Une nuit enivrante ~ Libre

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Sam 28 Nov - 1:58



Une nuit enivrante




La nuit. Douce et fraîche, elle étendait ses ailes sur Endora, caressait chaque parcelle de vie de ses longs doigts ensommeillés. Sa Dame à la parure d’argent, haute dans le ciel d’encre, nimbait toute chose d’une lueur fantomatique. Le silence envahissait les Plaines de Feu, uniquement brisé par les animaux nocturnes dont la vie s’était éveillée quelques heures plus tôt. Une silhouette, visiblement humaine, se mouvait dans l’obscurité. La pupille de son unique œil, dilatée, se posait sur les alentours d’un air distrait. Le bruit de ses pas sur le sol herbeux était étouffé. Sa respiration, lente et calme, formait une légère buée à chaque expiration. Mais elle n’avait visiblement pas froid - peut-être était-ce dû au feu qui coulait dans les veines de cet être draconian, héritage de son Clan. Ou peut-être cette chaleur corporelle avait-elle une autre origine.

Un doigt levé devant ses lèvres, un léger souffle puis du bout de son index naquit une petite flamme, semblable à celle d’une bougie. Un courant chaud parcourut chacun de ses membres, agréable et chaleureuse sensation électrique se propageant dans ses veines, tirant un rare demi-sourire à ce visage habituellement si inexpressif.

Son autre main, d’un geste lent et machinal, s’infiltra dans la sacoche pendant à ses flancs pour en ressortir une outre en peau, dont le peu de rondeur caractérisait une utilisation intensive depuis la dernière recharge. Faisant sauter le bouchon d’un doigt, le jeune homme porta le récipient à ses lèvres, comme maintes fois depuis la tombée de la nuit. Le contact froid de l’embout lui semblait même agréable. Le liquide se déversa sur sa langue assoiffée, brûla sa gorge tandis qu’il se délectait de ce goût amer. La sensation de bien-être qui l’enveloppait sembla se renforcer presque aussitôt, une chaleur encore plus intense parcourant son corps. Avide, il but les dernières gorgées qu’avait à lui offrir le récipient avant de le ranger. Il se gorgea de l’air frais de la nuit dans une profonde inspiration, reprenant sa marche, nageant dans une douce euphorie.

La plaine s’étendait devant lui, vide de vallons. L’horizon noir donnait l’impression d’être au bout du monde. Yasen ne savait guère où il avançait ; Cela faisait un bon bout de temps qu’il avait quitté les routes de terre battue pour s’enfoncer au cœur de la plaine, suivant son propre chemin. Il lui était égal de se perdre ; Après tout, s’il ne savait plus où aller, il lui suffirait de prendre un peu de hauteur, le lendemain, une fois ses idées éclaircies. Mais pour le moment, il avait juste besoin de s’évader un peu. Seulement s’évader. S’évader…

Plus tôt, il avait tenté de trouver le sommeil. Il s’était glissé dans les bras de Morphée… Mais Morphée l’avait abusé. Le marchand de sable l’avait enseveli. Les bribes de rêve étaient devenues étau de cauchemar. Marais gluant au sein duquel son esprit s’enfonçait sans pouvoir fuir. Violentes images teintées de souvenirs sanglants, d’angoisses refoulées et dénuées d’échappatoire. Puis il s’était réveillé. Un sursaut l’avait arraché à son malheur, suintant et apeuré comme un enfant. Il s’était levé, avait pris ses affaires et était reparti, laissant là son campement improvisé dont il ne resterait que la trace d’un feu de camp éteint et ses propres empreintes. Sa main avait rapidement caressé la peau rassurante de l’outre rebondie, qui s’était vidée gorgée après gorgée. L’alcool avait envahi son corps angoissé et avait détendu ses muscles, refoulé ses sombres pensées et apporté une délicieuse sensation de bien-être. Un exquis oubli. Une lâche fuite. Mais c’était tout ce qu’il voulait. Fuir. Simplement, durant quelques heures, s’évader loin de l’enfer des souvenirs. Fuir le temps d’une nuit et m’oublier jusqu’à l’aube. Tant pis si la journée suivant l’aube serait difficile. Elle le serait pourtant très probablement.

Quelques joues plus tôt, alors que Yasen cherchait un travail, on lui avait proposé un contrat. Un homme à ramener mort ou vif. Pour quelle raison sa cible était-elle recherchée, il s’en fichait, cela l’importait peu. Mais la récompense lui permettrait de se loger en ville et se nourrir durant un petit moment, ce qui ne serait pas de trop pour affronter l’hiver. Il pourrait toujours rentrer chez lui au besoin, mais vivre en autarcie en cette période était toujours compliqué. Même si c’était une saison qu’il appréciait, il ne pouvait pas chasser comme il le faisait habituellement et les proies se faisaient plus rares. Il avait donc besoin d’argent pour vivre en ville et devait, de ce fait, remplir ce contrat et ramener sa cible qui devait se trouver dans les environs, au sein de l’un des villages éparpillé dans ces plaines. Et puis se battre le défoulerait. Mais même s’il était à présent à des lieux de le vouloir, il valait mieux qu’il reprenne ses esprits avant l’aube, pour affronter une nouvelle journée de recherche et peut-être enfin sa cible.

Yasen marchait toujours d’un pas silencieux sur l’herbe et la terre dure, insensible au froid, jouant avec la flamme brûlant toujours au bout de son index. Un geste inconscient, qu’il n’était pas réellement en mesure de considérer comme tel. Une lumière dans la nuit attirait forcément le regard ; Chose élémentaire à éviter pour ne pas faire de mauvaises rencontre. Mais si l’alcool noie les mauvais souvenirs, il noie aussi le bon sens. Dénué d’inquiétudes, le jeune borgne continuait d’avancer vers nulle part, dans la nuit, avec pour seule partenaire cette petite flammèche.


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Sam 28 Nov - 10:44


Une nuit enivrante
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Elle ne sentait pas la morsure du froid, ce vent glacé qui vous pénètre et vous fige peu à peu vous menant vers une mortelle torpeur . Il faisait nuit noire. on ne pouvait distinguer à quelques mètres. Ce climat était en totale contradiction avec ces terres : celle du feu. Elle venait de Windtora, là ou elle avait fait la rencontre d'Azaël, ce fut particulier  il fallait l'admettre...  


Les étoiles étaient à peine visible, Percifer déambulait au travers paysage mélancolique et sans fin. Elle apercevait une lueur au loin. Cela faisait quelques heures qu'elle marchait sur ces terres sans avoir rencontré âme qui y vivent. L'hectos nullement inquiétée s'approchait de cette lumière envoûtante. Une silhouette se dessinait peu à peu, seul, il marchait affrontant le froid. L'aura de Percifer était néanmoins perceptible mais sans danger. Elle continuait à le suivre durant plusieurs minutes, en silence.


Il dégageait une odeur bien étrange... Quel était-ce donc? Il ne semblait être au meilleure de sa forme.. Cette petite flamme était-elle suffisante pour lui apporter un quelconque réconfort? 
L'hectos émettait une lumière aveuglante éclairant à plusieurs mètres à la ronde, tel un mini soleil déchirant cette obscurité qui l'angoissait d'ailleurs de plus en plus. Percifer ne prenait aucune forme humanoïde, une boule nuageuse de lumière devançait cet homme comme le guidant à travers ces ténèbres. Elle ne disait mot. Percifer n'appréciait guère le contact avec les mortels, mais elle incarnait l'espoir,  la volonté, cette lumière à laquelle l'ont se rattache lors de moments difficiles... 





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Lun 7 Déc - 22:00



Une nuit enivrante




Les flots d’éthanol corrosifs annihilaient la prudence du jeune homme. Toute attention réduite à néant, seule demeurait sa concentration sur cette petite flamme au bout de son doigt.

Une présence derrière lui, approchant doucement. De prime abord, il ne la sentit nullement. Puis, peu à peu, ses sens la captèrent, il la remarqua. Délaissant cette petite flamme brûlant toujours à son index, il se retourna pour affronter cette curieuse présence.

Mais ce qui lui fit face était indescriptible. Spectaculaire. Une forte lumière, vive, l’aveugla et il porta son bras devant son œil valide. Ebloui, sa paupière s’ouvrit lentement, s’habituant à cette lueur éclatante qui illuminait la nuit.

Devant lui se trouvait un soleil. Un minuscule soleil. Une boule lumineuse et gazeuse, de laquelle émanait une lumière digne de concurrencer l’opale lune. Il plissa les yeux, envahi de l'étrange sensation de nager dans un délire sensoriel. Voyait-il vraiment ce qui se trouvait là, devant ses yeux ? N’était-ce pas un jeu macabre fomenté par l’alcool ? Pourtant, il le savait, c’est là. Ce n’était pas une illusion. Il le sentait à cette présence qui en émanait. De la magie ? Non. Davantage. C’est vivant. C’était un être vivant et pensant duquel émanait une curieuse aura rassurante.

Yasen observait cette étrange sphère flottante, silencieux, partagé entre la stupéfaction et la curiosité. La boule lumineuse se mit en mouvement et le dépassa avant de continuer à flotter droit devant, comme une invitation à la suivre. Ce que fit le jeune homme, les yeux écarquillés, une montagne de questions se formant dans sa tête. La proximité de cette boule de gaz avait quelque chose de réconfortant. Gardant ses distances avec elle, il la suivait comme un papillon de nuit attiré par une lanterne, sans hésitation. Tous deux avancèrent ainsi, en silence, les seuls bruits de pas de Yasen et l'éblouissante lumière trahissant leur présence dans les Plaines de Feu. Puis, n’y tenant plus, le jeune homme posa cette question qui chatouillait ses lèvres.

« Qu’êtes-vous ? »

Tant d’interrogations tourbillonnaient dans sa tête et dansaient avec l’alcool, envahissant son corps, qui le poussait à être bien plus expressif qu’à l’ordinaire. Plus aucune mesure de prudence n’existait pour lui, ses habitudes bien loin enfouies par la boisson. Il voulait savoir, connaître la nature de cet être étrange, émerveillé tel un enfant. Etait-ce divin ? Un esprit ? Ou quelque chose d’encore différent ?

Peut-être aurait-il réagi différemment en d’autres circonstances. Sobre ou en plein jour, peut-être cette apparition l’aurait-elle laissé indifférent. Mais il s’était noyé dans l’alcool pour oublier et y trouver une dose de soutien et, quoi que fut cette chose lumineuse et éblouissante, elle avait quelque chose d’étrangement réconfortant.



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Mar 8 Déc - 17:11


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Le silence glacial qui s’était installé entre eux se retrouvait brisé. La voix de cet homme l’interpellait, s’interrogeant sur elle. La boule lumineuse s’arrêtait brusquement et se figeait quelques instants. Soudain elle se mettait à faire le tour de l’inconnu, tourbillonnant durant une minute. Un soupire audible s’évanouissant en écho. Elle ne répondit pas à la question, las de devoir justifier continuellement son apparence. La boule prenait une ampleur démesurée puis s’affinait peu à peu, reprenant sa fidèle forme humanoïde, certes, toujours aussi vaporeuse mais rayonnante de lumière.
Il semblait égaré, sous l’emprise d’un quelconque maléfice, du moins, à ses yeux. Percifer se permit de l’approcher et de poser sa main sur le front de cet homme. Une douce chalheur s’émanait du corps de Percifer, celle-ci se diffusait dans celui de l’être vivant par le biais de ce simple contact.
*Étrange* songeait-elle. Elle ne semblait guère avoir affaire à un vulgaire mortel. Il dégageait une bien grande puissance. Elle esquissait un bref sourire. Elle détestait les faibles. Ce monde avait besoin de vaillant guerrier prêt à surmonter la guerre qui se tramait.
Une brise glaciale venait caresser leurs corps. Au loin l’ont distingué plusieurs silhouettes, des animaux ? Des vagabonds ? Malgré sa vue exceptionnelle, ils étaient beaucoup trop éloignés
. Sa lumière avait dû attirer la faune qui rodait dans les parages. Ignorant ces potentielles menaces elle commençait à s’éloigner, reprenant son chemin en effleurant à peine le sol . De loin, Percifer ressemblait à une flamme géante. Qu’allait-il faire ? La suivre . Ou faire demi-tour… Dans tous les cas, l’hectos se replongeait dans ses pensées, sons soufflent continuant de résonner à travers la nuit.




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Lun 14 Déc - 22:00



Une nuit enivrante




Lorsque Yasen parla, la boule de gaz nébuleuse s’immobilisa soudainement. Il s’arrêta et l’observa d’un œil étonné, attendant sa réponse. L’être lumineux, néanmoins coi, entreprit de tourner autour de lui en silence. Curieux manège que suivit le jeune homme d'un regard intéressé. La boule de lumière l’avait-elle compris ? Ou bien ne parlait-elle pas ? Le draconian était embarrassé à l’idée d'avoir une question inutile, à un être qui ne le comprenait pas ou qui ne pouvait lui répondre... Après un long moment de silence, il allait abandonner l’espoir d’entendre une parole émaner de ce minuscule soleil, quand quelque chose en ce dernier changea. Il plissa les yeux, se demandant à nouveau si l’alcool ne lui jouait pas des tours. Mais la forme devant lui se mouvait bel et bien ; Elle muait, elle changeait, elle se transformait. Devenue immense, elle continua à changer, prenant une forme humanoïde étrangement nébuleuse.

Voir cet être sous une telle forme insinuait en lui un étrange sentiment, assez insaisissable. Une légère pointe de déception, peut-être ? Oh, la raison d’un tel sentiment était bien simple, chez Yasen : le jeune homme avait depuis longtemps perdu ses illusions au sujet des Hommes – entendez par là les races capables de raisonnement et d’intelligence, qu’ils soient nains, centaures, anges, humains ou autre – et voir que cet être en était un était quelque peu… Déstabilisant. Mais il restait en elle cette étrange matérialité, cette lumière éblouissante qui captivait le draconian.

La créature s’approcha de lui. Avant qu’il n’ait pu faire un pas en arrière, il sentit une étrange chaleur émaner de son front. Quand, enfin, il fit le rapprochement entre ce contact vaporeux à l’étrange texture et le mouvement de bras de la créature, la panique s’infiltra en lui et il recula précipitamment d’un pas trébuchant, indifférent à cet petit mot, « étrange », qui résonna dans sa tête et qu’il ne remarqua même pas.

Eloigné de l’être humanoïde, Yasen l’observait avec un mélange d’appréhension et d’horreur. Le contact physique lui était toujours insupportable, quand bien même il émanait d’un être presque immatériel. S’il avait été en pleine possession de ses moyens – enfin, de ses esprits – il n’aurait aucunement hésité à menacer l’étrange être devant ses yeux. Au lieu de ça, il resta là à l’observer, son unique sourcil visible froncé, son regard mécontent. Pourtant, lorsque la créature se remit en mouvement, il hésita un instant puis, après un désagréable frisson, hâta le pas pour la suivre à distance raisonnable. Il y avait autour d’elle cette étrange aura rassurante, et il voulait y goûter encore un peu. Juste un peu, puis il reprendrait sa route, seul.

Au fur et à mesure de leur progression, des bruits se faisaient entendre, plus proches. Des créatures nocturnes attirées par la lumière qui se reflétait sur leurs pupilles agrandies. Peut-être aussi des hommes, plus loin, les suivant. Si le jeune homme n’avait pas été dans un état second, peut-être aurait-il perçu une potentielle menace, mais pas dans son état actuel.





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