans hésitation, lui faisait chaud au cœur. Lui qui osait prétendre qu'il n'était pas attachant... Les oreilles de l'elfe retombèrent doucement, comme si l'apaisement les avait enfin atteintes. Elle vit du coin de l'œil l'hybride se laisser tomber sur le sol et elle resta un moment à contempler le sol, un très léger sourire flottant sur ses lèvres. Elle goûta le silence un instant, essayant d'enterrer sa colère et sa tristesse au plus profond d'elle, comme elle avait l'habitude de le faire.

Elle fronça le nez, comme pour se remettre les idées en place, incapable de penser à quelque chose à dire. Elle avait enchainé les journées difficiles, et la fatigue nerveuse n'aidait pas. Elle frissonna, la fatigue lui donnant froid. Puis le silence souverain fut brisé:

" Au fait, tu vas souvent à Aquaris ? Non parce que, tant que j'y pense, si tu y vas, ne mets pas les pieds dans la zone sous-marine s'il te plaît. C'est un conseil. "

L'elfe fut surprise par l'inquiétude qui semblait pointer dans la voix d'Avaran, et soudain reprise par ses bonnes vieilles habitudes, elle croisa les jambes et s'installa face à Avaran, les coudes sur les genoux, la tête dans les mains, l'œil joueur. Si l'on cherchait bien, on pouvait encore voir au fond de ses prunelles cette ombre innommable, ce fantôme du passé qui hantait ses pas.

" Ooh ? Un secret à cacher ? "

Un autre frisson la prit et elle secoua la tête et les oreilles, faisant voleter ses cheveux sombres, faisant voler au passage l'un des câbles aiguisés retenant sa chevelure. Dans un semi grognement, l'elfe arracha le câble et tous les autres retenant ses mèches, les coinçant entre ses lèvres sombres, secouant la tête pour libérer ses cheveux. Il était rare de la voir la crinière lâchée. Oui, crinière. Le volume était au rendez-vous lorsqu'elle secouait ainsi la tête, mais sa nature elfique refit bientôt la surface. Même si ses cheveux étaient ternes et non brillants comme la Lune, comme l'aurait voulu son sang, ils avaient la texture du velours et la légèreté des feuilles d'arbres.

Les cheveux dans les yeux, elle passa ses doigts dans ses cheveux pour les démêler et ôter de son visage toute cette kératine occultante. Elle libéra ses épaules et rattacha grossièrement le tout à l'aide d'un de ses rubans cramoisis, posant ses câbles meurtriers sur le sol rocheux, rangeant les mini poignards cachés entre les rubans en un petit tas soigneusement ordonné, fixant Avaran, attendant sa réponse.

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